C’est une évidence pour Gabin, vice-président du comité des fêtes de Ners et enfant du village : « Ça faisait trois ans qu’il n’y avait plus de fête ici. Voir le village s’éteindre petit à petit, c’était dur. » Avec six autres membres, il a décidé de redonner vie à cette tradition, « comme nos parents l’avaient fait avant nous. On avait la motivation de redonner du sens à Ners, et surtout à sa fête votive. »
L’ancienne équipe, épuisée par des années d’engagement et des contraintes budgétaires, avait jeté l’éponge. « Manque de budget, manque de moyens, manque d’envie aussi », explique Gabin. Mais l’appel des jeunes a résonné. Après des petits événements tests, comme une tombola en décembre, un repas convivial, un tournoi de foot en hommage à Sélim Amrane, un ami disparu, le comité a osé se lancer : « On s’est dit, quitte à installer un DJ, autant faire une fête sur deux ou trois jours. »
Chériane, secrétaire et responsable communication, confirme : « Les retours des habitants nous ont poussés. Beaucoup nous disaient : "Si vous faites la fête, il faut la faire jusqu'au bout !" » La nostalgie a joué son rôle : « Ners, c’était réputé pour sa fête. Les gens avaient envie de la revoir. »
Une organisation collective et solidaire
Le nouveau comité, composé de sept membres, a pu compter sur un soutien précieux : « Les anciens nous ont toujours dit qu’on pouvait compter sur eux », souligne Nina, vice-secrétaire. « Ils ont de l’expérience, et sans eux, on n’y serait pas arrivés. » Malgré leur retrait officiel, les anciens membres restent actifs, « derrière le bar, pour les conseils, ou pour donner un coup de main ».
L’organisation a demandé des mois de préparation. « On est dessus depuis trois ou quatre mois », précise Chériane. « Il a fallu tout gérer : les forains, les DJ, les autorisations… » Les forains, viendront avec leur propre installation, « autonomes sur le parking », et deux food trucks compléteront l’offre.
Une vingtaine de bénévoles, « des fidèles », assureront le bon déroulement. « On gérera surtout le bar et la distribution des goodies », explique Chériane. « Les forains et les abrivados se gèrent eux-mêmes. » Quatre agents de sécurité seront présents chaque soir, et une ambulance sera sur place de 17h30 à 1h du matin.
Un programme festif et varié
Vendredi 19 juin, la fête débutera à 17h avec l’ouverture du bar et de la fête foraine, animée par Merakrom. À 18h, l’abrivado Bandido (Manade Leron) lancera les festivités, suivi d’un apéro animé par Hocine à 19h. La soirée se poursuivra avec DJ Pierre Langlois à partir de 22h et jusqu'à 2 heures du matin.
Samedi 20 juin,dès 10h, un petit-déjeuner des vaillants, offert par la Société de chasse de Maruéjols, ouvrira la journée. À 12h, un apéro avec un festival de DJ est prévu. L’après-midi sera rythmée par un tournoi de pétanque (inscription à 14h, 50€ + mises) et deux abrivados à 18h et 20h. La soirée sera animée par DJ Pierre Langlois, puis par Maxro, DJ résident du Milk à Montpellier, à partir de 23h pour conclure à 2 heures.
Dimanche 21 juin, à 12h, un repas à base de cuisse de taureau (17€/personne) sera servi, avec une ambiance musicale assurée par le groupe Jeri’z. L’après-midi proposera un nouveau tournoi de pétanque (inscription à 14h) et un festival de DJ à 14h. La fête se clôturera à 17h, avec une animation musicale gratuite dans le cadre de la Fête de la musique.
Une fête pour tous, par tous
L’ambiance sera « conviviale, bonne enfant, avec de la musique pour toutes les générations », promet Chériane. Les DJ, tous liés au village, ont répondu présents : Hocine (originaire de Ners), Pierre Langlois, ou encore Gillian de Merakrom. « On veut que tout le monde y trouve son compte », résume Pierre Langlois. « On s’adaptera à la clientèle, pour garder l’ambiance et jouer en fonction de leur envie. »
Les T-shirts de la fête, déjà commandés à 102 exemplaires, et les casquettes témoignent de l’engouement. « On offrira aux fidèles et on jettera aussi des goodies dans la foule », ajoute Nina.
Un objectif simple : que la fête vive
Pour le comité, une fête réussie, « c’est d’abord rembourser les frais. On ne cherche pas à faire des bénéfices, juste à équilibrer les comptes », explique Nina. « Mais surtout, il faut que les gens soient là, qu’ils passent un bon moment, et qu’ils en redemandent l’année prochaine. » Gabin conclut : « Si on sent que la fête fait parler, que les gens sont contents et qu’ils veulent qu’on recommence… on aura tout gagné. »