Le festival Nîmes et l’Été du Gard a été créé en 2004, il y a plus de 20 ans, c’était son charmant petit nom quand les arènes accueillaient l’opéra de Cherubini, Médée.
Succès et le public nîmois au rendez-vous, il fallait faire durer le plaisir. Constatant que le cinéma en plein air disparaissait, Sophie Rigon et son amie Carole Bouquet ont eu l’idée de relancer cette activité culturelle et d’inviter un réalisateur à présenter personnellement et en « live » ses œuvres au public.
Vincent Bouget, le nouveau maire de Nîmes, ne cache pas son attachement au festival populaire et gratuit. « Je tenais à venir saluer monsieur Marchal et Sophie, l’année dernière, j'étais de l’autre côté de la barrière, mais c’est un festival ouvert à tous, populaire et au cœur des Jardins de la Fontaine où l’on se retrouve pour cette jolie histoire que Sophie écrit depuis des années. »
Outre la projection et la rencontre, le but du jeu est que le réalisateur lui-même choisisse quelques films pour les offrir au public dans le merveilleux écrin des Jardins de la Fontaine. Le maire ne sera pas là dimanche pour l’ouverture, engagement familial prévu de longue date, c’est Corinne Giacometti, adjointe aux festivités et grands événements qui le représentera.
« Un Réalisateur dans la Ville » venait de naître réellement et le premier invité n’était autre que monsieur Bertrand Blier. Hugh Hudson a pris le relais, Claude Chabrol et Gérard Depardieu ont suivi, peu après le tournage de Bellamy à Nîmes.
Ensuite ? Claude Miller, Jean-Paul Rappeneau. En 2010 Jean Becker, en 2011 Bertrand Tavernier, Claude Lelouch en 2012, Jean-Pierre Mocky en 2013, Fabien Onteniente en 2014, Patrice Leconte en 2015, Danièle Thompson en 2016, Thomas Gilou en 2017, Philippe Le Guay en 2018, Volker Schlöndorff en 2019, Marc Esposito en 2020, Alexandre Arcady en 2021, Régis Wargnier en 2022, Jean-Pierre Améris en 2023, Emmanuelle Bercot en 2024, en 2025, Catherine Corsini et donc Olivier Marchal en 2026.
Il aurait pu devenir pâtisser non loin d’Arcachon, mais Olivier Marchal a su ce qu’il voulait être à l’âge de 13 ans, alors qu’il est chez les jésuites en pension. Mais de pâtisserie, il n’ira pas immédiatement devant ou derrière la caméra. Non ! Il passera d’abord par la case « inspecteur de Police » puis rejoindre celles des renseignements généraux, de la Police judiciaire, c’est là qu’il retrouve l’envie de caméra, grâce à Michèle Laroque qui le pousse dans ce sens.
Olivier Marchal découvre une ville qu’il ne connaît pas, une ambiance, une chaleur, une manière de vivre. « Je suis très honoré, j’ai déjà eu la proposition deux fois, mais j’étais en tournage. Je me suis fait opérer du genou, j’en ai pour des mois de rééducation donc me voilà ! J’ai un peu le syndrome de l’imposteur, me retrouver honorer ainsi et face à un public important… Je l’ai voulu mais c’est un peu malgré moi ! Je ne connais pas Nîmes, j’ai été très bien reçu. »
Olivier Marchal n’a jamais aimé le monde du cinéma, des « César », il en garde un souvenir atroce. Si cet univers le débecte même s’il « a pissé avec Will Smith ». Non, pour lui, c’est le public qui a tout son attachement, un véritable amour, sincère. C’est vraiment pour cela qu’il est venu et qu’il a répondu à l’invitation de ce festival, simple, populaire.
25 ans après ses débuts dans sa nouvelle vie, le voilà prêt à investir les Jardins pour quatre projections en public et une leçon de cinéma au Sémaphore. Celui qui est arrivé dans le métier de réalisateur en connaissant la profession de « flic » a fait du chemin et a toujours essayé de faire « un bel ouvrage » comme disait son paternel de pâtissier. Lui, il fait ses scénarios, il les tourne. Il écrit comme il vit, en changeant de peau, en muant constamment. Son prochain projet ? Un film hommage à ses aïeux sur la guerre de 1914-18. Le parcours de gamins qui partaient à la guerre à l’âge de 16 ans et qui y mouraient… Ce film sera tiré d’une histoire vraie, déjà sortie en bande dessinée.
En tout cas et pour la suite de ses envies, « J’ai fait mon dossier pour la retraite, ça tombe en octobre. C’est terrible ! Mais j’ai aussi repris une pièce de théâtre qui sera tournée après le film sur la guerre 14-18, une sorte de huis clos familial sur la choronologie d’un weekend, d’un dernier week-end entre personnes qui s’aiment mais qui sont toutes rongées par l’alcool et la drogue. »
À chaque fois qu’il sort un film, sur conseil de Mathieu Kassovitz, il part à l’étranger quelques mois le temps que la tempête passe. Et pour la suite ? « Il faut s’arrêter comme un grand sportif, ne pas être has been ! Être sur un plateau, c’est 17 heures par jour, 150 personnes à gérer, ça fatigue » conclut un réalisateur qui n’est pas langue de bois et qui attend de parler avec son public de ses films.
Le programme : 36 quai des Orfèvres, ce dimanche 26 juillet 2026, 21h, jardins de la Fontaine ; MR 73, lundi 27 juillet ; Les Lyonnais, le mardi 28 juillet et Carbone, mercredi 29 juillet. Une séance d'échange avec le public et l'équipe est prévue au cinéma Le Sémaphore le mardi 28 juillet à 14h30.