Dans le cadre des élections municipales à Nîmes, Objectif Gard vous propose une série d'entretiens chaque lundi avec les principaux candidats. L’occasion d’en savoir plus sur le projet, les ambitions et l’équipe de la personnalité qui se rêve maire de Nîmes. Troisième invité après Franck Proust et Vincent Bouget : le candidat divers droite soutenu par Renaissance et le Modem, Julien Plantier.
Objectif Gard : Si vous deviez résumer votre candidature en une phrase adressée aux Nîmois, laquelle serait-ce ?
Julien Plantier : Une page est en train de se tourner. Il y a un cycle qui se termine à Nîmes. Et en tant que Nîmois engagé, en tant que citoyen engagé, je trouve du sens dans ma candidature aujourd’hui. Je suis un enfant de cette ville. Je suis né ici, j’ai grandi ici, je vis ici, j’y ai toujours vécu avec fierté — et, je le dis, avec une part assumée de chauvinisme. Mon engagement n’est pas abstrait, il est enraciné. Et en tant qu’élu local, je considère que je me dois de poursuivre cet engagement. C’est pour cela que j’ai annoncé ma candidature au mois de janvier dernier. Aujourd’hui, je porte un projet, des idées, pour incarner l’avenir de cette ville dans un moment de transition.
Quel problème majeur de Nîmes vous a convaincu qu’il fallait changer de cap ?
Je ne dirais pas qu’il y a eu un problème unique, isolé. Je parlerais plutôt d’un contexte. La société a profondément changé. Elle a muté. Les attentes des citoyens ne sont plus les mêmes qu’il y a dix ou quinze ans. Les formes d’engagement ont évolué, le rapport à l’autorité a changé, la demande de proximité est beaucoup plus forte. Et je considère que le politique doit évoluer en fonction de ces transformations. Aujourd’hui, on doit avoir des élus plus proches de la population, plus en phase avec ce qu’elle vit au quotidien. Les élus sont avant tout des citoyens. À un moment donné, j’ai ressenti qu’il y avait un manque de proximité, un décalage progressif. Lorsque j’ai décidé d’avancer ma candidature, j’ai fait un pas de côté. J’ai choisi de sortir du cadre. Cela n’a pas été simple, ni confortable. Malgré les critiques, j’ai considéré que c’était ainsi que l’on devait inscrire l’avenir de cette ville. À un moment donné, je ne croyais plus totalement aux projets tels qu’ils étaient envisagés, non pas sur le fond, mais sur la manière de les construire. Il y avait un décalage, voire une forme de déconnexion, entre les représentants politiques et la population. Et aujourd’hui, la problématique centrale, selon moi, c’est celle de la proximité.
Pourtant, la liste de 2020, les élus que vous critiquez aujourd’hui, c’étaient vos choix. Vous étiez président du groupe majoritaire.
Oui, bien sûr. J’étais président du groupe. J’ai œuvré, j’ai essayé non pas d’imposer, mais de guider une vision. Une vision qui anticipait déjà ce que pouvait être l’étape suivante. Mais au fil du temps, au fil des années, je me suis retrouvé à défendre des projets dont le processus d’élaboration et la manière de faire étaient de plus en plus en décalage avec mes convictions personnelles. Ce n’est pas tant le contenu des projets qui posait problème. C’est l’organisation, la méthode. Je crois profondément qu’un projet, quel qu’il soit, doit susciter l’adhésion de ceux qui vont en bénéficier. On ne peut pas avoir une concertation à géométrie variable. On ne peut pas considérer que l’on détient la vérité et que la population doit simplement suivre.
À quel moment avez-vous réellement senti ce décalage ? Dès le début du mandat ?
Ce mandat a été particulier. Il a commencé avec la crise sanitaire. Ensuite, le contexte géopolitique a été compliqué. Il a fallu gérer plusieurs crises successives. Cela a forcément eu un impact. Mais je dirais qu’au milieu du mandat, un éloignement progressif s’est installé. La date clé, pour moi, c’est décembre 2023. Lorsque Jean-Paul Fournier annonce qu’il ne se représentera pas à un cinquième mandat et qu’il souhaite un accord entre Franck Proust et moi, avec en parallèle un partage du pouvoir entre la Ville et l’Agglomération. À partir de ce moment-là, je me suis positionné dans une démarche de projet pour respecter cette feuille de route. Et très rapidement, je me suis retrouvé seul. C’est là que la rupture est devenue inévitable.
