Publié il y a 51 min - Mise à jour le 02.06.2026 - S.SA - 3 min  - vu 36 fois

NÎMES La sécurité routière, ça s'apprend aussi à dix ans

Vue large du Mas Boulbon avec les enfants sur les vélos

- Soren Samari

Après plusieurs années d’interruption, le challenge des meilleures classes de CM2 de la Ville de Nîmes a fait son retour au Mas Boulbon. Pendant deux jours, plus de 300 élèves ont participé à six ateliers autour de la sécurité routière.

Il y avait des plots, des vélos, des casques, des questions de code de la route et surtout beaucoup d’enfants très concentrés. Rien d’un simple jeu de fin d’année. Ce jeudi, le site accueillait le challenge des meilleures classes de CM2, organisé par le service de prévention routière de la Ville de Nîmes, rattaché à la police municipale.

Une manifestation remise en route après plusieurs années d’absence. Le Covid d’abord, puis l’utilisation du Mas Boulbon par une école délocalisée, avaient mis ce rendez-vous entre parenthèses. Cette année, retour donc à la case départ, ou plutôt à la piste de départ. « C’est une renaissance », annonce Ali Khadre-Elbas, chef de service et responsable des unités spéciales, heureux de revoir ce site « remarquable » retrouver sa vocation auprès des écoliers nîmois.

Six ateliers pour apprendre les bons réflexes

Pendant deux jours, les jeudi 28 et vendredi 29 mai, plus de 300 élèves de CM2 venus de plusieurs établissements de la ville, parmi lesquels Prosper-Mérimée, Emmanuel-d’Alzon, Jacques-Perotti, Saint-Jean-Baptiste-de-la-Salle, Courbessac ou encore Emile Gauzy, ont enchaîné les exercices. Au programme : circulation, code de la route, technique et maniabilité à vélo, premiers secours, entretien d’un vélo, mais aussi test sur les bons comportements du piéton.

Atelier en action, les enfants passent l’épreuve de maniabilité. • Soren Samari

L’objectif est simple : apprendre avant d’être confronté au danger. « On estime que c’est important de donner les bases de la prévention et de la sécurité routière aux enfants, parce que ce sont les futurs utilisateurs de la voie publique », explique le service de prévention routière. À cet âge-là, le vélo devient souvent le premier moyen de déplacement autonome. Et dans quelques mois, beaucoup feront le grand saut vers le collège, parfois seuls, parfois à vélo.

Le vélo comme première école de la prudence

Sur les ateliers, l’ambiance se veut donc pédagogique. Les enfants apprennent à vérifier l’état d’un vélo, à comprendre pourquoi un frein mal réglé peut devenir dangereux, à maîtriser leur trajectoire ou à anticiper les comportements à risque. Le tout dans un format ludique, presque comme une grande épreuve collective. « Notre objectif, c’est qu’ils repartent de cette journée en ayant appris, mais aussi en ayant gagné en conscience », glisse un des policiers municipaux, organisateur de l'évennement.

Un des six ateliers de l'évènement. • Soren Samari

Car les risques, eux, sont bien réels. La méconnaissance des règles reste l’un des principaux dangers chez les plus jeunes. Nous est cité par exemple l’usage de trottinettes électriques non adaptées à leur âge, ou encore le non-port du casque à vélo, pourtant obligatoire pour les enfants. Autant de rappels qui, répétés année après année, peuvent enfin finir par s’ancrer.

« On n’est pas là pour la répression »

Derrière l’événement, il y a aussi toute une organisation. Le service prévention routière de la police municipale ne compte que quatre agents, mais pour ce challenge, d’autres policiers municipaux sont venus prêter main-forte. Des agents du centre-ville, des secteurs. « Tous volontaires », insiste Ali Khadre Elbas. « Ils accordent une importance particulière au fait de côtoyer la jeunesse nîmoise et de donner une autre image de la police. On n’est pas là pour la répression, on est là pour apprendre et faire de la prévention. »

Autour d’eux, plusieurs partenaires ont également répondu à l'appel : services municipaux, Éducation nationale, transports, préfecture. « Tout le monde joue le jeu », se félicite l’organisation. Une mobilisation lourde, mais assumée, pour une action pensée comme la continuité du travail mené toute l’année dans les écoles nîmoises.

Car ce challenge n’a rien d'un évennement isolé. Le service prévention routière intervient régulièrement dans les classes, notamment auprès des élèves de CE2, CM1 et CM2, afin de préparer l’entrée au collège et de valider les bases de l’éducation routière. À l’année, ce sont environ 3 000 à 3 500 élèves qui sont sensibilisés dans les établissements de la ville. Au Mas Boulbon, la prévention prend donc la forme d’un parcours, d’un vélo à maîtriser, d’un casque à attacher. Une manière aussi de rappeler que la sécurité routière ne commence pas uniquement le jour du permis de conduire.

Les enfants très concentrés face à deux agents de la sécurité routière • Soren Samari

« Les enfants ont tous la banane »

Et visiblement, le message passe. « En fin de journée, les enfants ont tous la banane », sourit Ali Khadre Elbas. La Ville de Nîmes souhaite désormais pérenniser ce rendez-vous, voire le développer dans les années à venir. Une ambition assumée : faire de la prévention un réflexe, avant que le danger ne devienne une mauvaise habitude.

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