"On partait de rien il y a trois ans". C'est ainsi qu'Elien Clémenceau résume les débuts des Lodges du Lagon, ce camping trois étoiles installé sur les hauteurs de Calvisson, en plein cœur de la garrigue gardoise. Lui, sa femme et ses enfants sont partis de Cannes il y a presque dix ans, pour vivre une nouvelle vie dans le département. Ils ont créé un établissement familial et calme, pensé à taille humaine : 32 mobil-homes, une petite piscine, des jeux pour enfants et un terrain de pétanque. "Même si tous les logements sont pourvus, la piscine et les jeux restent accessibles à tous. Il y a de la place et un côté paisible", précise le gérant.
Le soir venu, les vacanciers se retrouvent sur la terrasse du snack-bar. "On refait le monde autour d'échanges. On commence à avoir des amis parmi les clients, c'est pour ça qu'on fait ce métier", sourit Elien Clémenceau. Aux alentours, fêtes votives, marchés nocturnes et autres découvertes rythment l'été gardois. "Les vacanciers n'ont pas le temps de s'ennuyer, le temps est même parfois trop court".
Une construction atypique
Mais ce qui fait la singularité des lieux : c'est sa construction. Avant, il n'y avait rien, à part des cailloux. Et bien avant : la mer. C'est ce qui explique donc pourquoi les mobil-home sont parfois à des hauteurs différentes. Les plus chanceux peuvent même profiter d'une vue encore plus belle sur tous les environs. "On voulait une création, et le terrain était en plus classé tourisme", explique le gérant. "Quand on montait cette petite colline, la vue, l'ambiance et les senteurs nous ont fait avoir un vrai coup de cœur". Alors à la sueur de leur front, et progressivement, Rome s'est faite.
Le terrassement aura été "un véritable combat de tous les instants". "On avait sous-estimé au début ce qu'était le Gard. Ici, il y a dix centimètres de terre et sinon que des rochers", raconte Elien. Le reste du chantier s'est fait plus naturellement, la famille ayant fait le choix d'assurer elle-même une grande partie des travaux. "C'est un gain financier non négligeable, et ça nous permet de proposer des prix attractifs". Un chantier qui a aussi livré quelques surprises géologiques : des fossiles d'ammonites, mis au jour lors des fouilles et aujourd'hui intégrés aux murs en pierre du camping, en clin d'œil au passé du site.
Derrière cette ambiance décontractée se cache pourtant un parcours long et semé d'embûches. "Presque trois ans pour trouver le terrain, deux ans pour avoir le permis", retrace le gérant. Un permis tombé en pleine période Covid, rendant l'appui des banques particulièrement difficile à obtenir. Les travaux ont malgré tout démarré. Au total, près de huit ans se sont écoulés entre l'idée initiale et la concrétisation du projet.
Autre obstacle : les nouvelles normes liées aux lois sur l'eau. "On est dans le Gard, les épisodes cévenols sont très importants", rappelle Elien Clémenceau. D'importants travaux ont donc été menés sur les retenues d'eau pluviale, avec la construction de grands bassins de rétention disséminés sur le site, aujourd'hui invisibles aux yeux des vacanciers
Côté séjours, les Lodges du Lagon jouent la carte de la flexibilité : nuitée, semaine, ou minimum de trois à quatre nuits, sans jour d'arrivée imposé. « Ça nous a ouvert plus de clientèle », note Elien Clémenceau. Néerlandais, Belges ou encore Allemands complètent ainsi la clientèle française. Le camping propose aujourd'hui deux types d'hébergements : un modèle d'une vingtaine de mètres carrés avec une chambre, pour deux personnes, et un second de trente mètres carrés avec deux chambres, pour quatre à cinq personnes. Tous sont équipés d'une cuisine, d'une salle de bain, de WC séparés et de la climatisation. Une plancha peut également être demandée à la réception.
Restaurant, spa et futur lagon
Le permis de construire déposé prévoyait l'ensemble du projet, mais son développement se fait par phases. La première, achevée, a permis l'installation de la totalité des mobil-homes. Place désormais aux services : un restaurant, dont l'ouverture est espérée l'année prochaine, un spa, et la possibilité d'organiser des cousinades et des mariages. Une seconde phase est déjà dans les cartons : la création d'un véritable lagon sur le reste du terrain, entre 300 et 400 m², tandis que la piscine actuelle devrait, à terme, être couverte.