Ancien adjoint à la Sécurité, Richard Schieven livre son analyse des premiers mois de la nouvelle municipalité et revient sur les principaux dossiers qu'il affirme avoir préparés avant les élections.
Objectif Gard : Vous êtes resté silencieux depuis les élections municipales. Pourquoi prendre la parole aujourd'hui ?
Richard Schieven : Parce que j'ai découvert un article dans lequel Nicolas Nadal explique, en substance, que l'ancienne municipalité parlait beaucoup, mais ne faisait pas grand-chose. Je trouve cela particulièrement injuste. Pendant des années, nous avons consacré entre 10 et 12 millions d'euros par an à la sécurité. Ce n'est pas rien. Je ne peux pas laisser dire que rien n'a été fait.
Que laissez-vous précisément à votre successeur ?
Une délégation de la sécurité dans un excellent état. Près de 200 policiers municipaux, un poste de police flambant neuf, un hyperviseur performant, près de 700 caméras de vidéoprotection, la vidéoverbalisation, des brigades spécialisées, des effectifs répartis par secteur, un parc automobile renouvelé… Sans oublier tous les arrêtés municipaux que nous avons pris ces dernières années. Beaucoup de ce qui est aujourd'hui mis en avant existait déjà.
« Ces arrêtés n'ont pas été pris dans la précipitation »
Vous pensez notamment aux arrêtés sur les trottinettes, les épiceries de nuit ou les dépôts sauvages ?
Exactement. En octobre 2025, j'ai demandé au maire Jean-Paul Fournier que l'on travaille sur trois priorités : les trottinettes, la fermeture des épiceries de nuit à 22 heures et le renforcement des sanctions contre les dépôts sauvages. Deux mois plus tard, après un important travail juridique avec les services de la Ville, le maire a validé ces mesures et nous les avons présentées en conférence de presse.
Nicolas Nadal estime pourtant que ces arrêtés avaient été pris dans un contexte préélectoral…
C'est totalement faux. Ils étaient le fruit de plusieurs mois de travail et répondaient aux demandes des commerçants, des riverains et des habitants. Quand une mairie prend un arrêté, il faut qu'il soit juridiquement solide. Rien n'a été improvisé.
« Les bornes d'appel d'urgence étaient déjà dans nos cartons »
Autre dossier sur lequel vous souhaitez réagir : les bornes d'appel d'urgence.
Là aussi, j'entends dire que c'est une nouveauté. En réalité, je portais ce projet depuis plusieurs années. Je suis même allé à Saint-Raphaël pour voir le dispositif fonctionner. Le maire avait validé le principe en 2024, mais nous n'avons pas obtenu les crédits supplémentaires nécessaires. C'est un regret.
Vous soutenez malgré tout leur installation ?
Bien sûr. Si la nouvelle municipalité les installe, tant mieux. Mais j'aimerais simplement que l'on rappelle que ce projet ne sort pas de nulle part.
Vous estimez que certaines mesures restent incomplètement appliquées ?
Oui. Aujourd'hui, une dizaine d'épiceries continueraient à ne pas respecter les horaires malgré de nombreuses verbalisations. Si elles ont déjà reçu une vingtaine de procès-verbaux chacune, pourquoi ne pas demander leur fermeture administrative au préfet ? C'est la suite logique.
« Je vois beaucoup moins les policiers municipaux »
Quel regard portez-vous sur les premiers mois de Nicolas Nadal ?
Honnêtement, je ne vois pas encore de nouvelles mesures. Je constate surtout la reprise de dispositifs que nous avions préparés. Et j'ai aussi l'impression que les policiers municipaux sont moins présents sur le terrain depuis la fin mars. Peut-être est-ce une impression, mais je me pose la question.
Vous auriez souhaité davantage de continuité entre les deux équipes ?
Oui. Je n'attendais pas des remerciements personnels, mais simplement un peu de reconnaissance du travail effectué. Nous avons travaillé pendant des années avec les services de l'État, les préfets successifs et les ministres de l'Intérieur pour faire progresser la sécurité à Nîmes. J'aurais trouvé normal qu'il y ait une transmission républicaine des dossiers.
Votre successeur vous a-t-il sollicité ?
Non. Il ne m'a jamais contacté. Nous nous sommes même croisés après les élections sans qu'il ne me dise bonjour. C'est dommage.
« Nous laissons une police municipale solide »
Avec le recul, quel bilan tirez-vous de votre action ?
Je pars serein. Lorsque je suis arrivé, la police municipale comptait 164 agents. À mon départ, ils étaient 192. Nous étions très proches de l'objectif des 200 policiers municipaux. Nous avons modernisé les équipements, renforcé les effectifs et structuré les unités. Je pense sincèrement que nous laissons une police municipale solide.
Que souhaitez-vous désormais ?
Je souhaite simplement que chacun reconnaisse le travail accompli avant lui. Si la nouvelle municipalité améliore encore le dispositif de sécurité, tant mieux pour les Nîmois. Mais il ne faut pas réécrire l'histoire.