Cela faisait vingt-huit ans que l'amphithéâtre romain n'avait plus entendu la voix de Robert Smith résonner dans ses entrailles. Le groupe de rock britannique, originaire de Crawley, dans le Sussex, a retrouvé ce lieu mythique près de trois décennies plus tard. The Cure s'était déjà produit aux Arènes de Nîmes en 1998 pour un concert déjà marquant à l'époque. Un retour iconique, très attendu par les fans, puisque, initialement annoncés pour deux concerts, le succès de la billetterie a conduit à l'ajout d'une troisième date. Les trois soirées des 24, 25 et 26 juillet affichent donc complet, un fait assez rare, même pour le Festival de Nîmes.
Formé en 1976 autour de Robert Smith, The Cure est l'un des groupes les plus influents de l'histoire du rock alternatif, de la new wave et du rock gothique. Des titres comme Just Like Heaven, Lullaby, Pictures of You, A Forest, Friday I'm in Love ou Boys Don't Cry sont devenus des classiques. Loin d'être un groupe nostalgique, The Cure est même revenu en 2024 avec Songs of a Lost World, son premier album studio en seize ans, salué par la critique.
La rencontre entre l'univers sombre et mélancolique de The Cure et l'écrin bimillénaire des Arènes de Nîmes a constitué un contraste fort. Avec la présence de nombreux fans français mais aussi étrangers, on entendait parler italien, espagnol, allemand ou encore anglais dans les coursives de l'amphithéâtre romain, vendredi soir. L'occasion de rassembler toutes les générations autour d'un groupe qui a marqué les années 1970, 1980, mais aussi les décennies suivantes.
Le groupe, qui a vendu plus de 30 millions d'albums dans le monde, dont plus de 2,5 millions en France, a fait plaisir à ses fans en interprétant ses plus grands classiques pendant près de 2 h 30 de concert. Un spectacle précédé de deux premières parties, assurées par Zélie Zéphyr et And Also The Trees, qui ont su mettre le public dans l'ambiance avant le grand rendez-vous de la soirée.
Un hit relancé en France
Le groupe et son chanteur historique, Robert Smith, sont alors montés sur scène pour interpréter plus d'une vingtaine de morceaux, à commencer par Alone et Pictures of You. L'occasion ensuite de dérouler les classiques de son répertoire jusqu'à ce que le public s'enflamme sur A Forest, un titre qui a connu une seconde vie en France en 2024 grâce au film L'Amour ouf de Gilles Lellouche. La chanson accompagne notamment la rencontre des deux protagonistes, Jackie et Clotaire.
The Cure a ensuite alterné entre ballades rock, morceaux plus psychédéliques et chansons plus légères, à l'image de The Lovecats, inspirée par l'univers des Aristochats. Pour conclure cette soirée hors du temps, le groupe britannique a terminé avec son plus grand succès, Boys Don't Cry, de quoi combler les milliers de spectateurs présents dans les Arènes.