Publié il y a 1 h - Mise à jour le 05.02.2026 - Yannick Pons - 4 min  - vu 217 fois

FAIT DU JOUR Piscines municipales : les nageurs nîmois en apnée

Piscine fermée

- Illustration YP

Fermetures imprévues, accès réduit durant les vacances scolaires, créneaux supprimés, présence d’algues vertes... À Nîmes, la situation des piscines municipales suscite une exaspération croissante chez les usagers. Les équipements des Iris, de Fenouillet, connaissent, chacun à leur tour, des interruptions d’activité.

« L’eau est à bonne température, les douches sont fonctionnelles, les installations sont propres. Les agents d’accueil sont sympas et les maîtres-nageurs bienveillants, mais...»

Fenouillet encore à l’arrêt

Ouverte à nouveau le 20 mai dernier après de longs mois de rénovation, la piscine municipale Fenouillet, secteur Jean-Bouin, a fermé temporairement ses portes pendant les vacances de Noël, dès le 18 décembre. « La réfection de la piscine de Fenouillet a duré plus longtemps que la construction du palais des congrès, et au final, rien ne fonctionne. J’ai acheté une carte à l’année et je ne peux jamais m’en servir ! », peste un usager. En cause, une panne sur la chaudière assurant le chauffage de l’eau et des locaux. La Ville avait pourtant engagé 1,2 million d’euros de travaux lors de sa rénovation.

« Quoiqu’il arrive, on garantit un minimum de deux piscines ouvertes sur la période. La hausse des coûts, notamment de l’électricité, avait conduit à des restrictions, mais la situation s’est améliorée depuis. Évidemment cette garantie de deux piscines ouvertes reste conditionnée à l’entretien et aux aléas techniques », répond Thierry Procida, adjoint aux Sport à la Ville de Nîmes, qui fréquente régulièrement une des piscines de Nîmes.

Et puis fin janvier, à l’ouest de Nîmes, la piscine municipale des Iris a été subitement fermée pendant plusieurs jours.

Panne de chaudière

Pour la Ville, cet incident relève de l’entretien courant d’installations techniques complexes. Le réglage des températures constitue un équilibre délicat. Chauffer suffisamment sans excès reste une contrainte permanente. Une eau trop chaude favorise l’apparition d’algues, tandis qu’une température trop basse provoque l’insatisfaction des premiers usagers. Une gestion fine est nécessaire, dépendante de la fréquentation du bassin.

« Aux Iris, fin janvier, la présence de matières fécales dans l’eau a entraîné la mise en œuvre immédiate des procédures sanitaires et la fermeture du bassin. Il fallait recycler l’eau, presque vider la piscine et retrouver un bon niveau de chlore... À Fenouillet, la chaudière a bien été remplacée lors des travaux. En revanche, certains conduits, d’origine, ont été conservés, leur état ayant été jugé très sain. L’un d’eux a toutefois cédé au niveau d’une soudure, entraînant l’arrêt temporaire de la piscine le temps d’effectuer la réparation », indique Jean-Marc Campello, élu à la mairie de Nîmes, délégué à la Rénovation énergétique et aux bâtiments municipaux.

Communication

Ces fermetures successives posent un problème de communication. Plusieurs usagers évoquent des arrivées sur site, trouvant porte close, sans affichage clair, ni message préalable. « On arrive, c’est fermé, sans explication. C’est signé La direction... J’aimerais bien savoir qui c’est, la direction ? On découvre le problème sur place, sans avoir été prévenus, alors que l’on est abonné. Ils pourraient au moins envoyer un email ! », explique un usager régulier.

« Concernant l’incident aux Iris, l’information avait été affichée à l’entrée et mentionnée sur le site internet. Je vais renforcer la visibilité. Il y aura des messages web plus visibles, des relais sur les réseaux sociaux et un affichage systématique », promet Thierry Procida.

À Fenouillet, certains usagers évoquent un revêtement récent, jugé rugueux sur les parois par certains, qui évitent de nager sur les bords du bassin. Au-delà de l’inconfort évoqué, ce revêtement poserait aussi des difficultés lors du nettoyage, le robot ne pourrait pas nettoyer correctement. Interrogé sur la présence d’algues vertes, Thierry Procida affirme que des vérifications et des analyses sont en cours depuis au moins un mois.

Créneaux supprimés

Durant les dernières vacances scolaires, il a fallu que les usagers se mobilisent autour d'une pétition afin que la mairie accepte que deux piscines, Les Iris et Pablo-Neruda soient ouvertes, au lieu d’une seule. Beaucoup d’usagers ne peuvent pas se déplacer à l’autre bout de Nîmes au gré des ouvertures de piscines, comme l'initiatrice de la pétition. « On apprend que c’est fermé quand on se retrouve devant la piscine…Les créneaux sont sans cesse réduits ou supprimés. À Fenouillet, on ne peut désormais plus venir le vendredi aux heures du déjeuner. Et Nemausa reste plus chère et donc moins accessible à une partie du public. Le bassin, deux fois plus long qu’un bassin classique, ne convient pas à tous les nageurs », explique Emma.

Thierry Procida précise que le créneau public du vendredi qui a été supprimé était historiquement présent avant la fermeture de l'équipement. « Tous les autres créneaux publics sont maintenus », indique l’édile. Les usagers interrogés ne contestent pas la qualité des équipements ni l’entretien général des piscines. « L’eau est à bonne température, les douches sont fonctionnelles, les installations sont propres. Les agents d’accueil sont sympas et les maîtres-nageurs bienveillants. Mais les créneaux, ce n’est pas trop ça. Pourquoi ne pas ouvrir le dimanche après-midi pour les enfants ? Ou faire des nocturnes pour les usagers comme ça se fait dans d’autres villes ? », propose Stéphane, 59 ans.

À Nîmes, la municipalité gère trois équipements municipaux. Fenouillet, Les Iris et Pablo-Neruda. Le dossier des piscines municipales illustre une difficulté de communication avec les usagers que Thierry Procida a prise en compte. Et tant mieux ! Puisque de l'avis général, il est quand même regrettable que l'effort le plus important pour les nageurs ne soit pas dans le bassin, mais pour y accéder. 

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