Passé non loin des arènes d'Alès en 2017 au milieu d'un passage de Madrid à la Suisse, Charles Aznavour finira bien par les animer ces vendredi 31 juillet et samedi 1ᵉʳ août, spirituellement et artistiquement. Décédé il y a huit ans, il sera honoré par Soprano et les 1000 choristes des Fous Chantants pour un concept quasi inédit, uniquement comparable à l'hommage à Johnny Hallyday en 2018 : "Ça faisait longtemps que j'avais cette idée en tête, explique le directeur artistique Fabrice Schwingrouber. Au vu des retours, attentes et ventes qu'on constate déjà, les choix de la cible, des deux artistes et des générations ont été les bons : c'est ce qu'on voulait, imaginait. On attend d'en voir plus avec les choristes, mais quand on écoute le mix des deux, ça devient une évidence."
Cinquante-cinq ans et un univers musical et culturel séparent les deux chanteurs. De quoi faire peur à certains aficionados, notamment du regretté Arménien, mais surtout de rassembler "deux publics différents qui apprennent l'un de l'autre".
"Une aventure qui est taillée pour Soprano"
Fabrice Schwingrouber promet "un des plus beaux shows de l'histoire des Fous. Je le pense sincèrement, ça va être du non-stop. Les Aznavouriens peuvent avoir peur qu'on le dénature, mais je le compare à l'hommage à Johnny Hallyday avec Christophe Maé en 2018, entre un artiste aux multiples tubes et un super festif, sympathique, gentil et généreux. Vous allez découvrir des choses insoupçonnables, des harmonies à tomber par terre."
Une qualité de rendu possible grâce à la "voix de malade" du Marseillais : "C'est une aventure qui est taillée pour lui. On l'entend rarement car il rappe surtout, mais lors d'un hommage à Balavoine, il a été le seul à pouvoir monter aussi haut, c'est rare." Habitué aux Arènes de Nîmes avec déjà cinq passages, dont trois sur les cinq dernières années, il a aussi récemment travaillé avec 400 choristes lors d'un concert à Bercy : "Mais les choristes des Fous n'ont rien à voir. Ils ne sont pas derrière en fond, ils créent une émotion, ils sont partie intégrante du spectacle."
Le virus des Fous se propage dans Alès
Cet hommage "ouvre des perspectives" pour la suite, mais le directeur artistique a bien d'autres idées en tête, neuf ans après avoir pris la suite de son père : "Sauf qu'on me les refuse, souvent par rapport à la sécurité. Mais je ne lâche pas, j'essaye de comprendre pourquoi, j'adapte et je remets l'idée sur le tapis quelques années plus tard. Je les aurai à l'usure à force de les saouler, sourit-il. Si on était dans un stade, ce serait plus facile, les arènes posent forcément des problématiques."
Des chefs de secteur se mettent aussi en place pour mieux déléguer et organiser la "grande famille" des Fous, qui doit refuser 800 choristes à chaque édition. Un tiers est composé d'inconditionnels et inamovibles, un tiers a "le virus du fou" et revient tous les deux-trois ans, et un tiers apporte du sang neuf chaque année.
Le travail en coulisses et au-delà des frontières de l'Hexagone ouvre lui aussi le champ des possibles. Une nouvelle application et un changement de logiciel facilitent la vie et le quotidien des 90 bénévoles de cette semaine.
Une organisation et un développement nécessaires pour l'association qui souffle sa trentième bougie et gère un budget d'un million d'euros, dont moins de 10 % de subventions : "Pour la culture en France, c'est de plus en plus rare. D'autant plus que les aides qu'on reçoit, principalement de la ville d'Alès, en plus des prêts des arènes et du Fort Vauban, sont directement répercutées dans l'hôtellerie, la restauration, etc."
La première soirée, la nuit des chanteurs de rue ce samedi, devrait ainsi voir 2 500 personnes profiter de huit concerts à travers la ville, en plus d'un marché gourmand et d'un spectacle de feu.
Africa Chœur, quand la folie s'exporte et grandit
Autre nouveauté cette année pour les Fous : Africa Chœur, un projet solidaire au Sénégal, alliant semaine chantante solidaire, rénovation d'une école et construction d'un amphithéâtre, dans "un endroit en pleine brousse. C'était un investissement, pour un résultat au-delà de l'espérance. Deux populations se sont mélangées, il n'y avait même plus besoin de faire le lien. J'ai pris une claque. Je pense que ce projet est celui qui m'a vraiment guidé toute ma vie. C'est une année aussi éprouvante que pleine de succès", retrace Fabrice Schwingrouber.
D'autant plus que les Fous n'arrivent que quelques semaines après cette aventure au Sénégal, fin mai : "On y a pris du retard, qu'on a dû et pu rattraper. On a du attendre la fin du Ramadan, pendant lequel on ne peut pas faire d'artistique. Pareil pour le vendredi et jeudi soir, ce pourquoi la semaine a duré du samedi au mercredi."
Des week-ends supplémentaires "dans les régions où on ne connaît pas trop les Fous" sont à prévoir, en plus de l'annuel à Namur et d'une deuxième édition au Sénégal (Inscriptions par mail à africachoeur@gmail.com). Avec une idée déjà forcément : "Faire quelque chose aux Arènes avec eux à Alès un jour ou l'autre".
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INFOS PRATIQUES :
Réservations pour les concerts des 31 juillet et 1er août sur www.fouschantants.org/billetterie.
Tarifs à partir de 37 €. Programmation complète et gratuite du 25 au 30 juillet en centre-ville.
Réservations pour les concerts des 31 juillet et 1er août sur www.fouschantants.org/billetterie.
Tarifs à partir de 37 €. Programmation complète et gratuite du 25 au 30 juillet en centre-ville.