Publié il y a 2 h - Mise à jour le 29.08.2025 - Propos recueillis par Abdel Samari - 4 min  - vu 196 fois

L'INTERVIEW La députée européenne socialiste Chloé Ridel : "Une autre politique est possible"

Chloé Ridel dans son nouveau bureau, avenue Jean-Jaurès.
Photo Lïana Delgado

"Vincent Bouget est un candidat de grande qualité pour prendre la mairie de Nîmes, c'est un souffle d'espoir pour notre ville."

La députée européenne du Gard, porte-parole nationale du parti, Chloé Ridel est à Blois pour les Universités d'été du Parti socialiste. Alors que l'actualité politique nationale est riche avec un gouvernement Bayrou qui pourrait être renversé, comment les socialistes se préparent-ils à l'alternative du pouvoir ? Interview.

Objectif Gard : Les universités d’été du Parti socialiste ont lieu ce week-end dans un contexte très particulier avec l’annonce de François Bayrou d’engager la confiance de son gouvernement le 8 septembre prochain. Que vont faire les socialistes ?

Chloé Ridel : Ces universités d’été se déroulent sous un signe studieux, parce que la rentrée est mouvementée avec l'annonce de François Bayrou sur le vote de confiance. Les socialistes ont d'ores et déjà annoncé qu'ils allaient voter contre la confiance à François Bayrou, puisqu'on ne peut pas lui faire confiance. C'est un homme qui a refusé le dialogue, qui considère aujourd'hui que son budget injuste est à prendre ou à laisser. Donc le défi que nous nous fixons, c'est de présenter un contre-budget. Afin de montrer que les Français ne sont pas condamnés à la purge. Qu'il est possible de rétablir nos finances publiques autrement, avec des efforts sur plusieurs années, avec une contribution aussi demandée aux plus riches, aux grandes entreprises, à tous ceux qui ont contribué à la crise. Bref, qu'une autre politique est possible.

Les propositions ne peuvent-elles pas être négociées avec le Premier ministre actuel pour faire bouger les lignes ?

Ça fait plusieurs mois que le Parti socialiste a ouvert la porte aux négociations. Pour l'instant, nous n'avons pas été entendus, et ce que fait François Bayrou, c'est une sorte de fin de non-recevoir de la discussion. Il dit : faites-moi confiance ou rien. Mais si nous mettons sur la table des propositions alternatives, nous attendrons de voir quelle sera la réaction du gouvernement et de François Bayrou.

Si le gouvernement de François Bayrou est renversé, quelles sont les alternatives pour les Français ?

Les alternatives, malheureusement, sont peu nombreuses. Depuis la dissolution, notre pays est condamné à une forme d'instabilité. Aujourd'hui, le débat politique est monopolisé par des questions de gestion, de déficit public qui, je crois, angoissent les Français et ne les passionnent pas. Donc, la responsabilité d'Emmanuel Macron est écrasante. Je crois qu'il faut quand même le rappeler. C'est sous son mandat, depuis huit ans, que la France a accumulé 1 000 milliards de dettes supplémentaires. Et c'est à cause de sa décision de dissoudre l'Assemblée nationale il y a plus d'un an qu'on se retrouve dans cette instabilité chronique. Nous, au Parti socialiste, on décide de bâtir l'avenir, de le construire, donc on travaille à un nouveau projet pour la France, à une proposition alternative de budget. Et on espère pouvoir, si on revient aux urnes, cette fois-ci, convaincre le maximum d'électeurs que nous sommes l'alternative qu'il faut choisir pour ce pays.

En tant que députée européenne, vous avez des échanges avec nos voisins européens. Que pensent-ils du chaos politique et économique qui se déroule en France ?

La France, c'est un grand pays, c'est un grand pays européen, et donc l'instabilité chronique, le fait qu'on change de Premiers ministres tous les six mois désormais, inquiète énormément nos partenaires. Ils ont besoin que la France porte sa voix dans un moment où l'Europe, on le voit, est menacée par Donald Trump, est menacée par la Russie.

Parlons de politique locale, quelle est la place du Parti socialiste dans le dispositif qui sera proposé par Vincent Bouget, tête de liste de l’union de la Gauche à Nîmes ?

Le Parti socialiste a construit cette union de la Gauche à Nîmes et donc le Parti socialiste en sera totalement partie prenante. Je pense que cette gauche unie autour de Vincent Bouget, un candidat de grande qualité pour prendre la mairie de Nîmes, c'est un souffle d'espoir pour notre ville. C'est l'espoir d'une alternance, après quatre mandats de Jean-Paul Fournier. Avec une nouvelle mairie, une nouvelle équipe municipale qui s'intéressera aux grands enjeux pour notre ville.

Est-ce que vous pourriez en être ?

Moi, j'accompagnerai de toutes mes forces cette dynamique.

Mais est-ce que vous pourriez être sur la liste ?

Pour l'instant, ce n'est pas encore défini.

En avez-vous envie ? 

En tout cas, j'ai envie d'être utile autant que je le peux. Moi, je ne suis pas forcément pour le cumul des mandats. J'essaie de me concentrer sur mon mandat européen. Ça me prend beaucoup de temps. Mais en même temps, j'ai envie d'accompagner cette dynamique d'union de la gauche à Nîmes pour les élections municipales.

Et que va-t-elle défendre auprès des Nîmois, cette union de la gauche ?

On a entamé cette démarche extraordinaire qui s'appelle « Si je vous dis Nîmes » où on a organisé des réunions citoyennes dans tous les quartiers. On a eu beaucoup de monde. On a recueilli la parole des Nîmoises et des Nîmois, leur désir pour l'avenir de notre ville. Je crois qu'il y a déjà quelque chose d’urgent à faire pour lutter contre la ghettoïsation de notre ville. Beaucoup de choses ont été faites pour le centre-ville ces dernières années, mais peu pour les quartiers populaires. Et aujourd'hui, ça nous revient en boomerang parce que ces quartiers cumulent de la pauvreté, de l'insécurité. Il y a aussi à Nîmes un problème d'adaptation aux canicules et aux inondations. Enfin, il y a aussi la question de l'éducation, de l'équipement de nos écoles, de nos cantines scolaires pour que nos enfants puissent apprendre dans les meilleures conditions. Sans oublier la culture aussi. Il faut faire en sorte que Nîmes soit une ville vivante, pas simplement une ville qu'on visite l'été en touriste. Pas uniquement une ville musée, mais une ville qui vibre et qui attire une nouvelle population, des jeunes notamment. Parce que c'est comme ça qu'elle se développera et qu'elle vibrera.

Propos recueillis par Abdel Samari

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