Publié il y a 1 h - Mise à jour le 24.04.2026  - 3 min  - vu 146 fois

FAIT DU JOUR Avec « Le Gardon », Orano investit dans son ingénierie et confirme la bonne santé du nucléaire

Le nouveau bâtiment de l'ingénierie d'Orano Projets a été inauguré ce jeudi matin, à Pierrelatte

- Thierry Allard

Il s’appelle « Le Gardon », mais n’est pas dans le Gard : le nouveau bâtiment d’Orano Projets, la filiale ingénierie d’Orano, a été inauguré ce jeudi matin à Pierrelatte (Drôme). Au-delà de l’investissement de près de 7 millions d’euros, ce bâtiment rénové et agrandi acte un peu plus la reprise du nucléaire, dans un contexte de recrutements massifs à l’orée de projets d’envergure.

« Le Gardon », drôle de nom pour un bâtiment à Pierrelatte, plus près du Rhône que de notre bonne vieille rivière gardoise. Ce nom, il le tient d’un ruisseau qui courait autrefois dans ce qui est devenu une zone industrielle, et qui donne son nom à la rue où il se situe. Un clin d’oeil pas vraiment prémédité pour une filiale d’Orano qui a aussi ses quartiers dans le Gard, à une vingtaine de kilomètres de là, à Bagnols, et qui emploie les ingénieurs du géant du nucléaire.

Des ingénieurs en première ligne des projets en cours, comme l’extension de l’usine d’enrichissement d’uranium Georges-Besse 2, à Pierrelatte, ou à venir, comme l’Aval du futur, avec notamment la construction d’une nouvelle usine de MOX(*), sur le modèle de d’usine existante Melox, à Marcoule, cette fois à La Hague, projet sur lequel planchent 80 ingénieurs à Pierrelatte. « Les installations seront regroupées à La Hague, mais les savoir-faire et l’historique des connaissances pour l’usine de MOX sont ici », précise Gilles Rousseau, directeur de l’usine de MOX du futur à La Hague. Avec pour but de faire démarrer cette nouvelle usine à l’horizon « 2038-2040, pour la faire fonctionner jusqu’à 2120 », précise-t-il.

Les nouveaux bureaux accueillent notamment les ingénieurs du projet de l'Aval du futur • Thierry Allard

657 recrutements en 2025

Dans ce contexte, Orano a besoin d’ingénieurs, de beaucoup d’ingénieurs : l’ingénierie d’Orano compte 2 500 salariés en France, dont 800 sur la partie sud et est de la France, à Dijon, Aix, Bagnols et Pierrelatte. Or, « les nombreux projets vont faire croître notre ingénierie à plus de 4 000 collaborateurs à terme, avance Guillaume Dureau, directeur des projets et de l’ingénierie, de la R&D et des nouvelles activités chez Orano. En 2019, nous en avions 1 200. Nous recrutons au minimum 500 personnes par an, voire plus. »

Ainsi, 657 personnes ont été recrutées dans l’ingénierie d’Orano en 2025, dont 150 rattachées à l’établissement de Pierrelatte, et plus de 130 recrutements sont prévus en 2026. Dans ce contexte, le bâtiment de Pierrelatte, du haut de ses quarante ans, était devenu trop exigu et plus au goût du jour. « Il était nécessaire de le rénover et de l’agrandir pour accompagner la croissance de l’activité et offrir un cadre agréable », pose le directeur de l’établissement de l’ingénierie Orano sud-est Denis Lyonnet.

« Un engagement de confiance dans notre avenir »

Le chantier a pris deux ans, et a été co-construit avec les salariés. On y retrouve désormais, sur une surface d’un peu plus de 5 600 mètres carrés, soit environ 1 700 mètres carrés supplémentaires, 420 postes de travail en flex-office contre 300 auparavant, 39 salles de réunion, un auditorium de 200 places, des espaces conviviaux et de détente, un réfectoire de 150 places, mais aussi un fablab équipé d’imprimantes 3D destinées notamment au prototypage, ainsi qu'une salle de réalité virtuelle pour la conception. Désormais, le bâtiment peut accueillir jusqu’à 600 collaborateurs, contre 300 auparavant. « Pour accompagner notre croissance, nous avons besoin de conditions attractives, qui se matérialisent aussi par les conditions d’accueil », résume Guillaume Dureau.

Le bâtiment dispose d'une salle de réalité virtuelle • Thierry Allard

Qui voit dans ce projet « un engagement de confiance dans notre avenir », le nucléaire ayant plus que jamais le vent en poupe de par son énergie décarbonnée et aussi, peut-être surtout par les temps agités qui courent, pour une question de souveraineté énergétique. « L’objectif est de réduire notre dépendance aux énergies fossiles, le contexte actuel vient rappeler l’importance de développer nos pépites, que ce soit pour l’économie, l’environnement ou la société », affirme le le secrétaire général de la préfecture de la Drôme Cyril Moreau. Et, plus localement, ce projet marque « un ancrage fort, dans la durée » d’Orano, souligne le maire de Pierrelatte Alain Gallu, tout en notant que le chantier a été conduit par des entreprises locales. La sénatrice de la Drôme Marie-Pierre Mouton y voit quant à elle « un signal fort pour attirer de nouveaux talents ».

* Le MOX ?

Il s’agit d’un mélange d’oxydes d’uranium et de plutonium, le plutonium résultant de la réaction nucléaire de l’uranium enrichi utilisé dans les centrales. Le MOX permet de valoriser 96 % du combustible usagé. Fabriqué dans le Gard, à Melox, seule usine au monde de ce type, le MOX prend la forme d’assemblages. Un seul assemblage permet d’éclairer l’équivalent d’une ville de 100 000 habitants pendant un an. Parallèlement, le MOX permet de réduire la quantité de déchets ultimes, et d’économiser l’uranium : depuis les débuts son utilisation en France, 18 000 tonnes d’uranium naturel, soit deux ans de consommation du parc français, ont ainsi été économisées. 10 % de l’énergie nucléaire française est issue du MOX, qui a déjà alimenté 44 réacteurs dans le monde, notamment au Japon.

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