Un grand forum, une basilique imposante, un quartier des artisans… Il y a deux millénaires, il y avait de la vie sur ce plateau qui surplombe le Laudun d’aujourd’hui. Un oppidum perché et non pas un camp militaire, offrant une vue imprenable sur le Rhône et sa vallée, progressivement déserté pour n’y laisser que les moines bénédictins, qui y resteront jusqu’au XIIIᵉ siècle. Un lieu « magnifique, mais dont on ne faisait pas grand-chose », pose le maire de Laudun-l’Ardoise Yves Cazorla.
Alors il a eu une idée : s’il est impossible de reconstituer l’oppidum tel qu’il était à l’époque romaine, on peut, grâce à la réalité augmentée, le faire revivre. Et le faire comprendre : « Je l’ai visité avec un archéologue, et je l’ai redécouvert, explique le maire. Le but est que tout le monde puisse avoir un archéologue avec lui, et même mieux. » Car avec cette application, téléchargeable gratuitement sur Android et iOS, « on peut revivre ces lieux tels qu'ils étaient au début du Ier siècle, grâce à des travaux historiques pour être les plus fidèles possibles », affirme le président de l’Agglomération du Gard rhodanien Jean-Christian Rey.
« Une expérience immersive autonome et gratuite »
Le projet, initié et aidé par la commune, porté par l’Agglomération, qui finance les 20 000 euros nécessaires, et réalisé par l’entreprise Enthalpie, basée à Garons, permet « de manière autonome d’avoir un outil de médiation et de voir le village tel qu’on pense qu’il était au Ier siècle, c’est une expérience immersive autonome et gratuite », pose Cyril Poissy, d’Enthalpie. Pour que l’application, baptisée TimeXplorer, soit fidèle historiquement, « la mairie nous a fourni beaucoup de ressources, et des professeurs de l'université de Nîmes, notamment Eric Teyssier, nous ont aidé à sortir du brouillard historique », rajoute Alexandre Elazazi, qui a développé l’application. Un guide interagit avec l’utilisateur tout au long du parcours, balisé par des bornes, et un jeu de piste ponctue la visite.
De quoi « mettre en avant un des fleurons touristiques de notre territoire », souligne Jean-Christian Rey, qui considère que cette application « entre dans notre logique de développer un tourisme le plus approprié possible à notre patrimoine naturel et historique ». Son vice-président Benoît Trichot y voit aussi une opportunité d’enrichir l’offre, « notamment pendant les ailes de saison, amener des visiteurs sur ces périodes creuses, créer des envies de venir hors des périodes estivales. »
Car l’enjeu est de taille pour un territoire de 44 communes sur lequel les atouts touristiques ne manquent pas, entre vallées de l’Ardèche et de la Cèze, villages classés et espaces propices au tourisme vert. Une manne qui représente « en retombées hors nuitées 40 millions d’euros par an pour quatre, cinq mois de pleine saison, sachant que le reste de l’année a du potentiel, pose Jean-Christian Rey. Si on arrive à augmenter d’1 % ce chiffre, c’est 400 000 euros de plus sur le territoire, soit au minimum dix emplois. »
Pour télécharger l’application, c’est ici.