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Publié il y a 8 mois - Mise à jour le 12.03.2022 - corentin-corger - 3 min  - vu 1548 fois

NÎMES Au Mas de Mingue, des femmes motivées pour apprendre le français

Nadia, la professeur de Français, applaudie par ses élèves et Amal Couvreur (Photo Corentin Corger)

Nées à l'étranger, principalement au Maroc, elles sont arrivées en France depuis une dizaine d'années. Afin de devenir plus autonomes, ces femmes ont décidé de prendre des cours pour mieux maîtriser oralement la langue française et améliorer leur culture générale. 

Ce mardi 8 mars est un jour de fête dans le petit local de la rue Clément Marot situé dans le quartier du Mas de Mingue. Pour cette journée internationale des droits des femmes, elles sont une dizaine à s'être réunies pour partager un moment convivial autour d'une table bien remplie. L'occasion surtout pour Amal Couvreur, vice-présidente du Département déléguée à la politique de la ville et élue sur ce canton de Nîmes 2, de faire un bilan après la mise en place d'une initiative en septembre 2021.

Lors de sa campagne, plusieurs mères de famille ont sollicité l'élue en lui faisant part de leur envie d'apprendre davantage le Français. Après la réélection du binôme Couvreur-Bastid, ce projet s'est concrétisé grâce au soutien du Carrefour associatif et à la mobilisation de Nadia Goudard, la remplaçante d'Amal Couvreur. Chaque jeudi, elle donne des cours de Français pour travailler principalement l'oral. Sept femmes bénéficient ainsi des leçons de cette ancienne directrice d'école pour mieux maîtriser le vocabulaire et de la conjugaison tout en apprenant des notions de la vie civique française.

Le rôle de chaque collectivité, les valeurs de la République et même l'apprentissage de La Marseillaise font partie du programme étudié. "Elles sont très motivées !", souligne Nadia qui a mis en place une seule règle : "l'interdiction de parler arabe sinon il faut mettre un euro dans la cagnotte." Une immersion complète pendant deux heures où chacune a l'occasion de raconter son parcours en français. "Au début du mois, je peux parler un peu arabe mais à la fin je parle que français !", plaisante ainsi Nora, marocaine de naissance et arrivée dans le Gard en 2010, pour éviter de mettre la main à la poche, à la fois fière et reconnaissante de pouvoir devenir plus autonome.

"Il y a l'autonomie par la langue mais aussi économique"

Parmi les autres élèves, on retrouve Fatiha, également née au Maroc et présente à Nîmes depuis 2003, qui se réjouit d'avoir fait beaucoup progrès en quelques mois d'enseignement. "J'avais pas mal de choses dans ma tête, je bloquais pour les dire et puis j'oubliais", confie-t-elle. Sous le regard bienveillant d'Amal Couvreur, elle est fière de sentir plus intégrée : "je veux parler couramment le Français. J'aime la France, c'est mon pays !". Comme dans toute classe, ces sept femmes issues du quartier du Mas de Mingue ont quelques devoirs à faire à la maison. Elles travaillent aussi l'écrit le lundi avec un professeur de français.

Un petit groupe qui s'exerce aussi lors de l'atelier couture animé par Nadège. Une initiative rendue possible grâce au dévouement de cette dernière, celui de Nadia et également d'Aline, qui a été directrice du Carrefour associatif pendant près de 35 ans. Trois personnalités qui veulent donner l'opportunité à ces femmes de se sentir mieux et plus autonomes dans leur vie quotidienne et notamment effectuer des démarches administratives. Elles réfléchissent désormais à organiser des sorties notamment à la Tour Magne pour découvrir le passé antique de Nîmes.

Une belle opération qui attire d'autres "élèves" mais pour le moment Nadia ne souhaite pas augmenter les effectifs afin de pouvoir garder une attention particulière avec chacune des participantes. C'est ravi de voir tous ces sourires que la vice-présidente au Département a félicité et encouragé cette assemblée. "La maîtrise de la langue est indispensable pour s'intégrer et apporte de l'estime de soi. Il y a l'autonomie par la langue mais aussi économique. Même si vous ne gagnez que 100€ je veux que vous travaillez pour pouvoir ensuite vous faire plaisir avec l'argent que vous-même avez gagné." Une initiative qui peut servir de modèle à l'échelle locale et nationale.

Corentin Corger

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