Le Gard compte une diversité de paysages immense. Unique ? Sans doute. Les Cévennes, la Provence, la Camargue, le cordon littoral, la garrigue nîmoise… Avec une histoire millénaire et une situation géographique bénie des dieux, ici, les hommes se pressent depuis la nuit des temps. Mais tout devint fragile.
Le tourisme dans le Gard ? 2,1 milliards d’euros de retombées économiques estimées, derrière l’industrie et devant l’agriculture avec 9 400 emplois directs. L’attractivité reste bonne avec des locomotives comme le Pont du Gard avec 1,2 million de visiteurs, les 370 000 visiteurs des arènes de Nîmes ou les plus de 250 000 visites à la Bambouseraie en Cévennes. Présidente de Gard Tourisme, Pascale Fortunat Deschamps, est toutefois consciente des changements, des évolutions du tourisme mondial. « Le tourisme durable est important, l’humain y a sa place et les Gardois ne doivent pas subir le tourisme de masse. Nous observons une évolution, depuis la Covid, du comportement des touristes. Le contexte a changé, on note une prudence économique pour tout le monde. Les Français ne renoncent pas aux vacances mais ils changent leur comportement. Les réservations se font de plus en plus tardivement et les touristes font attention à leur budget. »
4,9 millions de visiteurs en 2025 au lieu de 4,7 en 2024, un léger mieux quand même. L'enquête flash menée récemment en Occitanie auprès des professionnels du tourisme confirme un climat de prudence plus qu'un véritable décrochage de l'activité. 45 % des professionnels évoquent une baisse du panier moyen, signe de visiteurs plus attentifs à leurs dépenses. Vacances de printemps 2025, -5 % de nuitées en avril mais les perspectives estivales, on parle de +15 % en juillet et +3 % en août. Mais il faut attendre le dernier moment pour que ses réservations soient assurées. Le Gard est le troisième département touristique d’Occitanie derrière les Pyrénées-Orientales et l’Hérault. Le deuxième pour les excursions à la journée.
27,6 millions de nuitées pour une clientèle fidèle et surtout française, mais 39 % sont des clientèles étrangères (dont 74 % d’européennes). 39 % des touristes qui viennent à Nîmes sont étrangers. Le retour d’expériences touristiques est noté à 8,5/10. Entre avril et septembre, près de 20 millions de nuitées ont été enregistrées, dont 12,3 millions réalisées par la clientèle française et 7,6 millions par les visiteurs étrangers.
La clientèle française demeure majoritaire, portée par une fréquentation de proximité renforcée depuis plusieurs années. Les clientèles européennes restent fidèles au territoire, notamment autour des destinations patrimoniales et nature. Les principaux bassins émetteurs demeurent le Gard, l'Hérault, les Bouches-du-Rhône, le Rhône et la région parisienne. Côté international, les clientèles européennes historiques (notamment allemande, belge et néerlandaise) restent particulièrement fidèles au département.
Pour Sandrine Rieutor, directrice de Gard Tourisme : « Nous travaillons auprès des professionnels du tourisme mais aussi lors de salons spécifiques. Il nous faut mettre des visages sur les prescripteurs du département. On a une mutation importante, il faut s'adapter. »
Nouveau magazine « Escampettes », nouvelle topocarte, nouvelle application Latitude Gard qui remplace Rando Gard pour une itinérance douce qui sillonne sur le patrimoine gardois… Beaucoup de nouveautés, toutes au service d’une chose : libérer les informations touristiques pour que le voyageur puisse avoir envie de venir chez nous. Une fois ici, il saura que faire, comment le faire et quand le faire dans les meilleures conditions.
Claire Pradel, également de Gard Tourisme, confirme : « Le Gard a énormément d’atouts et nous ne le disions pas de façon claire. Par exemple, nous sommes le seul département à avoir trois réserves biosphères et de vraies typicités. Il nous faut le montrer, cela existe ! »
Avec 4 200 enquêtes relevées pour mieux comprendre les enjeux et l’offre touristique, les réponses aux questionnements ne seront pas connues avant la fin de l’été car il faut analyser tout ça… Rendez-vous en septembre ou en octobre. Mais, d’ici, là, pensons que les séjours sont plus courts, que réservations sont plus tardives, que les touristes ont besoin de nature et de qualité de vie.