Il fait partie des nouveaux visages de la liste Nîmes en commun de Vincent Bouget. Ce fonctionnaire d'État a été mis en lumière, pour la première fois, lors de la présentation du projet, le 19 janvier. Il dressait alors un bilan peu flatteur des finances de la ville de Nîmes et de son agglomération : « Entre la ville et l’Agglo, c’est 758 M€ de dette cumulée. La situation n’est pas bonne. Ceux qui disent pouvoir baisser les impôts ne disent pas la réalité, sauf à sacrifier des domaines entiers d’action municipale. » Ce discours rompt avec celui de leur adversaire, le candidat LR-UDI-Horizons, Franck Proust, héritier de Jean-Paul Fournier, maire depuis 25 ans.
Premiers pas en terres présidentielles
Mais qui est cet homme, quasi inconnu du grand public ? Né d’une mère nîmoise, Gilles Guillaud a grandi dans le quartier Gambetta, scolarisé à l’école maternelle rue Nerva, puis au collège Révolution et pour finir au lycée Montaury : « Il y avait beaucoup de mixité sociale dans ce quartier. J’y ai néanmoins pris conscience du poids du déterminisme social, entre les élèves du bas de la rue Clerisseau orientés vers des filières professionnelles et ceux de la Tour Magne qui poursuivaient leurs études. » À l’issue de son baccalauréat, Gilles Guillaud étudie à Sciences Po Aix-en-Provence, avant d’intégrer l’Institut régional d’administration de Bastia.
Son premier poste le conduit en terres présidentielles, en Corrèze : « C’était en 1995, année d’élection de Jacques Chirac. J’étais en charge des fonds européens, notamment sur les programmes de développement des zones rurales. J’y ai appris que l’on pouvait agir sur des territoires enclavés dès lors que les services de l’État et des collectivités étaient présents. » Le Nîmois est alors au début de sa carrière dans l’administration. En parallèle, il prend sa carte au PRG. Il poursuit son parcours en Haute-Vienne, au contrôle de légalité. Pendant trois ans, il est aux premières loges de la création des communautés de communes.
Après un passage à Dijon, où il élabore des plans de formation pour les agents, Gilles Guillaud prend la direction de la Nouvelle-Calédonie. Pendant quatre ans, directeur du cabinet du haut-commissaire, chef du service des élections et des libertés publiques : « J’ai découvert un territoire magnifique, la spécificité de l’outre-mer et la manière dont la France tente de réparer certaines injustices… Rien ne peut se construire sans consensus. » Directeur de cabinet du préfet de la Meuse, Gilles Guillaud revient dans son pays natal, Nîmes. Il occupe la fonction de directeur des relations avec les collectivités, chargé de la tenue des élections : « J’ai une bonne connaissance des dossiers et des enjeux, que ce soit à la ville ou à l’agglomération. »
« Les maires communistes gèrent très bien »
Gilles Guillaud effectue ensuite une année à La Réunion avant d’être détaché à la préfecture des Bouches-du-Rhône comme directeur des relations avec les administrés, avec sous sa responsabilité 310 agents. Ce détachement lui permet donc de se présenter aux municipales : « J’ai rencontré Vincent Bouget d’abord dans ses fonctions en tant qu’élu. C’est quelqu’un de sincère, qui sait écouter et rassembler. » Le Nîmois a ensuite participé à la démarche « Si je vous dis Nîmes », aux côtés de l’un de ses camarades du PRG, Bruno Ferrier.
Désormais en campagne, Gilles Guillaud vilipende la posture « d’anticommunisme primaire » de leur adversaire Franck Proust : « Le Parti communiste français n’a pas à rougir de son histoire. Les communistes étaient dans la Résistance quand la droite nationaliste, elle, était à Vichy. Ce sont également eux qui ont travaillé avec le général de Gaulle. » Et de poursuivre : « Cet anticommunisme primaire ne doit pas tromper les électeurs… D’ailleurs, pour l’avoir vu, les maires communistes gèrent très bien leurs communes ! » La première punchline de Gilles Guillaud, qui passe ainsi de l’ombre des bureaux de l’administration à la lumière de la campagne électorale.