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Publié il y a 7 mois - Mise à jour le 04.04.2022 - anthony-maurin - 3 min  - vu 390 fois

GARD Avec Compostelle, le tourisme a trouvé son chemin

L'abbatiale de Saint-Gilles (Photo Archives Anthony Maurin).

Le chemin de Compostelle via Nîmes où, au sol, sont apposés des clous rappelant l'itinéraire à suivre (Photo Archives Anthony Maurin).

Empruntez la Via Tolosona aussi appelée via Arelatensis. Pourquoi ? Pour vivre quelque moments hors du temps en suivant un des chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle.

Si vous voulez faire ce parcours d'un bout à l'autre, il vous faudra du temps et vous armer de patience sans oublier les bonnes chaussures. Mais vous pouvez aussi faire ce chemin tronçon par tronçon. Au total, on parle de 758 km, soit environ 37 jours de marche.

Vous n'êtes pas "religieux" et vous vous demandez pourquoi faire ce pèlerinage ? Parmi les marcheurs à la coquille, 20 % sont certes dans une démarche de foi, 34 % dans une recherche de sens, 26 % sont de simples randonneurs touristiques et 20 % des randonneurs sportifs.

Le chemin traversant la Combe Chazet et reliant la bande urbaine au vieux village des Angles, est aussi l'itinéraire du chemin de Saint-Jacques de Compostelle et d'Urbain V. (Photo Archives Marie Meunier / Objectif Gard)

Le 23 octobre 1987, les chemins de Saint-Jacques ont été proclamés Itinéraire culturel par le Conseil de l’Europe. Puis, le 2 décembre 1998, le comité du patrimoine mondial de l'Unesco a inscrit sur la liste du patrimoine mondial le bien culturel "Chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en France." Ce bien français est ainsi constitué d’une sélection de 71 édifices et de sept sections de sentier. Il témoigne des aspects spirituels et matériels du pèlerinage, du contexte du pèlerinage médiéval et il résume la diversité des itinéraires innombrables empruntés par les voyageurs.

Tour s'explique et se contemple

Jacques le Majeur était pêcheur sur le Lac de Tibériade (Israël) et avec son frère Jean, il comptait parmi les plus proches disciples du Christ. La tradition rapporte qu’après la crucifixion, Saint Jacques part évangéliser l’Espagne. Après quelques années d’apostolat dans la péninsule ibérique, il rentre à Jérusalem. Arrêté par le roi de Judée, il est décapité vers 44 et devient l’un des premiers martyrs chrétiens. Ses disciples auraient embarqué sa dépouille sur une barque de pierre qu’un ange guida jusqu’aux côtes de la Galice, près de l’actuelle cité de Santiago de Compostela.

La crypte de l'abbatiale de sSaint-Gilles, pièce où git le corps de saint Gilles (Photo Archives Anthony Maurin).

Intéressons-nous à la voie qui traverse le Gard, la voie d’Arles (ou Via Tolosana). Cette voie du sud possède un puissant caractère. Elle est l’itinéraire principal qui traverse la région Occitanie. C’est le chemin languedocien, rural et urbain, qui unit deux lieux forts de l’histoire du midi Saint-Gilles et Saint-Guilhem-le-Désert. Le nom de Toulouse lui est étroitement lié puisque les comtes de la ville rose portaient le titre de comte de Toulouse et de Saint-Gilles. Au XIIe siècle, ces terres languedociennes connaissent le droit romain, l’émancipation communale et une prospérité économique qui favorise les programmes architecturaux de style roman.

Patrimoine et tout le reste

Saints, reliques de saints, saints christianisateurs, culte marial, dévotion populaire, richesse architecturale, patrimoniale et naturellement artistique, authenticité, solidarité, solennité, effort ou encore dépassement de soi, tels sont les rendez-vous souvent impromptus du chemin. La route est longue, mais elle en vaut la peine car ce pèlerinage est universel.

Chemin faisant, un chapelet de saints et de sanctuaires étonnent et interpellent. Les figures des premiers chrétiens Césaire et Trophime en Arles ainsi que les Alyscamps, romantique cimetière réputé être celui des premiers chrétiens et des compagnons de Charlemagne. Le paysage est contrasté depuis la Provence ensoleillée aux vertes Pyrénées, en passant par la Camargue, par les vignes de la région de Montpellier, par les forêts du Haut-Languedoc. La Via Tolosana est balisée depuis 1990 et le sentier est continu, doté d’une variété d’hébergements. L'itinéraire permet une circulation à double sens, vers Rome et vers Saint-Jacques-de-Compostelle.

Sur cette route, vous verrez donc des choses incroyables. Vous pourrez déambuler dans Arles l’antique, médiévale et ses musées. Le paysage camarguais entre Arles et Vauvert vous ravira tout comme celui, opposé, existant entre Montarnaud et Saint-Guilhem-le-Désert, sur le chemin du Val d’enfer. Vous contemplerez le bijou du chemin, le portail de l’abbatiale de Saint-Gilles, mais vous passerez aussi par l’abbaye de Gellone.

Les paysages de la Montagne Noire dans le parc naturel régional du Haut-Languedoc (entre Saint-Jean de la Blaquière et Anglès) laisseront place aux corps saints à la basilique Saint-Sernin à Toulouse, vous pourrez visiter le musée d’art campanaire à L’Isle-Jourdain, le portail de l’église de Morlàas et l’église Sainte-Croix à Oloron. Pendant ces centaines de kilomètres, vous verrez défiler le patrimoine, y compris gastronomique, de ces régions et terroir. Viande de taureau de Camargue (AOP), charcuteries des Monts de Lacaune, foie gras à Gimont, gâteau fénétra à Toulouse, vins des Costières de Nîmes et Jurancon...

Anthony Maurin

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