Sécurité et tranquillité publique
Quelle est votre approche concrète de la sécurité : prévention, présence, sanction ?
Je crois qu’il faut remettre en place un cadre. Un cadre clair, avec des règles. Et une forme d’autorité assumée. Le maire doit être le premier protecteur de sa population. Aujourd’hui, il existe un fort sentiment d’insécurité. Et je dirais même parfois un constat d’insécurité. Malgré le fait que nous disposions d’une police municipale importante en effectifs et d’un plan de vidéoprotection conséquent, cela ne suffit pas. Pendant longtemps, nous avons renvoyé la responsabilité vers l’État en invoquant sa compétence régalienne. Avec le recul, je pense qu’il aurait été plus pertinent de rechercher un partenariat structuré avec l’État. Des villes comme Nice ou Cannes ont signé des contrats de sécurité intégrés et ont gagné en efficacité. Nous devons arrêter de nous considérer comme un village isolé. Nîmes est une grande ville, mais elle s’inscrit dans un ensemble plus vaste. Je prends un exemple très précis : l’assassinat du petit Fayed à Pissevin. J’ai trouvé dommage que ce soit un député de l’Hérault qui parle de la situation de Nîmes sur un plateau national. Lorsqu’on a un discours politique fort, incarné, cela compte.
Que ferez-vous dans les premières semaines ?
Trois axes très clairs. D’abord, poursuivre le recrutement et le déploiement de la vidéoprotection, mais surtout réorganiser la police municipale avec deux brigades spécialisées : une dédiée à la lutte contre le narcotrafic, l’autre aux incivilités. Ensuite, envoyer un signal fort aux quartiers. Les premières victimes de l’insécurité sont les habitants de ces quartiers. Je propose l’ouverture de postes de police à l’Est, à l’Ouest et en centre-ville. Enfin, mettre en place un partenariat appuyé et permanent avec l’État. La sécurité doit être abordée de manière systémique, en coordination avec la police nationale.
Cadre de vie et fractures urbaines
Certains quartiers se sentent oubliés...
Il y a eu une priorité donnée à l’hypercentre, et c’était nécessaire. Les aménagements sont qualitatifs. Mais dès que l’on s’éloigne de quelques rues, l’exigence n’a pas toujours été la même. Richelieu, République, La Placette, Vincent-Faïta : ces quartiers sont à deux pas du centre et ne bénéficient pas toujours du même niveau d’attention en matière de voirie, de propreté ou d’aménagement. Je refuse une ville à deux vitesses.
Êtes-vous le candidat d’une ville unifiée ou fragmentée ?
La ville n’est ni totalement unifiée ni totalement fracturée. Mais lorsque des habitants disent qu’ils sont d’abord de leur quartier avant d’être Nîmois, cela interpelle. La rénovation urbaine ne suffira pas. La mobilité ne suffira pas non plus. Il faut recréer un sentiment d’appartenance commun. Cela prendra du temps. Peut-être une génération. Mais le politique a un rôle à jouer.
Commerce : entre encadrement et liberté
Qu’avez-vous à proposer aux commerçants nîmois ?
Quand je dis que la société a changé, cela concerne aussi les pratiques commerciales. Nous avons vécu ces dernières années une transformation profonde : développement du commerce numérique, montée en puissance des zones commerciales périphériques, évolution des habitudes de consommation. C’est un sujet extrêmement sensible, que l’on ne peut pas traiter à la légère. Il faut organiser une polarité claire : d’un côté, un commerce de centre-ville qu’il faut protéger et promouvoir ; de l’autre, une dynamique de commerce de proximité dans les quartiers. Car entre l’hypercentre et la périphérie, il existe des secteurs qui doivent vivre. Je porte un projet que j’estime structurant : "Une place, un quartier". L’idée est simple : chaque quartier doit pouvoir s’organiser autour d’un cœur de vie. Un habitant doit pouvoir trouver, dans un périmètre raisonnable, des services publics et des commerces de proximité. Aujourd’hui, certains quartiers traversent une crise du commerce de proximité. Parallèlement, nous avons assisté à un développement exponentiel des épiceries de nuit. Depuis plus de deux ans et demi, j’ai alerté le maire et mon ancien collègue à la Sécurité pour qu’un cadre réglementaire soit posé afin de limiter leur prolifération. Un arrêté municipal a finalement été pris. C’est une bonne chose. Ce n’est jamais trop tard. Mais c’est vrai que c’est tard.
