C'est désormais officiel, Fabienne Decottignies est la nouvelle préfète du Gard, et succède à Jérôme Bonet, parti pour siéger en tant que préfet de Haute-Savoie. Elle est la 83e personne à occuper ce poste, et la seconde femme dans l'histoire depuis la création de la fonction en 1800, après Marie-Françoise Lecaillon. Une cérémonie au square du 11 novembre ce matin a permis de sceller l'opération, en compagnie de plusieurs élus de la République. Dans la foulée, elle convoque la presse au sein de la préfecture du Gard cette après-midi, pour une première rencontre et des présentations.
Née dans le département du Nord, plus précisement à Tourcoing en 1971, elle est profondément attachée à ses racines, ce qui ne l'empêche pas d'être ravie d'arriver dans le Gard, le premier département sudiste de sa carrière. "Pour moi c'est la richesse du métier que j'exerce, de venir dans un territoire aussi différent de ce que j'ai pu connaître jusqu'à maintenant", témoigne-t-elle, avec beaucoup d'appétence et d'envie.
Historienne de formation, avec une spécialité sur la géographie, c'est avec un grand enthousiasme qu'elle attend ce que lui réserve le Gard, de par sa dimension patrimoniale et ses territoires aussi contrastés que magnifiques. "Ça me correspond bien. Je crois qu'un préfet, c'est un géographe dans le sens où il fait de la géographie physique. Il va sur le terrain, il ne reste pas dans un bureau. Ça aide un territoire et c'est ce que j'aime. Pour pouvoir servir les citoyens du Gard, il faut les connaître, aller à leur rencontre, apprendre leurs traditions et écouter leurs difficultés".
Historique de parcours
Elle débute sa carrière dans des postes au sein de ministères sociaux, dont l'appelation a bien varié entre temps. En 2003, elle intègre la direction générale à la santé, voyant passer les épisodes de canicule et de grippe HAN1. Elle y apprend la gestion de crise et finit par rejoindre le ministère de l'Intérieur, qui lui tendait les bras, qu'elle rejoint en 2012. Alternant des postes d'administration centrale : un premier axé sur la sécurité civile avec la tutelle de la brigade des sapeurs pompiers de Paris, un second en tant que directrice des ressources humaines à la préfecture de police.
Par la suite, elle est nommée directrice de cabinet dans l'Oise, puis secrétaire générale de la préfecture du Nord et sous-préfète de l'arrondissement de Lille. Avant de devenir préfète pendant deux ans dans le département de la Nièvre, puis de rejoindre le Gard officiellement ce mardi 17 août. "Ce sont des territoires très différents avec le Gard, mais d'un autre côté, il y a des thématiques qui me parlent et sur lesquelles je vais surfer avec l'expérience que j'ai pu acquérir", assume Fabienne Decottignies.
Car même si le Nord est aux antipodes géographiques du Gard, les questions de cohésion sociale et de pauvreté se posent également. "Dans certains quartiers, vous pouvez retrouver des problématiques". Tout comme le Gard est aussi un département très industriel "notamment à Alès mais pas que". L'agriculture a un poids très important dans la Nièvre, tout comme dans le Gard, même si les problématiques sont différentes (centrées sur l'élevage bovin dans la Nièvre, plus sur la viticulture, la culture des arbres fruitiers et des céréales dans le Gard).
Humilité
Le premier ingrédient qu'elle intègre dans sa recette pour réussir son passage est l'humilité. Fabienne Decottignies va d'abord aller au contact des gens qui font le département du Gard : les élus, les entrepreneurs, les représentants associatifs, les représentants des chambres consulaires et plus généralement les forces vives qui composent le territoire. C'est en se rendant sur différents lieux et en écoutant les requêtes de chacun qu'elle espère faire remonter les problématiques pour mettre la machine en marche. Tout en s'appuyant sur son équipe de collaborateurs en place.
Deuxième élément évoquer : que la nouvelle préfète se fasse écho auprès des administrations centrales sur ce qu'est le Gard, ses besoins et comment mettre en oeuvre les politiques publiques. "Pour que ces dernières donnent les effets attendus, elles doivent être conçues de façon à connaître les réalités de terrain. C'est un rôle très important pour un préfet", souligne-t-elle.
Enfin dans un troisième temps, Fabienne Decottignies assume aimer apporter des solutions dans le strict respect des règlementations, dans une temporalité qui peut paraître trop longue pour les concitoyens. "Mon rôle est de mettre tous les services de l'État autour d'une table et qu'ils se parlent pour éviter la suradministration, en tendant vers une forme de simplification dès que cela est possible".
Les semaines à venir
Pour conclure cette première rencontre avec la presse, Fabienne Decottignies s'est prêtée à un jeu de questions-réponses. Elle avoue connaître un peu le département du Gard, pour y avoir séjourner en vacances, dans un appartement du Grau-du-Roi, mais aussi pour avoir visiter plus largement la Camargue ainsi que Nîmes, affectionnant tout particulièrement la Maison Carrée. Même si elle devra faire face à une multitude de sujets au cours de son passage gardois, Fabienne Decottignies a beaucoup travaillé sur les sujets agricoles, l'eau, la gestion des ressources humaines, l'aménagement du territoire ou encore la sécurité, un thème majeur du département. Dès sa nomination, elle a d'ailleurs appelé dans la foulée le maire d'Alès Christophe Rivenq, après les menaces qu'il a subi récemment.
Concernant les fêtes votives ainsi que la feria, un des poumons économiques et moments festifs de nombreuses communes, Fabienne Decottignies compte sur son expérience de la Braderie de Lille. "C'est plus de deux millions de personne sur un week-end et il y a un enjeu de sécurité extrêmement important comme pour la feria, même si ce sont des modalités de festivités différentes. Mon prédécesseur et les services avaient travaillé à la préparation de cet événement, et on fera en sorte que ça se passe au mieux", commente-t-elle.
Dans les prochaines semaines, la nouvelle préfète compte rencontrer différents élus, comme la présidente du département Françoise Laurent-Perrigot. Elle a également demandé à ses sous-préfets de lui faire connaître leur arrondissement. Mais son emploi du temps sera perturbé par la période de réserve liée aux élections sénatoriales du 27 septembre.