The Toy, la nouvelle voiture de compétition développée par Yannick Baillat et son équipe chez Easy Racing Concept (ERC), a été dévoilée ce jeudi 4 juin 2026 au pôle mécanique d’Alès. Ce projet ambitieux, né de la passion d’un groupe de spécialistes et d’actionnaires français, vise à réduire l’empreinte carbone du sport automobile amateur tout en offrant une polyvalence exceptionnelle : conçue pour la compétition, elle servira aussi de voiture-école pour former les jeunes pilotes, les instructeurs ou les essayeurs de l’industrie automobile.
Pour marquer les esprits, Yannick Baillat et son équipe ont organisé des baptêmes de piste à bord du prototype. « On voulait montrer que The Toy n’est pas qu’une utopie, mais une réalité performante et accessible », a-t-il déclaré. « Aujourd’hui, on a fait rouler les invités pour qu’ils ressentent par eux-mêmes la maniabilité, la puissance et surtout l’engagement écologique de cette voiture. »
Un carburant vert et une carrosserie innovante
The Toy se distingue par son moteur 4 cylindres turbo de 300 chevaux, alimenté par un carburant E85 de génération avancée, produit à partir de marc de raisin, un résidu de la filière viticole. « Ce carburant, c’est l’avenir : il réduit de 70 % le bilan carbone par rapport à un carburant classique, tout en offrant des performances exceptionnelles », explique Yannick Baillat. Jérôme Budua, directeur de Raisinor Bioéthanol, a renforcé ce message : « Ce projet prouve qu’on peut allier passion automobile et respect de l’environnement. »
La carrosserie, initialement en résine de polyester renforcée de fibre de verre, évoluera rapidement vers une fibre de lin associée à une résine biosourcée à 50 %. « Le lin, c’est une solution 100 % française, recyclable, plus légère et plus résistante que la fibre de verre. Et surtout, elle évite de polluer les circuits avec des débris coupants en cas de choc », précise Yannick Baillat.
Une conception polyvalente et économique
The Toy a été pensée pour s’adapter à tous les terrains : asphalte ou terre. « On a conçu une voiture qui peut passer de l’un à l’autre en changeant simplement les amortisseurs et les roues. Comme ça, elle peut rouler toute l’année, sur tous les types de circuits », souligne Yannick Baillat. Grâce à un châssis tubulaire rigide et des liaisons au sol optimisées, elle promet une maniabilité et une efficacité en courbe de haut niveau.
Pour la formation, The Toy est équipée de deux sièges baquets, de harnais 6 points, d’une double commande de freinage hydraulique et d’un système de limitation de puissance (100 à 300 chevaux), permettant aux instructeurs de former en toute sécurité.
Un projet 100 % français et collaboratif
The Toy est un projet made in France, né en Cévennes, où Yannick Baillat a réuni une équipe d’experts, dont Olivier Maroselli (ingénieur responsable de la conception) et Antoine Dugué (spécialiste de la construction prototype). Une quinzaine d’actionnaires, tous passionnés d’automobile, ont soutenu financièrement ce projet, apportant leur expertise dans divers domaines.
Yannick Baillat a insisté sur l’importance de créer une dynamique locale : « On veut produire en Occitanie, avec des sous-traitants occitans, pour faire vivre le territoire et démontrer que le sport automobile peut être éco-responsable. Mais pour passer à l’étape suivante, il nous faut désormais lever des fonds. » L’objectif est clair : produire une petite série de 10 à 20 voitures d’ici 2028-2029, pour créer une formule monotype dans les championnats, avec un bilan carbone réduit et un coût au kilomètre optimisé.
« Aujourd’hui, on a besoin de soutien financier pour concrétiser cette vision. On compte sur les élus, les partenaires locaux, régionaux, la BPI, les business angels, banque… Il faut agir vite, car le marché attend des solutions comme THE TOY », conclut-il avec détermination.
Un avenir prometteur
The Toy sera testée dès 2026 et participera à des événements internationaux, comme la course d’Angoulême en septembre 2026, où elle sera présentée comme « l’avenir du sport automobile bas carbone ». À terme, l’ambition est de faire de The Toy un laboratoire roulant pour développer des carburants 100 % renouvelables et des technologies durables, en collaboration avec des partenaires comme Vortex, une équipe occitane spécialisée en compétition automobile.
Jérôme Budua a conclu : « Ce projet est un exemple concret de ce que peut accomplir une filière locale, passionnée et innovante. The Toy n’est pas seulement une voiture, c’est une vision pour l’avenir du sport automobile. »