La foncière commerciale Odil a été créée pendant ce mandat. Doit-elle perdurer ?
Oui. La foncière commerciale est un outil intéressant. Elle permet à la puissance publique ou para-publique d’investir dans des locaux vacants, de restructurer des cellules commerciales trop grandes, d’adapter les loyers pour accompagner un lancement d’activité. C’est une manière d’intervenir temporairement pour éviter certaines dérives. Mais je reste lucide : le politique ne peut pas promettre qu’il y aura une boucherie, une poissonnerie ou une boulangerie dans chaque quartier. Nous sommes dans un pays où la liberté d’entreprise est fondamentale. Je suis dans une approche libérale : le rôle du politique n’est pas de se substituer à l’initiative privée. En revanche, il peut encadrer, impulser, inciter. Le droit de préemption est d’ailleurs un outil qui a été, selon moi, sous-utilisé ces dernières années. Il permettrait d’éviter certaines implantations déséquilibrantes.
Mobilité : réalisme et circulation
Parlons mobilité. Quel est votre projet ?
Sur les transports publics, le réseau de trambus constitue une base solide. Il structure la ville. Mais nous ne sommes pas allés au bout de nos engagements de 2020. Nous avions proposé la gratuité pour les moins de 18 ans et pour les seniors. Seule une partie du chemin a été faite. Si je suis élu, je généraliserai la gratuité pour les moins de 18 ans. C’est un signal écologique, un signal éducatif et un signal de pouvoir d’achat pour les familles. Deuxième axe : les entrées de ville. Nous devons créer des points d’échange multimodaux pour proposer des alternatives au tout-voiture. Troisième axe : le vélo. Depuis un an et demi, je circule à vélo. On se rend compte, lorsqu’on est usager, des difficultés réelles d’infrastructures.
Certains parlent de nouvelles rocades à l’ouest ou au nord...
Je le dis sans ambiguïté : je considère que ce n’est pas réaliste. Plus le temps passe, plus ces projets s’éloignent. Les contraintes financières sont majeures. Les pouvoirs publics n’ont plus les moyens d’investissements de cette ampleur. Et une partie de la population est réticente pour des raisons environnementales. Il faut être responsable et arrêter de promettre ce qui ne se fera pas.
Quelles alternatives proposez-vous ?
Chaque jour, des milliers de véhicules traversent la ville sans s’y arrêter. Ils n’ont pas d’autre choix. Prenez un habitant de Castanet qui veut se rendre à Courbessac : soit il contourne toute la ville par le sud, soit il traverse le centre. Ce n’est pas normal. Je propose qu’au début du mandat, nous lancions une étude globale de circulation à l’échelle de la ville pour cartographier précisément les flux et rouvrir certains axes, notamment d’ouest en est, afin de fluidifier.
Que faire de la gare TGV Nîmes–Pont du Gard ?
La question de son emplacement est derrière nous. Elle existe. Elle était nécessaire. Sans elle, des trains seraient passés sans s’arrêter. En revanche, il faut améliorer la connexion entre la gare TGV et la gare centre. C’est essentiel pour l’attractivité économique et touristique. Nous sommes sur l’axe méditerranéen, entre Montpellier et Marseille, à 1 h 20 de Lyon, à moins de 3 heures de Paris. Il ne faut pas perdre en compétitivité à cause de problèmes de connexion.
Et l’aéroport ?
Nîmes n’est pas le centre du monde. Nous devons arrêter de penser le développement de manière isolée. Lorsqu’un touriste atterrit à Montpellier ou à Marseille et visite Nîmes, cela profite à notre territoire. Nous devons envisager des coopérations avec d’autres plateformes aéroportuaires. La concurrence est forte. Nous serons plus efficaces collectivement.
Finances : baisse d’impôts assumée
Vous proposez une baisse de la fiscalité. Pourquoi ?
