Publié il y a 1 h - Mise à jour le 13.06.2026 - S.SA - 3 min  - vu 43 fois

GARD "Les vacances ne doivent pas devenir un privilège"

Les bénévoles du Secours populaire du Gard brandissent des chapeaux "Les vacances c'est pas du luxe"

- Soren Samari

À l'occasion des 90 ans des congés payés, le Secours populaire du Gard lance sa campagne "Vacances d'été 2026". À Nîmes, depuis l'auberge de jeunesse Hostel Flamingo, bon nombre de bénévoles ont tenu à rappeler une évidence parfois oubliée : partir en vacances n'est pas un luxe, c'est un droit. 

Il y a des anniversaires que l'on célèbre avec des discours. Et puis il y a ceux que l'on honore en passant à l'action. Ce vendredi matin, le Secours populaire du Gard n'a pas seulement soufflé les 90 bougies des congés payés. Il a surtout rappelé que, près d'un siècle après la grande conquête sociale de 1936, trop d'enfants, de familles, trop de seniors restent encore sur le bord de la route des vacances.

Il faut dire que le symbole était bien choisi. Une auberge de jeunesse, lieu populaire par excellence, héritière de cette époque où les premiers salariés découvraient, parfois pour la première fois, la mer, la montagne, le repos, le temps libre. En 1936, les congés payés ouvraient une brèche dans le quotidien ouvrier. En 2026, le Secours populaire constate que cette même brèche s'est refermée, pour beaucoup. Autour de Fabienne Lauron, secrétaire générale du Secours populaire dans le Gard, les bénévoles ont détaillé les initiatives de l'été. Des séjours, des sorties, des journées bonheur, des familles d’accueil, des ateliers, des enfants qui vont respirer ailleurs que dans leur quartier, des parents qui vont pouvoir souffler, des souvenirs qui permettront, à la rentrée, de répondre autre chose qu’un silence quand la maîtresse demandera : “Et toi, qu’est-ce que tu as fait pendant les vacances ?

"Le droit aux vacances, c'est essentiel"

Le Secours populaire le martèle : les vacances permettent de reprendre des forces, d'oublier un temps les factures, les fins de mois impossibles, les soucis de logement, de santé ou d'isolement. Elles fabriquent aussi de l'autonomie, de la confiance, des liens sociaux : elles réparent.

Dans le Gard, c'est plusieurs dizaines d'initiatives qui sont prévues pour cet été. Du 6 au 15 juillet, des familles partiront quatre jours dans les Cévennes, à Saint-Sauveur-Camprieu, près d'un lac. Au programme : découverte de la station météo du Mont Aigoual, visite d'un élevage de bisons, exploration de l'abîme de Bramabiau, randonnées, mais aussi sophrologie et temps de bien-être pour les mamans. Les plus petits, eux, resteront avec les animateurs pour des activités adaptées.

"Certaines familles ne sont jamais parties dans les Cévennes" rappelle Catherine Marino, référente étudiante au Secours populaire français du Gard (SPF30).

Les affiches du Secours populaire donnent le ton de la campagne vacances 2026. • Soren Samari

Des enfants accueillis et des familles qui ouvrent leur porte 

Le dispositif "Familles de vacances" prendra également le relais. En effet, des familles gardoises accueilleront des enfants venus d'autres régions pendant deux semaines. En parallèle, des petits Gardois partiront eux aussi, notamment en Gironde. Cette année, une vingtaine d'enfants sont concernés par ces accueils croisés. Derrière les chiffres, une organisation millimétrée, des bénévoles qui rencontrent les familles, accompagnent et restent disponibles pendant les séjours. Le Secours populaire n'est pas dans l'assistanat, mais bien dans l'accompagnement. Et c'est bien ici toute la nuance.

Du 22 au 25 juillet, dix enfants participeront à un stage musical à Junas. Chant, percussions, improvisation, même slam : quatre jours pour monter sur scène, se découvrir autrement, prendre la parole, et sûrement, oser plus tard. Le 20 août, moment fort de cet été solidaire : la Journée des oubliés des vacances. Trois cents enfants sont attendus au parc AquaForest, en Cévennes. Le matin, c'est une toute autre dimension ; des visites, notamment autour de la Bambouseraie, de la grotte de Trabuc ou du parc des dinosaures. Puis un pique-nique vio, une sensibilisation à l'environnement, avant une après-midi d'accrobranche, d'aquajump et de jeux en plein air. Là encore, ces vacances sont aussi une façon d'apprendre le monde.

"Je n'ai pas forcément les moyens d'offrir un voyage à mon fils" 

La parole la plus forte est parfois la plus simple. Yasmina, étudiante en Master 2 et bénévole au Secours populaire, accompagne des enfants pour l'aide aux devoirs. Elle est aussi maman. "Je n'ai pas les moyens d'offrir un voyage à mon fils", confie-t-elle. Grâce au Secours populaire, elle pourra partir quelques jours, quitter Nîmes, profiter de la nature, respirer. À ses côtés, Jawed, 16 ans, bénévole lui aussi, participera à l’animation des activités sportives et des jeux. Football, basket, volley, jeux de société : le jeune bénévole incarne cette autre particularité du Secours populaire. Les jeunes aussi ont leur place dans la solidarité.

90 ans après, le combat continue

C'est en 1936 que les congés payés ont changé la vie de millions de Français. En 2026, le Secours populaire rappelle que ce droit n'est pas totalement réalisé. Un enfant sur trois ne part toujours pas en vacances. Et dans une société où tant de familles vivent au jour le jour, offrir quatre jours à Camprieu, deux semaines dans une famille d’accueil ou une sortie à la mer, c’est déjà rendre à toutes ces familles un morceau d’avenir.

Pour effectuer un don, vous pouvez vous rendre sur le site internet du Secours populaire en cliquant sur le lien suivant : www.secourspopulaire.fr/30.

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