Sur scène, la comédienne et l’imitateur passent notamment le couple Macron, Julien Doré, Bernard Lavilliers, Catherine Ringer, Serge Gainsbourg et Jane Birkin à la moulinette. Un ping-pong permanent, droite contre gauche, qui va loin et qui pique. Pas besoin de présenter votre carte d’électeur.
Objectif Gard : Thibaud, vous avez des parcours très différents Emma. Comment êtes-vous arrivés sur scène ?
Thibaud Choplin Je suis ancien journaliste. J’ai exercé pendant trois ans, puis je suis devenu imitateur. Mais j’étais déjà dans l’imitation depuis longtemps puisque j’ai fait ma première scène en 2004. J’ai ensuite été le premier imitateur à participer à La France a un incroyable talent, en 2006, lors de la toute première saison. Je viens de la Côte d’Azur, de la région de Nice, et j’ai fait mes armes dans les cabarets niçois et les dîners-spectacles. Comme beaucoup d’imitateurs, j’ai commencé par imiter les profs à l’école, sauf que j’ai continué. Emma est alsacienne, elle vient de Strasbourg. Elle a vécu dix ans à Paris et suivi le Cours Florent. Elle est comédienne de théâtre et, à la base, elle n’était pas imitatrice.
Votre rencontre remonte à 2012. Comment le duo s’est-il construit ?
Un ami humoriste avait créé le Cannes Comedy Club, un plateau qui réunissait différents humoristes de la région. Nous nous sommes rencontrés par ce biais. Nous avons commencé à travailler ensemble en 2013, mais nous avions encore chacun notre spectacle. Emma jouait un one-woman-show sans imitation et je présentais un spectacle uniquement composé d’imitations. Nous avons créé un spectacle hybride qui regroupait nos points forts et nos deux univers. La vraie bascule arrive en 2022. La période du Covid nous a tous mis à l’arrêt et a été propice à la réflexion. Nous avions cette idée depuis un moment sans avoir trouvé le bon timing. En 2022, le spectacle vivant repart et nous présentons cette nouvelle création, au moment de l’élection présidentielle.
Qu’avez-vous voulu raconter dans ce face-à-face gauche-droite ?
Nous voulions opposer deux visions de la France. Une vision assez passéiste et nostalgique d’une France d’antan qui n’existe peut-être plus, puis celle de gens qui poussent vers une évolution de la société française. Notre métier n'est pas de dire aux gens quoi penser, mais de montrer les contradictions de chacun. À la fin, tout le monde prend quelques coups, y compris ceux auxquels on ressemble le plus. C’est la France d’avant face à la France de demain. Comme nous avons la chance d’être deux sur scène, c’est un ping-pong permanent. Ça balance, ça va assez loin sur l’époque actuelle. Chacun se retrouve quelque part dans le spectacle et peut se dire que ça pique, que ça gratte un peu. Le but premier reste de faire rire, mais il y a beaucoup de fond et le spectacle est très actuel.
Le spectacle est né pour la présidentielle de 2022. Comment l’avez-vous fait évoluer à l’approche de 2027 ?
Nous conservons la même trame et la même opposition, mais la société bouge et nous prenons son pouls. Nous tournons dans toutes les grandes villes de France, cela nous permet de voir comment les choses évoluent et sont perçues. Le spectacle change donc tout le temps. Aujourd’hui, les gens ne se parlent plus tellement. Nous avons voulu recréer du dialogue là où il n’y en a plus. Ce sont deux France qui n’ont a priori plus grand-chose à se dire, mais qui arrivent à renouer le contact, même si elles ne se comprennent plus beaucoup. Le clivage va encore s’intensifier à l’approche de 2027. Le couple Macron constitue l’un des temps forts. Dans le spectacle, nous l’accompagnons jusqu’à sa sortie du palais présidentiel...
Plus de 60 imitations parlées et chantées traversent le spectacle. Quels personnages retrouve-t-on ?
Il y a le couple Macron, Mélenchon, Marine Le Pen, Léa Salamé, Pascal Praud, mais aussi Charles Aznavour, Jean Dujardin, Slimane et Vitaa. La chanson française occupe une place importante. Bernard Lavilliers et Catherine Ringer reprennent Idées noires. Toute une partie est consacrée à la nouvelle chanson française, notamment Julien Doré, Juliette Armanet, Christophe Maé, Christine and the Queens, Charlotte Gainsbourg et Camille. Serge Gainsbourg et Jane Birkin sont également présents. Il y a Diam’s aussi !
Vous arrivez de votre cinquième Festival d’Avignon consécutif et jouez également au Théâtre des Deux Ânes à Paris. Vous inscrivez-vous dans la tradition des chansonniers ?
Nous avons un droit à la satire en France, nous en usons et nous en abusons. Un de nos spectacles s'appelle "Manu Tchao". Nous sommes un peu dans la lignée des satiristes et des chansonniers des temps modernes. Nous rebondissons sans cesse sur l’actualité. Cela reste de la gaudriole, même s’il y a beaucoup de fond. Nous sommes complètement dans la ligne satirique des Deux Ânes. Cette année, nous avons participé à notre cinquième Avignon consécutif, au Théâtre Le Paris, qui appartient aux Chevaliers du Fiel et qui est un peu le temple de l’humour à Avignon. Nous avons la chance d'avoir trouvé notre public à Avignon qui compte beaucoup de spectacles chaque jour et reste un festival marche ou crève.
Infos pratiques
Les ImitaTueurs, mercredi 12 août à 20 h 30 au Mas de la Barben, route de Sauve à Nîmes. Ouverture des portes à 19 heures. Food trucks, bar et chariot de glaces sur place. Parking gratuit. Tarif 18 €. Informations et réservations sur www.labarbendurire.fr.