Je suis le seul candidat à proposer une baisse de 6 % de la taxe foncière. Nîmes fait partie des villes les plus taxées de France. La taxe foncière dépasse les 50 %. Nous ne pouvons pas demander en permanence des efforts aux citoyens sans montrer l’exemple. Cela représente environ 8 millions d’euros par an. Certains disent que c’est irréaliste. Mais nous avons déjà démontré par le passé qu’une baisse était possible.
Quelles seront vos marges de manœuvre ?
D’abord, le non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux. Ensuite, une mutualisation renforcée avec l’Agglomération. Enfin, la modernisation des services, notamment par l’intégration de nouveaux outils numériques et de l’intelligence artificielle. Il ne s’agit pas de réduire la qualité du service public. Il s’agit de l’organiser différemment.
Faut-il remettre à plat les délégations ?
Certaines compétences sont plus efficacement gérées par des opérateurs privés : tourisme, événementiel, gestion de l’eau, certains transports. En revanche, je souhaite reprendre la gestion du stationnement lorsque les concessions arriveront à échéance. La SPL Agate peut le faire. Aujourd’hui, certains tarifs sont dissuasifs et nuisent à l’attractivité du centre-ville. Nous avons là un levier stratégique.
Université, emploi et attractivité
Quelle est votre vision sur l'enseignement supérieur et l’université de Nîmes ?
Nîmes compte environ 15 000 étudiants, soit près de 10 % de la population. Nous avons une université dynamique, des sites identifiés — Vauban, Carmes, Hoche — ainsi qu’une présence de l’Université de Montpellier. Le politique doit accompagner ces dynamiques. Je défends un triptyque : formation, emploi, développement économique. Je souhaite développer des filières en lien avec nos atouts : aéronautique, tourisme, santé. Je porte aussi un projet structurant autour de la ressource en eau, avec la création d’une Cité de l’eau, articulée avec l’enseignement supérieur.
Sur la question de la santé, comment faire en sorte que tous les Nîmois aient un médecin ?
Nous avons un CHU dynamique, une faculté de médecine. Mais nous peinons à fixer les médecins sur le territoire. Il faut améliorer la désirabilité de la ville. Accompagner la création de maisons de santé pluridisciplinaires. Faciliter les projets immobiliers. Travailler avec l’ARS et la CPTS. Un médecin aujourd’hui ne veut plus travailler seul. Il faut s’adapter à ces nouvelles pratiques.
Positionnement politique et divergences de fond
Vos divergences avec Jean-Paul Fournier et Franck Proust sont connues. Mais sur le fond, qu’est-ce qui vous oppose réellement dans le projet pour Nîmes ?
La vie politique est faite de cycles. Celui qui s’achève aujourd’hui a marqué la ville, avec des réalisations importantes. Mais un cycle qui dure trop longtemps finit aussi par produire de l’usure. Il y a peut-être des points communs sur certains sujets. Mais ce qui nous distingue aujourd’hui, c’est d’abord une approche différente de la méthode et une lecture différente du moment politique. J’entends beaucoup parler de rupture. Mais la rupture ne se décrète pas, elle s’incarne. Et elle suppose un renouvellement générationnel réel. Il est compliqué de faire du neuf avec de l’ancien. À un moment donné, il faut accepter qu’une alternance ou, à tout le moins, une alternative puisse émerger. La succession aurait dû être préparée autrement. Une succession, cela se construit, cela s’anticipe. Lorsqu’elle ne l’est pas dans de bonnes conditions, cela crée mécaniquement des tensions et des incompréhensions. Moi, j’ai fait le choix de cette rupture parce que je considérais que la méthode employée ne correspondait plus aux attentes d’aujourd’hui.
Pendant cette campagne, on vous entend surtout critiquer votre ancienne famille politique. Peu d’attaques contre Vincent Bouget. Est-ce volontaire ?
