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Publié il y a 2 jours - Mise à jour le 24.11.2022 - Thierry Allard - 3 min  - vu 1298 fois

L'INTERVIEW Corentin Carpentier : "Aymeric Caron nous a rendu un grand service"

Le président de l'Union de la jeunesse taurine de France Corentin Carpentier

- Photo DR/Objectif Gard

La proposition de loi du député LFI Aymeric Caron visant à interdire la corrida doit être débattue ce jeudi à l'Assemblée nationale. À la veille de ce moment, une délégation de passionnés et de professionnels de la corrida est montée à Paris, notamment pour rencontrer des groupes politiques. Le Nîmois Corentin Carpentier, président de l'Union de la Jeunesse taurine française, en fait partie. Interview.

Objectif Gard : Vous êtes à Paris, en délégation, à quelques heures du débat à l'Assemblée nationale sur la proposition de loi Caron. L'idée est de montrer les muscles et de montrer que des défenseurs de la corrida se mobilisent ?

Corentin Carpentier : Exactement ! L'idée de notre délégation, qui est une délégation de moins de 40 ans, est d'arriver à Paris avec la nouvelle génération, pour prouver et montrer aux élus de la nation que la corrida n'est pas uniquement une affaire de cheveux blancs, mais qu'il y a un vrai enracinement, une transmission de la flamme de l'aficion qui s'est faite. D'ailleurs aujourd'hui on rencontre les députés, on voit bien qu'ils sont surpris de voir autant de jeunes défendre la corrida, et c'est plutôt positif dans les échanges qu'on a avec eux. 

Diriez-vous que la corrida n'a jamais été autant en danger qu'aujourd'hui ?

En fait je crois le contraire, c'est-à-dire qu'Aymeric Caron nous a rendu un grand service. À une heure où les problèmes dans ce pays sont majeurs, il a permis de mettre en lumière notre passion et surtout de nous exprimer. Aujourd'hui, on a pu faire des plateaux télé, des radios nationales, des journaux pour parler de notre passion, faire comprendre ce qu'on vit sur les territoires taurins. Donc je crois qu'au contraire, après le vote de demain, la corrida sortira renforcée. On le voit sur le terrain, on a éveillé la curiosité de beaucoup de Français, et je pense que la corrida peut aujourd'hui avoir un coup de fouet suite à cette proposition de loi. Que ça va nous renforcer, nous permettre de construire l'avenir, et de préparer le renouveau de la tauromachie. 

N'est-ce pas de fait le bon moment aussi pour évenutellement débattre d'évolutions potentielles de la corrida ?

Le débat viendra après, pour le moment nous sommes sur une logique qui est de gagner, et dès le 25 novembre, la logique sera de préparer et construire l'avenir de la tauromachie. 

On voit que le sujet divise à l'Assemblée nationale : il y a différentes tendances qui se dégagent dans tous les groupes politiques, Aymeric Caron a lui-même fait évoluer sa proposition de loi, en incluant l'interdiction des combats de coqs et en protégeant la bouvine. Il y a tout de même quelques signaux...

C'est parce qu'aujourd'hui Aymeric Caron est acculé. Au mois de juillet, il avait 80 % des députés qui allaient voter l'interdiction de la corrida, aujourd'hui on est plus à 60, 70 % des députés qui vont voter contre l'interdiction. Il y a eu un basculement profond des votes car il y a eu de la pédagogie, des explications, des députés su sud de la France qui ont fait un vrai boulot de fond pour expliquer à leurs collègues ce qu'est la tauromachie, et donc si Aymeric Caron change son fusil d'épaule à un jour du vote en excluant les courses camarguaises, les courses landaises et en rajoutant les combats de coqs, c'est parce qu'il a le feu, qu'il a bien compris que le combat est quasiment perdu. C'est à nous d'enfoncer le clou. C'est son baroud d'honneur, mais il ne trompera personne, on sait quels sont ses objectifs à terme, la libération animale, mettre l'animal au même niveau que l'homme, donc la course camarguaise et la course landaise font partie de ses cibles à long terme, c'est clair et net. La corrida n'est que son premier combat, il a cinq ans de mandat.

Donc ce n'est qu'un début aujourd'hui ?

Oui clairement. C'est l'aboutissement de plusieurs mois de travail, depuis juillet on est sur le terrain, donc on a hâte que ça passe, que ce soit débattu demain (aujourd'hui, NDLR) et qu'on gagne. Ensuite, évidemment, il ne sera pas question de se reposer sur ces lauriers. Il faudra construire l'avenir de la tauromachie, et il se construira autour de la jeunesse et de la nouvelle génération. 

Thierry Allard

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