Les jours passent, l'émotion reste palpable, la colère monte. Après l'affaire Lyhanna, retrouvée morte à Fleurance dans le Gers, la population ne veut pas oublier et continue d'alerter les services de l'État. Ce lundi dès 19h, une centaine de personne a souhaité rappeler que cette tragique histoire ne devait pas tomber dans l'oubli.
Devant le tribunal de Nîmes, les pancartes montraient un ras-le-bol. "Agissez et protégez maintenant !", Lorsque le peuple dit qu'un drame est celui de trop, il ne demande pas davantage de paroles, il exige des actes" ou encore "Assez d'impunité pour les violences sexuelles : écouter, croire, protéger" pouvait-on lire. Et comme la semaine dernière, des roses ont été déposées sur les grilles du palais.
Plusieurs personnes ont trouvé la force de témoigner malgré leur histoire. Violée à 12 ans, une jeune femme se lance : "Un dysfonctionnement de la barre c'est un schéma lourd et répétitif, qui enferme les victimes plutôt que les abuseurs. En France, un enfant est violé toutes les trois minutes et un enfant sur cinq est victime de violences sexuelles. Il faut que l'État se saisisse de cette question, mais aussi le peuple".
"Il manque une conscience politique, parce qu'on a déjà les solutions, on a le juge Édouard Durand qui a fait un travail remarquable. Qu'est-ce qu'on attend pour les appliquer ? Il y a trop peu de monde qui se sentent concernés", explique une autre femme. "Je pense qu'à chaque fois qu'il y a un signalement, la personne qui le reçoit doive le suivre jusqu'au bout, tant que ça n'a pas abouti à un non-lieu ou à une condamnation et qu'elle soit responsable", propose Jean-Marc Philibert, figure connue du monde nîmois.
À la fin des discours, les organisateurs ont proposé à chacun d'écrire ce qu'ils ont sur le coeur, avec la volonté de faire remonter leurs paroles à la plus grande échelle possible.