Ce qui m’importe d’abord, c’est la confrontation des projets. Je n’ai pas encore présenté le mien dans sa totalité. Il reste du temps. Mais je vais être clair : je considère qu’il y a des différences fondamentales. Le mandat qui a précédé 2001 n’a pas laissé de réalisations structurantes durables. À partir de 2001, il y a eu des projets concrets qui ont transformé la ville. Concernant Vincent Bouget, ce qui me dérange, c’est une approche que je juge parfois clivante. Opposer les riches aux pauvres, les habitants des quartiers entre eux, cela ne correspond pas à ma vision. Moi, je veux porter une ambition pour la ville dans son ensemble. Je crois que Nîmes doit continuer à se développer, à gagner en attractivité, à améliorer sa désirabilité. Nous avons un vrai défi : faire en sorte que cette ville continue à progresser, à attirer, à créer. Quant à Julien Sanchez, je considère également qu’il y a un risque. On ne peut pas transposer mécaniquement une expérience municipale d’une autre ville à Nîmes. Le contexte n’est pas le même. Les enjeux ne sont pas les mêmes. Je le dis sans détour : les extrêmes représentent un danger pour l’équilibre de la ville.
Le soir du premier tour
Quelle sera votre position si vous arrivez derrière Franck Proust ?
Avant de parler du second tour, il y a un premier tour. Mais j’ai été très clair : je ne participerai jamais à l’arrivée des extrêmes à Nîmes. Ensuite, une élection municipale se joue aussi sur des équilibres, sur des responsabilités, sur des choix que l’on assume. Ce que je sais, en revanche, c’est qu’une succession mal préparée peut avoir des conséquences politiques lourdes.
Que vous apporte Valérie Rouverand dans cette équipe ?
Au départ, il y a deux points communs essentiels : une volonté d’intelligence collective et un partage des responsabilités entre la Ville et l’Agglomération. J’avais initialement envisagé un rapprochement plus naturel avec Franck Proust, puisque nous venions de la même majorité et de la même famille politique. Les conditions n’ont pas été réunies. À partir du moment où l’union devenait une nécessité, nous avons échangé avec Valérie Rouverand. Cela a pris du temps. Aujourd’hui, cette alliance qui pouvait apparaître circonstancielle au départ est devenue cohérente et naturelle. Nous avons mis en commun nos équipes, nos projets, nos visions. Dans un paysage politique fragmenté, personne ne peut gagner seul.
Le soutien de Renaissance est-il important pour vous ?
Les Nîmois attendent un maire, un projet, des idées. L’étiquette vient ensuite. Oui, chacun a une culture politique. Je suis plutôt un homme de droite, avec une droite sociale et libérale, attachée à l’autorité, au mérite, à la responsabilité. Valérie est davantage dans une sensibilité centre-droit. Mais je suis aujourd’hui le seul candidat sans investiture partisane formelle. Mon étiquette, c’est Nîmes. Et lorsque je discute avec les habitants, la question de l’appartenance nationale devient très secondaire face aux préoccupations concrètes.
En quoi cette campagne vous transforme-t-elle personnellement ?
Elle m’a permis de me livrer davantage. On peut me percevoir comme réservé, parfois distant. Cette campagne m’a obligé à m’ouvrir, à expliquer, à partager des choses plus personnelles. La rupture que j’ai vécue il y a moins d’un an a été une cicatrice. Quinze années d’engagement, puis une mise à l’écart brutale, cela marque. Cela m’a appris l’humilité. La politique va vite. Elle expose. Elle révèle aussi des visages. Mais elle renforce aussi.
Questions-réponses rapides
Pourquoi les Nîmois devraient-ils croire que vous réussirez là où d’autres ont échoué ?
Parce que je me suis fait un devoir, dans cette campagne, d’être sincère, lucide, loyal et transparent. Je ne promets pas des miracles. Je ne promets pas l’impossible. Je promets du travail, de la méthode, de la proximité.
Le dossier qui vous empêche de dormir ?
Il n’y a pas un dossier unique. Ce qui m’habite, c’est une question simple : comment améliorer cette ville pour l’avenir de nos enfants ?
Être maire : honneur ou responsabilité ?
Une responsabilité.
Qu’est-ce qui vous rend confiant malgré la difficulté de cette campagne ?
Les rencontres. Les témoignages. Les soutiens discrets. Je ne suis pas le favori, et je le sais. Mais les plus belles réussites sont parfois celles qui partent de loin.
Un message à ceux qui ne veulent pas voter pour vous à cause de la guerre avec Franck Proust ?
Je suis un enfant de Nîmes. Mon seul objectif est que cette ville soit plus séduisante, plus attractive. Les querelles personnelles ne doivent pas masquer l’essentiel.
Le soir de l’élection, à qui penserez-vous en premier ?
À mon épouse. À mes enfants. À mes parents.