Longtemps accompagné par sa mère, fragilisée après un grave problème cardiaque, le jeune homme a choisi de prendre son indépendance grâce à une aide humaine et un logement adapté. « Notre combat, c’est de faire en sorte que les gens vivent et ne survivent pas », résume Laurent Fraisse, directeur territorial des actions associatives Gard-Hérault-Lozère de l’APF.
« J'ai l'impression de rendre aussi un peu ce que l’APF m'a donné »
Malgré son handicap Jérémy essaie d’avoir la vie « la plus normale possible ». Bénévole à Radio Nîmes, il cultive une passion pour le sport. Musculation, sarbacane, il a même pris un abonnement au stade des Costières.
Intégrer l’APF a été synonyme de gain d’autonomie pour le jeune trentenaire. Il vit aujourd’hui dans son propre appartement. Afin de l’accompagner dans la réalisation des tâches quotidiennes, il dispose d’aides à domicile vingt heures sur vingt-quatre, dans le but de l’aider à manger par exemple. Une indépendance rare pour les personnes en situation de handicap.
Infirmité motrice cérébrale
L’infirmité motrice cérébrale fait référence à un groupe d’affections impliquant une difficulté à bouger et une raideur musculaire (spasticité). Elle est due à des malformations cérébrales survenant avant la naissance lorsque le cerveau est en train de se développer ou à une lésion cérébrale survenant avant, pendant ou peu après la naissance.
Grâce au service mandataire de l’APF, Jérémy a même eu l’opportunité de voyager seul en Irlande. Depuis, il s’engage à sensibiliser au handicap dans les milieux scolaires, en maternelle et à l’école primaire, en mettant en place des « parcours fauteuils » afin les élèves puissent naviguer entre des plots en fauteuil roulant.
Il envisage de se présenter à nouveau aux élections du comité de mobilisation dont il fait partie, et au sein duquel il s’épanouit : « J'ai l'impression de rendre aussi un peu ce que l’APF m'a donné », souligne l’Alésien.
L'autonomie en ligne de mire
Installée à Ville Active, à Nîmes, APF France handicap finalisait, par une inauguration ce mardi 26 mai, un important chantier de réorganisation de ses locaux et de ses services. Née en 1933 sous le nom d’Association des paralysés de France, la structure créée par quatre jeunes gens atteints de la polio s’est progressivement imposée comme l’un des principaux acteurs nationaux du handicap. « Aujourd’hui, on est la plus grande association de France dans le secteur du handicap, derrière la Croix-Rouge », explique Laurent Fraisse.
Dans les locaux nîmois, entièrement réaménagés ces derniers mois, les espaces ont été remodulés afin de mieux accueillir les adhérents et les équipes. Les travaux ont permis la création de nouveaux bureaux, d’une salle de réunion, d’une salle de thé, d’un espace détente et d’une grande salle d’activité destinée aux ateliers et moments collectifs.
Accès au logement
Le territoire Gard-Hérault-Lozère rassemble désormais plusieurs dizaines de salariés, des bénévoles et plus de 500 adhérents. L’association intervient autour de trois grands piliers, les établissements médico-sociaux, l’emploi et les délégations territoriales. Ces dernières concentrent une large partie des actions politiques, de l’accès aux droits, du logement, de l’accessibilité ou encore de la lutte contre l’isolement.
L’autodétermination reste centrale à l'APF France handicap. Si l’association a été déterminante dans la promulgation de la loi de 2005 en faveur de l’égalité des droits et des chances, elle défend aujourd’hui le droit des personnes à choisir leur mode de vie, notamment celui de rester à domicile. Et ce, grâce à l’aide humaine financée par la prestation de compensation du handicap (PCH).
Cette défense des droits se traduit aussi par des recours administratifs et judiciaires contre certaines décisions de MDPH jugées trop restrictives. APF France handicap accompagne régulièrement des adhérents jusque devant les tribunaux afin de maintenir leurs plans d’aide humaine. « Derrière ces dossiers, c’est la vie des gens que l’on touche », souligne Laurent Fraisse.
En parallèle, l’association développe plusieurs dispositifs sur le territoire. Handi-Droits accompagne les personnes dans leurs démarches administratives et juridiques, tandis que la plateforme Handi’CAP Logement cherche à rapprocher logements accessibles et personnes en situation de handicap. Des actions de sensibilisation sont également menées dans les écoles, les collectivités et les entreprises.