Publié il y a 45 min - Mise à jour le 26.05.2026 - BP - 2 min  - vu 48 fois

NÎMES Les travailleurs du social et du médico-social dans la rue pour défendre leurs conditions de travail

Le rassemblement a eu lieu de 11h à 14h 

- Baptiste Petit

Ce mardi 26 mai, une centaine de professionnels du secteur social et médico-social se sont rassemblés devant la MDPH du Gard, boulevard Salvador Allende à Nîmes, dans le cadre d'une grève nationale lancée par une intersyndicale regroupant SUD Santé-Sociaux, FO, CFDT, CFTC et CFE-CGC. À Nîmes, le rassemblement était organisé par SUD Santé-Sociaux Gard/Lozère, la CNT30 et le Collectif Travail Social du Gard.

Franck Walther, éducateur spécialisé à l'ITEP Dégaring près d'Uzès et co-secrétaire du syndicat SUD Santé-Sociaux, résume une situation qu'il observe depuis vingt ans sur le terrain : "La destruction de notre secteur est actée, mise en route depuis de nombreuses années. Plus ça va, moins on met de l'argent dans ce secteur et dans la solidarité et l'aide à la personne." Il pointe notamment les 12 000 licenciements en cours dans le secteur associatif du social et du médico-social, une réalité qui vient s'ajouter à un manque chronique de places et de personnel qualifié.

Stéphane, éducateur spécialisé et membre du Collectif Travail Social du Gard depuis six ans, tire lui aussi la sonnette d'alarme sur l'attractivité des métiers. "On n'est plus un métier attractif, il y a de plus en plus de postes vacants, de moins en moins de jeunes qui veulent venir travailler dans ces métiers parce qu'ils sont sous-payés." Il cite l'exemple la hausse du SMIC prévue en juin, certains salariés du secteur, dont la rémunération est basée sur des grilles conventionnelles, se retrouveront en dessous du salaire minimum légal. "Les associations seront obligées de verser des compléments de salaire pour atteindre le SMIC."

Un sentiment d'abandon

Isabelle, technicienne à la Fondation Hubert-Pascal, est venue avec plusieurs collègues pour exprimer son mécontentement sur la valeur du point d'indice, qui n'évolue plus depuis de nombreuses années. "Je me souviens d'un temps où la valeur du point changeait deux, voire trois fois par an. Là, ça ne bouge pas depuis très longtemps." Elle décrit un sentiment d'abandon profond, couplé à une difficulté structurelle pour ce secteur à se faire entendre. "Nous, c'est plus difficile. Les salariés ont souvent du mal à se dire qu'ils vont laisser leurs usagers. Mais c'est nécessaire de faire grève pour que les directions aillent voir l'ARS et leur disent que leurs salariés n'en peuvent plus."

Des pancartes pour adresser leur mécontentement • Baptiste Petit

"Les conditions continuent à se dégrader"

Le collectif nîmois ne découvre pas la lutte. Franck Walther rappelle que cela fait sept ans que les organisations syndicales et le Collectif Travail Social du Gard se mobilisent, avec quelques victoires notables comme l'obtention de la prime Ségur de 183 euros pour le secteur, arrachée après des manifestations historiques de 800 personnes à Nîmes et 400 à Alès. Mais les avancées restent insuffisantes au regard de la dégradation continue des conditions de travail. "On nous dit qu'ils sont conscients et qu'ils entendent, mais pour autant, derrière, les conditions continuent à se dégrader."

La mobilisation s'est poursuivie avec une assemblée générale, un pique-nique revendicatif et des échanges avec la population venue s'informer devant la MDPH. Les organisations appellent à poursuivre la mobilisation et à construire des convergences avec d'autres secteurs en lutte, notamment l'Éducation nationale et la santé. "On a les mêmes constats et les mêmes combats. On aurait tout intérêt à créer du lien", conclut Franck Walther.

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