Ce mercredi matin, le soleil se montre pour la première fois depuis des jours, et il y a du monde au marché. Parmi ce monde, les candidats aux municipales et leurs soutiens. On arrive vers 10 heures, en même temps que Philippe Broche et Michel Cegielski, venus rejoindre leurs équipes respectives sur place. Un peu plus loin, on aperçoit le maire sortant Jean-Yves Chapelet en train de discuter avec une administrée, puis deux membres du Rassemblement national munis de quelques tracts, mais pas la candidate Pascale Bordes. Ni le candidat de l'«union des droites » Jean-Marc Touron, du reste. À quelques mètres, Jérôme Jackel taille le bout de gras avec Christophe Prévost.
Le marché ? « C'est un incontournable, qui doit se développer au-delà de son lieu actuel, sur la place de la mairie et sur la place du Château car il est impératif de l’associer aux commerces », lance Philippe Broche, qui en profite donc pour parler économie. « Le marché, si on n'y est pas on nous le fait remarquer, et si on y est on se mélange aux autres candidats », résume Michel Cegielski. Peut-on pour autant parler de baromètre ? « Tout le monde vous fera des sourires, pour moi le baromètre, c'est plus le porte à porte », estime Jérôme Jackel. Pour autant, « j’ai posé tous mes RTT les mercredis », précise-t-il, avant d’arguer de sa connaissance d'un marché qu’il a fréquenté « pendant quatre ans comme producteur. »
La connaissance du marché, le maire sortant Jean-Yves Chapelet la met lui aussi en avant : « j’y suis tous les mercredis, toute l’année, j’y suis chez moi, lance-t-il. Les gens ne sont pas dupes quand ils voient arriver des gens qu’ils ne voient jamais. » Le président de l’Agglomération du Gard rhodanien Jean-Christian Rey, colistier de Jean-Yves Chapelet, passe avec un cabas plein : « il y en a une paire, il leur faut un GPS car c’est la première fois qu’on les voit sur le marché », glisse-t-il, goguenard.
« Ça me régale de voir des gens qu’on ne voit jamais sur le marché », rajoute Christophe Prévost quelques minutes après. Lui vient « pour voir jusqu’où ils (les autres candidats, ndlr) arrivent à pousser le bouchon, je n’ai aucun tract à distribuer », mais aussi pour dire aux gens « votez, pour qui vous voulez, mais votez, et si personne ne vous convient, votez blanc, mais déplacez-vous et signez le registre. »
Sur place, tous les candidats rencontrés affirment bénéficier d’un bon accueil. « Les gens viennent me parler de certains sujets, pas forcément du programme, affirme Jean-Yves Chapelet. Par exemple, une dame est venue me remercier pour les ralentisseurs que nous venons d’installer rue des Eyrieux. » Michel Cegielski admet, pour sa part, profiter des discussions au marché pour « peaufiner les idées » de son programme.
Pour autant, la campagne de terrain ne se résume pas à un mercredi matin place Tamalou. « Il y a aussi le porte à porte, beaucoup de gens passent au local de campagne, et ce ne sont pas les mêmes qu’au marché », détaille Michel Cegielski. « Je commence à voir beaucoup de monde, qui viennent de plus en plus vers mon équipe pour connaître les axes de notre programme, les actions que nous proposons de mener », affirme Philippe Broche, qui se dit « agréablement surpris par la fréquentation » de sa permanence. De ces rencontres, « il y a quelques propositions que j’ai retenues », avance-t-il.
Jérôme Jackel, de son côté, n’a pas de local de campagne, mais mise tout sur le porte à porte. « Tous les soirs et les week-ends, précise-t-il, nous avons déjà fait environ 2 400 appartements, sans compter les 1 200 que nous avions déjà faits avec notre pétition contre la passerelle (le projet de passerelle piétonne et cycliste sur la Cèze porté par la majorité sortante, ndlr). »
Quant à l’ambiance, sur le marché elle reste « bonne, sympa », affirme le maire sortant, rejoint sur ce point par Michel Cegielski, qui évoque « sur le terrain une campagne pas agressive. » Avant de se reprendre : « par contre, sur les réseaux sociaux, ça y va. »