C’est un projet industriel de production de carburants de synthèse, au service de la souveraineté énergétique, que MGH Energy a remporté lors de l'appel à projets dit du site clé en main France 2030. La compagnie maritime est sortie du lot après le lancement de l’appel à projets. Mardi 10 février, Jean-Christian Rey, président de l’Agglomération du Gard Rhodanien, Yves Cazorla, maire de Laudun-l’Ardoise, et Monique Novaretti, conseillère régionale, étaient aux côtés de deux acteurs majeurs de cette compagnie maritime, qui réinvente l’énergie et l’industrie. Tous les trois se sont félicités de pouvoir confier cette friche industrielle à MGH Energy, qui tâchera d’en faire bon usage.
Énergie et écologie liées
« On renforce notre second pôle économique, qui est l’industriel », a introduit Jean-Christian Rey. « Toutes les planètes sont bien alignées. 400 emplois seront pérennisés. On montre que l’on peut lier énergie et écologie », souligne Monique Novaretti. « C’est un site à l’arrêt depuis 22 ans. On a travaillé ensemble pour trouver une solution innovante. C’était important d’aller jusqu’au bout », a complété, Yves Cazorla. Pour Gilles Leandro, directeur général de MGH Energy, c’est un premier pas vers un projet industriel grandeur nature : « Cela concrétise un an de travail. On propose, je trouve, un projet cohérent de réhabilitation ». Leur mission est claire : produire des carburants de synthèse, pour approvisionner les transports aériens et maritimes.
Site classé Seveso seuil bas
En principe, l’envie de produire des électro-carburants à partir d’électricité bas carbone et renouvelable, suit les règles, notamment celles liées au Seveso (les sites qui produisent et stockent des substances pouvant être dangereuses pour l’homme et l’environnement, NDLR). « Nous sommes classés Seveso seuil bas. L’usine est dimensionnée pour ne pas le dépasser, sachant qu’il y a une marge de 50 % », rassure Gilles Leandro. Par ailleurs, ce projet a été choisi pour sa capacité à améliorer l’attractivité du territoire, car il « contribuera au développement économique et social du territoire, tout en jouant un rôle clé dans la transition énergétique », explique la note de synthèse. Le projet générera plus de 400 emplois directs, durant la phase de construction, puis 200 en phase d’exploitation.
De l’eau prélevée dans le Rhône
Comment ça marche ? Le processus se déroule en plusieurs étapes, avec « un atout indéniable » : la proximité avec le Rhône : « Une production d’électricité qui alimente ensuite les différentes étapes de la chaîne. L’eau prélevée dans le Rhône est utilisée pour produire de l’hydrogène via un procédé d’électrolyse. Ce procédé permet de décomposer l’eau en oxygène et en hydrogène. » Avant que la science opère : « Le CO2 est capté, afin d’être combiné avec l’hydrogène bas carbone pour synthétiser des électro-carburants. »
L’intérêt de ce projet novateur repose sur un changement de stratégie, plus soucieuse de l’environnement : « Ces carburants de synthèse comprennent les e-méthanol et le e-kérosène, qui sont des alternatives durables aux carburants fossiles », résume le communiqué transmis.
Une équipe de 50 techniciens sera sur le site au quotidien. Ce projet durable, implanté dans le Gard Rhodanien, bouleverse le secteur industriel. Après avoir eu les clés en mains, des études détaillées, des autorisations réglementaires et concertation auront lieu.
Le lancement de la construction est prévu pour 2028, avec la pose de la première pierre la même année. Enfin, le moment tant attendu par l’investisseur et ses équipes est déjà fixé : 2031, avec une mise en service industrielle.