Les Vignerons des 4 chemins ont ouvert leurs portes en grand, le lundi 2 février, pour montrer l’étendue de leur potentiel et de leurs productions de vins. Sur place, des sommeliers et des connaisseurs ont été épatés par la diversité des bouteilles proposées. Leur richesse ? C’est d’avoir des vignobles à perte de vue, qui s’étendent sur une surface totale de 650 hectares en production. Une visite guidée s’est déroulée sur une parcelle, située à environ cinq minutes de la cave, appartenant à deux producteurs adhérents : Grégoire Alauzen de Jérôme Bruguier. Des explications sur la géologie particulière de Laudun-l’Ardoise ont été révélées.
1ère cave comme producteur de vins blancs
70% du vignoble est en appellation AOP (Appellation d’Origine Protégée, ndlr), dont 25% en Côtes-du-Rhône Villages et 25% en Côtes-du-Rhône blanc. Une donnée prestigieuse a été relevée par David Risoul, directeur de la cave : « Notre cave est d’ailleurs le plus important producteur de vins blancs », se félicite-t-il, preuve que leur équipe, a parcouru un long chemin, depuis sa création par « des vignerons visionnaires », en 1960. Lors de la visite introductive, David Risoul et le président Jean François Chabert ont expliqué comment la cave fonctionnait : 40 petites cuves ont notamment été construites, afin de « pouvoir vinifier des petits lots, des sélections parcellaires, d’identifier et vinifier par terroir ou appellations », pour permettre également « d’augmenter la qualité des vins rouges ». Pour rappel, l’aire de production des vins de Laudun s’étend sur la rive droite du Rhône. 170 000 hectolitres (1 hectolitre = 100 L, ndlr), avec un tier de vin Blanc, et deux tiers de vins rouges.
Des vins réputés sous Henri IV
Avant d’en dire davantage sur leurs productions de vins : « La Cave est reconnue pour avoir un vrai terroir à Blanc. Elle élabore des cuvées en IGP Pays d’Oc, des Côtes du Rhône Blanc ». Petit point historique : à l’époque, à la fin du XVIe siècle, les vins de Laudun étaient déjà réputés. Selon le rapport du Cahier des charges de l'appelation d'origine contrôlée "Laudun", l'agronome français, Olivier de Serres, ministre d’Henri IV, a cité les vins de Laudun
parmi les meilleurs vins blancs de France, dans son livre « théâtre de l’Agriculture et mesnage des champs » Des bouteilles ont été donc servies à la table d’Henri IV. La volonté de « produire de grands vins destinés à la mise en bouteille » paraît une mission réussie, en en croire l’engouement suscité lors des dégustations.
Des dégustations pour « voir le potentiel des vins »
Dès la première bouteille débouchée et servie aux invités, les regards se sont illuminés et les narines ont flairé tous les arômes présents dans leurs verres. David Risoul a mené cette dégustation, en distillant des explications : « La grenache doit être un emblématique dans nos vins et nos cépages. Le but des dégustations est de voir le potentiel des vins. Ceux pourront être bus dans 6-7 voire 8 ans », énonce-t-il. Accompagnée de sa femme Noëlle Bardou, Bernard Bardou, sommelier Conseil Caviste et formateur en œnologie, a apprécié pleinement ce moment : « Nous avons été épatés par les blancs, le Magnun de Laudun 2021 et le 2024. On a eu aussi la chance de goûter une clairette blanche en cours d’élevage », raconte-t-il, aux anges.
Georges Truc : J’en ressors avec une auréole sur la tête et en état de véritable jubilation
Parmi les autres invités de marque figurait Georges Truc. Cet oeno-geoloc (métier inventé parlui-même, ndlr), gardera un bon souvenir de cette journée d’œnologie immersive dans le Gad : « L’espace terroir pour implanter un vignoble est formidable, avec une abondance de sable et plaquettes de calcaires. Ce sont des vins de grands finesses tanniques. Des vins avec de jolies amertumes, avec des rouges dominés par le grenache, un peu granuleux. » Avant d’aller encore plus loin dans l’extase : « J’en ressors avec une auréole sur la tête, heureux et en état de véritable jubilation », développe cet homme venu tout droit de Vizan (Vaucluse), qui transmet au plus grand nombre, sa passion pour les vignobles depuis 25 ans.
Près d’une dizaine de vins de la cave des 4 chemins ont été dégustés, lors d’une demi-journée divine, pour les sommeliers venus de divers horizons.