Publié il y a 1 h - Mise à jour le 24.04.2026 - Propos recueillis par Yannick Pons - 3 min  - vu 90 fois

L'INTERVIEW Patrick Massiah : « Quand je reviens dans le Gard, j’ai vraiment cette sensation de rentrer chez moi. »

Patrick Massiah, 16 mai 2024

Patrick Massiah

- @Stéphane de Bourgies

Au Théâtre du Roi René, dans le Off d’Avignon, Patrick Massiah livre une performance intime, vive et souvent très drôle. L’acteur et metteur en scène, passé par le Gard dans son enfance, remonte le fil d’une vie marquée par les départs, les amours cabossées, l’autodérision et la découverte du théâtre.

Acteur, metteur en scène, adaptateur de textes, Patrick Massiah signe ici son premier texte original qu’il interprète lui-même. Un récit nourri de souvenirs, ancré dans une trajectoire qui passe par le Maroc, le Gard, Montpellier et Nice. Une autofiction où l’acteur raconte ses échecs amoureux, son rapport à la mère, la construction d’une personnalité. Des passages très écrits côtoient l’improvisation.

Objectif Gard : Patrick Massiah, vous êtes en quelque sorte un Gardois ?

Patrick Massiah : C’est là que tout commence pour moi. Quand mes parents quittent le Maroc, ils me laissent dans le Gard, chez mon grand-père maternel, à Saint-Julien-de-Casagnas, du côté des Fumades. Il était militaire de carrière, il avait fait Verdun, et moi j’arrive là enfant, un peu perdu. C’est là que j’ai appris à parler, que je me suis construit. J’y suis resté assez longtemps, et ça laisse une trace très forte. Quand je reviens dans le coin, à Nîmes pour la feria ou ailleurs, j’ai vraiment cette sensation de rentrer chez moi. D'ailleurs, je rêve d'acheter une maison ici.

Vous présentez votre propre texte sur scène. Qui êtes-vous aujourd’hui en tant qu’artiste ?

Je suis acteur et metteur en scène, et c’est la première fois que j’écris un texte que je joue. J’ai adapté des romans, mais là je raconte mon histoire. C’est un solo qui part de mon enfance, de ce moment où mes parents me laissent dans le Gard, chez mon grand-père, après le Maroc. C’est là que tout commence.

Le théâtre semble occuper une place particulière dans votre parcours.

C’est un refuge. J’ai eu le déclic à huit ans, en découvrant Molière après une histoire avec mon frère, que je raconte dans la pièce. C’est là que j’ai eu le coup de foudre pour le théâtre. Depuis, ça ne m’a plus quitté. Dans le spectacle, il y a des allers-retours entre aujourd’hui, l’enfance et cette découverte. On voit comment tout s’est construit à partir de là.

Votre spectacle parle beaucoup d’amour, ou plutôt d’échecs amoureux.

Oui, je raconte mes échecs depuis la naissance. Même la sage-femme, malgré mes cris persistants, n’a jamais voulu me revoir (Rires). Mais derrière, il y a quelque chose de plus profond. Au début du spectacle, je dis que quelques jours après l’enterrement de ma mère, je ressens un sentiment de légèreté, et je me demande si je l’ai mal aimée. Et puis je tire le fil. Ça parle de la mère, de la construction, de l’adolescence, de l’entrée en sixième. Il n’y a pas de réponse. C’est un constat, et chacun y met ce qu’il veut.

Vous parlez de passages très écrits mais aussi d’improvisation. Comment cela se traduit sur scène ?

C’est très écrit, mais à l’intérieur il y a des espaces de liberté. Ce n’est pas du stand-up, c’est vraiment du théâtre. Mais le public peut m’emmener ailleurs. Par exemple, l’entrée en sixième, c’est un moment complètement délirant, qui fait beaucoup rire, et selon les réactions je peux aller plus loin. Il y a aussi des moments plus tendres, plus sensibles, où je suis en communion avec le public. Ça alterne en permanence.

Comment se passe justement cette rencontre avec le public ?

Il y a un lien très direct. Comme c’est moi qui ai écrit et mis en scène, j’ai une certaine liberté. Les gens réagissent beaucoup, ils se reconnaissent. Certains me disent que mon histoire, c’est la leur. Il y a du rire, beaucoup d’autodérision, et en même temps des moments plus intimes. Mais ce n’est jamais triste.

Informations pratiques

Festival Off Avignon 2026
Théâtre du Roi René
Durée 1h15
Du 4 au 25 juillet 2026 (relâche les mercredis : 8, 15 et 22 juillet)

Production Compagnie Le Tapis Volant
Contact 06 12 43 92 18
Mail compagnieletapisvolant@yahoo.fr

Instagram
https://www.instagram.com/patrickmassiah/

Lien Youtube

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Propos recueillis par Yannick Pons

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