Objectif Gard : Vous prenez aujourd'hui le commandement du 503ᵉ RT de Garons. Pouvez-vous revenir sur votre parcours ?
Colonel Fanny Peluttiero : Je suis originaire de Draguignan. J'ai intégré Saint-Cyr en 2004 avant de choisir l'arme du Train. Après huit années passées au 511ᵉ régiment du Train à Auxonne puis dix ans en région parisienne, me voilà dans le Gard. J'ai 41 ans, je suis mariée et mère d'une fille de 13 ans. Ma famille me rejoindra ici à la fin du mois, nous nous installons dans le Gard.
Un mot sur le 503e RT, quelle est sa mission ?
Nous sommes un régiment de logistique. Notre rôle consiste à récupérer ce dont les forces ont besoin pour combattre, à le charger, le transporter, le protéger et le livrer. Sans logistique, une armée ne peut pas fonctionner. En temps de paix, le 503e RT participe aux missions de transports régulières sur le territoire national, appuie les mouvements des unités militaires lors des grands déploiements, fournit des moyens d’aide à la projection, participe au plan Vigipirate, aux missions d’aide aux services publics, aux actions humanitaires et de solidarité et enfin aux missions de souveraineté dans les DOM-COM. Une partie de son personnel est en dispositif d’alerte, en mesure d’intervenir à court préavis en opérations, dans le domaine logistique. En temps de guerre, le régiment, disposant de moyens importants de transmission, dans le cadre de la numérisation de l’espace de bataille (NEB), armerait et mettrait en œuvre une zone fonctionnelle ravitaillement-transport.
Vous devenez la première femme chef de corps de l'histoire de l'arme du Train. Que représente cette nomination ? Quels seront vos premiers défis à la tête du 503e régiment du Train ?
C'est une première, effectivement. Mais je considère surtout que pour bien commander, il faut être soi-même avant tout. Il faut aimer cette responsabilité, avoir les compétences et les qualités nécessaires. Le fait d'être un homme ou une femme ne change pas grand-chose à cela. Le premier rendez-vous sera le défilé du 14 juillet sur les Champs-Élysées. C'est un très grand honneur et aussi un défi, car c'est un exercice que nous pratiquons rarement dans une telle ampleur. Près de 90 militaires du régiment y participeront.
Le régiment va également intégrer l'Allied Reaction Force de l'Otan. Qu'est-ce que cela implique ?
À partir du 1ᵉʳ juillet, une partie importante du régiment sera placée en alerte pendant un an. Cette force doit pouvoir intervenir rapidement si l'Otan en décide ainsi. Cela suppose une préparation permanente, des entraînements réguliers et le maintien d'un haut niveau de disponibilité opérationnelle.
Vous évoquez une préparation à la haute intensité. Comment cela se traduit-il concrètement ?
Depuis plusieurs années déjà, nous adaptons nos entraînements. Les menaces évoluent, les conflits évoluent. Nous renforçons aujourd’hui la préparation opérationnelle, nous habituons nos unités à travailler dans des conditions difficiles et nous tirons les enseignements des conflits actuels.