Objectif Gard : Comment se déroule votre campagne ?
Carole Bergeri : L’été est studieux. C’est le cas pour toutes les campagnes sénatoriales puisque l’élection est en septembre (Carole Bergeri a participé aux sénatoriales de 2014 et 2021, NDLR). J’essaie d’aller à la rencontre d’un maximum de maires des 350 communes du Gard. Quand on rencontre le maire, il y a l’ensemble des élus, donc les grands électeurs. C’est plutôt bien. Ça permet à chacun de se faire son avis. Je trouve qu’ils sont très intéressés par les élections sénatoriales.
« Je serai la sénatrice de tous les élus gardois »
Comment choisissez-vous les communes dans lesquelles aller en priorité ?
J’essaie de faire mes rencontres par canton, en regroupant les rendez-vous. Si je suis élue sénatrice, je serai la sénatrice de tous les élus gardois, même de ceux qui n’ont pas voté pour moi.
Prévoyez-vous, par exemple, d’aller à Bagnols ou Vauvert, villes dirigées par le RN ?
Pas pour l’instant. On verra. Vous savez, beaucoup de grands électeurs ne sont pas encartés dans un parti. Je les écoute, ils me parlent de leurs difficultés. J’essaie de les convaincre que ma candidature est la meilleure.
Sur le terrain, quelles problématiques reviennent le plus souvent ?
Ils ont des questions concrètes sur les finances, la lourdeur administrative, ou encore l’avenir de l’agriculture... Pour prendre le sujet des vignes, que je connais bien puisque mon père a été vigneron toute sa vie, il y a plusieurs difficultés : renouvellement des générations, accès à l’eau… Les terrains agricoles laissés en jachère peuvent aussi accroître le risque d’incendie. Tous ces sujets sont liés à d’autres. En tant qu’ancienne maire et toujours conseillère départementale du canton de Pont-Saint-Esprit, je connais bien ces problématiques. Les maires ont des idées, nous avons des échanges très constructifs.
Quelle sorte de sénatrice serez-vous si vous êtes élue ? Quelle proposition de loi pourriez-vous porter ou dans quelle commission souhaiteriez-vous siéger ? ?
Je suis et je serai toujours une élue de terrain. Il y a des sujets comme l’agriculture, on ne peut pas passer à côté. Mais il y a aussi des sujets liés à l’éducation qui me touchent particulièrement en tant que professeure de français dans un lycée professionnel d’Alès. Je ne suis pas déconnectée de la vie de ces jeunes. À travers eux, on touche aussi du doigt le monde du travail. C’est important de se concentrer sur les citoyens de demain. Et puis, il y a aussi la prochaine loi de finances pour 2027. Il va falloir être vigilant sur le maintien des dotations ainsi que sur l’investissement public, primordial pour l’avenir du territoire.
« Les grands électeurs ne me parlent pas de la Présidentielle »
À un an de la présidentielle, ce scrutin est-il perçu d’une manière particulière par les maires ?
Les grands électeurs ne me parlent pas de la présidentielle. Certains nouveaux maires sont élus depuis quatre mois. Ils ont des problématiques d’ingénierie… Je sais par quoi ils sont passés, j’ai été à leur place avant. C’est là que notre expérience prend tout son sens. Je ne leur demande pas pour qui ils voteront à la présidentielle. Je ne veux pas mettre les personnes mal à l’aise ou en porte-à-faux. Chacun fera son choix en âme et conscience le jour du scrutin.
Où en êtes-vous de la composition de votre liste ?
Ah ah ! Il y en a qui ont choisi de présenter d’abord leur liste et de faire campagne. Moi, je fais campagne et je présenterai ma liste ensuite.
Vous êtes non encartée. Dans quel groupe siégerez-vous au Sénat ?
Vous n’êtes pas obligé d’être encarté pour être rattaché administrativement à un groupe. Vous avez des groupes « socialistes », « écologistes », « républicains »…
… C’est le cas au Conseil départemental… Dans le groupe de la présidente PS, il n’y a plus beaucoup de socialistes…
Exactement. Après, au Sénat, il faut arriver à négocier sa place. Moi, je n’ai ma carte nulle part. Que vont-ils me proposer les présidents de groupe ? Leur intérêt est d’avoir un maximum d’élus pour avoir des moyens. Puisque le Sénat est à droite, il y a forcément des places réservées aux élus de l’opposition.
« M'accuser de faire élire un sénateur RN, c’est faux ! »
Vous êtes une élue de gauche, non encartée. Lors de son entrée en campagne, Denis Bouad et son équipe vous ont accusée de favoriser l’élection d’un sénateur RN. Comment réagissez-vous à ça ?
Le RN est installé dans le paysage politique gardois. Je le combats avec Christophe Serre, président de l’Agglomération du Gard rhodanien. Nous l’avons battu sur notre canton. Comment ? En allant convaincre les gens. Ce discours (de Denis Bouad, NDLR), c’est surtout pour culpabiliser l’autre et ainsi, se déculpabiliser soi-même. Moi, j’avance. M'accuser de faire élire un sénateur RN, c’est faux ! D’ailleurs, je ne suis pas sûre que les grands électeurs l’entendent comme ça…
Mathématiquement, votre candidature divise les voix à gauche.
Le problème est plus profond. La vraie question est ailleurs : pourquoi une partie de l'électorat de gauche vote-t-elle RN ? Il faut essayer de comprendre ce vote et ne pas stigmatiser les gens.
Enfin, sur les réseaux sociaux, vous avez partagé votre passion pour la belote. Un lien avec les stratégies politiques dans ce scrutin sénatorial ?
Sourire. Si vous voulez… Vous savez, dans tous les villages de notre territoire, on joue à la belote et aux boules. Et, pour filer la métaphore, à la belote, on a toujours un coéquipier.
Vous l’avez trouvé en la personne de Christophe Serre, votre binôme sur le canton de Pont-Saint-Esprit.
Et, à la belote, il faut avoir, en plus, quelques atouts…