Voici les règles à respecter. La circulation est interdite sur les trottoirs, l’âge minimum d’un usager est fixé à 14 ans et un seul utilisateur par engin dont la vitesse est limitée à 25 km/h est toléré. Voilà le code de la route mais… À Nîmes comme ailleurs, les incivilités sont nombreuses et les trottinettes ont leur lot de problématiques. « On en devient fada ! Hier encore, je suis sortie de chez moi et paf : sur le trottoir une trottinette a failli me renverser, elle n’était pas sur la chaussée et sur elle étaient positionnées deux jeunes filles. Elles roulaient pourtant à vive allure et riaient aux éclats ! Je n’ai aucun problème avec le fait qu’on utilise ces engins, mais pas sur les trottoirs et encore moins en centre-ville si on ne respecte rien ! », lance Josée.
Face au développement rapide des mobilités douces et à l'augmentation des comportements à risque, la ville de Nîmes renforce les règles de circulation des EDPM afin de protéger les usagers et les piétons. Par ailleurs, la circulation des EDPM est strictement encadrée. Soit sur pistes ou bandes cyclables lorsqu’elles existent, ou à défaut, sur les voies limitées à 50 km/h maximum en agglomération. Hors agglomération, elles ne doivent circuler que sur voies vertes et pistes cyclables. Enfin, elles sont interdites de circulation sur les voies dont la vitesse est supérieure à 50 km/h. La circulation des EDPM est donc interdite hors des pistes cyclables sur plusieurs grands axes, dont les boulevards Salvador-Allende et des Français Libres, l’avenue Kennedy, la route d’Avignon et la route de Montpellier sur certains tronçons.
La municipalité Fournier avait initié un bout de mesure appelant à la vigilance des usagers, mais Vincent Bouget, nouveau maire de Nîmes, met le cran au-dessus. Il explique : « Nous voulons la protection des Nîmois et le partage apaisé de l'espace public. Notre démarche n'est pas punitive, elle est avant tout pédagogique et vise l'adhésion de tous les usagers à des comportements plus responsables. » Afin d'accompagner la mise en œuvre de la nouvelle réglementation encadrant l'usage des engins de déplacement personnel motorisés (trottinettes électriques, gyropodes, monoroues…), la ville de Nîmes organisait, ce vendredi matin, une opération de sensibilisation aux côtés de la police municipale.
Brahim se sert de son EDPM pour aller au boulot et pour se déplacer d’un rendez-vous à un autre. À 28 ans, il n’est pas le perdreau de l’année et désire adoucir les propos de personnes excédées. « Je comprends, mais si on utilise ces engins, c'est justement pour aller plus vite ! C’est vrai que je vois de nombreuses infractions, des incivilités même, mais nous ne sommes pas tous à mettre dans le même panier. Moi, je ne monte jamais sur les trottoirs, ma trottinette est assurée, j’ai un casque, je ne vais jamais à plus de 30km/h, j’ai pris une trottinette avec de très bons freins… Mon but n’est pas de causer des accidents ! »
Nicolas Nadal, adjoint à la Sécurité, à la tranquillité et à l’espace public, développe : « Nous réfléchissons sur l’élargissement du périmètre, mais chaque chose en son temps. Nous voulons que l’espace public soit mieux partagé. Ces accidents sont graves, les traumatismes crâniens sont nombreux, il faut agir mais nous intensifierons la lutte dès la rentrée… »
Cette opération de terrain marquait le véritable lancement d'une phase de sensibilisation avant l'application complète des nouvelles mesures comme l'obligation du port du casque sur l'ensemble du territoire communal ou encore celle de descendre de leur engin et de le tenir à la main dans les secteurs piétonniers de l'Écusson. Cette action s'inscrivait dans une démarche avant tout pédagogique visant à favoriser une meilleure cohabitation entre les différents usagers de l'espace public et à renforcer la sécurité de tous.
« Je ne comprends qu’on en soit arrivés là aussi vite. En moins de dix ans, ce phénomène a dépassé toute prévision, il s’est installé dans la société de manière pérenne et tout le monde a une trottinette maintenant ! Entre les électriques et non, les assurées et non, les grosses et non… Il faut mettre de l’ordre, pourquoi, comme pour un scooter, ne pas faire passer un code ? », espèrent Raphaël et Sabrina.
Désormais, toute personne circulant en EDPM sur la commune de Nîmes devra obligatoirement porter un casque conforme aux normes en vigueur, correctement attaché et ajusté. Cette obligation s’applique à l’ensemble des voies ouvertes à la circulation publique ainsi qu’aux espaces publics, y compris les pistes et bandes cyclables. Le non-respect de l'obligation de porter un casque ou de circuler dans les secteurs interdits pourra être sanctionné par une amende de 150 euros par les agents de la police municipale !
Entendons-nous bien : amende de 150 euros pour le non-respect de l’interdiction dans les zones piétonnes concernées et amende de 150 euros pour non-respect du port du casque bien entendu.
« J’étais Aix-en-Provence lundi. Je n’y ai vu aucune trottinette ! Quel plaisir pour les yeux que le paysage soit sauvegardé de ces engins et quel soulagement de pouvoir profiter des rues de la ville sans regarder partout pour ne pas se faire percuter. J’espère que Nîmes redeviendra une ville apaisée avec une bonne entente entre les usagers et les piétons, mais cela me paraît plus compliqué ici qu’ailleurs, de mauvaises habitudes ont été prises et cela sera difficile de revenir en arrière », conclut Monica.