Publié il y a 1 h - Mise à jour le 16.03.2026 - Abdel Samari - 2 min  - vu 459 fois

ÉDITORIAL Municipales : le temps des choix

Les arènes de Nîmes sous le soleil

- Photo Noémie Meger

Entre abstention, colère et poussée de l’extrême droite, le premier tour dans le Gard révèle une démocratie fragilisée. À une semaine du second tour, les forces républicaines sont face à leurs responsabilités.

« Ce sera nous ou eux. » Les mots de Jean-Luc Mélenchon résonnent forcément ce matin, au lendemain du premier tour des municipales. Dans le Gard aussi. À Arles comme à Lunel, les maires sortants sont en bonne position pour l’emporter dimanche prochain. Cette formule n’est pas seulement un constat. Elle est aussi le résultat d’une stratégie patiemment construite depuis des années : installer un face-à-face permanent, brutal, avec l’extrême droite. À force de taper sur leurs anciens alliés, à force de vouloir réduire la vie politique à un duel unique, certains ont fini par offrir à l’extrême droite ce qu’elle recherchait depuis longtemps : une place centrale dans le débat. D’abord au niveau national. Désormais aussi dans nos territoires. Les polémiques permanentes, les discours conflictuels produisent toujours les mêmes effets. D’un côté, des électeurs écœurés qui ne se déplacent plus pour voter. De l’autre, des électeurs en colère, prêts à renverser la table. Le phénomène observé dimanche peut-il se confirmer dans sept jours ? Tout dépendra d’un sursaut. Même Alès n’est plus totalement à l’abri. C’est dire. Face à cette situation, les progressistes n’ont plus beaucoup d’options. En responsabilité, ils doivent faire bloc. À Nîmes, la capitale du Gard, la finale s’annonce à haut risque. Franck Proust et Julien Plantier, héritiers politiques de Jean-Paul Fournier, n’ont guère d’autre choix que de s’entendre. La main tendue par l’extrême droite a été rejetée. Et c’est heureux. Une alliance de la droite et du centre, autour d’une liste fusionnée, peut contenir l’opportunisme frontiste. Elle sera critiquée. Sans doute violemment. Mais Proust et Plantier ont infiniment plus en commun entre eux qu’avec l’extrême droite. La défaite ne doit jamais s’ajouter au déshonneur. Dans le même temps, Vincent Bouget et Amal Couvreur réalisent un score conforme aux prévisions. Ils arrivent deuxièmes, quasiment à égalité avec le RN — à 164 voix près. La récompense d’une campagne menée pendant deux ans au plus près des habitants. Tous les habitants. Avec constance, sans outrance, loin des pièges des affrontements nationaux. L’union de la gauche s’est construite autour d’une idée simple : parler de la vie quotidienne, concrètement. Le second tour sera décisif. La mobilisation fera la différence. Mais une fois la campagne terminée, il faudra aussi regarder la réalité en face. Comprendre comment nous en sommes arrivés là. Notre ville, notre département sont peut-être malades, comme l’est aujourd’hui notre pays. Car la démocratie, elle, est clairement fragilisée. Comment des candidats qui ne font pas campagne, qui connaissent si mal leur territoire et qui refusent le débat démocratique peuvent-ils atteindre de tels scores ? Les responsables politiques portent leur part de responsabilité. Les citoyens aussi.

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