Les abanicos virevoltent dans les airs des arènes San Juan pour ce dernier jour de la feria de la Pescalune 2026.
Les arènes sont un peu plus garnies que la veille et la course 100 % française, les curieux comme les aficionados ont ainsi réponse à l’appel lancé par l’empresa Maestria organisation qui a préparé une corrida formelle aux petits oignons.
Les toros de García Jiménez (le dernier sera d’Olga Jiménez Fernandez) arbitraient ainsi une opposition de grands noms.
Le premier est déjà au panthéon de la planète des toros, régional de l’étape et grand ordinateur de la tauromachie française depuis plus de 25 ans, Sébastien Castella, présent hier en contrepiste, a franchi la barrière et foulé le sable qu’il aime de ces arènes qu’il affectionne tout autant.
Alejandro Talavante et Marco Pérez, les deux autres diestros du jour, complètent idéalement le cartel, offrant aux tendidos des tauromachies variées et des caractères en acier trempé. Si l’on n’est jamais sûr et certain de l’issue d’une course, une lidia tenue par ce genre de maestro est déjà un bon point pour assurer le déroulé d’un tel spectacle.
Étonnant, les deux premiers exemplaires s’appelaient Tequila. Ensuite et dans l’ordre ? Fotografo, Estero, Decorador et Caralimpia.
Sébastien Castella est tombé sur un premier toro de Garcia Jiménez qui est bien fait, mobile, noble et avec un fond de bravoure. Castella se met devant comme à son habitude, l’accueille bien au capote dans un nuage de poussière. Ensuite, il le reçoit à la muleta avec une petite passe dans le dos, puis fait une faena qui monte crescendo jusqu'au moment où il se fait un petit peu peur en glissant, se mettant à nu devant les cornes. La musique s'interrompt, il se relève et demande à ce qu'elle reprenne, le maestro reprend de plus belle avec deux ou trois séries qui font mouche. Le public demande l’oreille après une épée en place.
Quatrième toro de la corrida et Sébastien Castella était dans de meilleures dispositions que lors de son premier duel. Hélas, il s'est confronté à un adversaire qui était quasi immobile, sans transmission et sans grand intérêt pour les étagères. On a vu le Biterrois dans un bon moment, on l’a vu essayer de rattraper ce qu'il aurait dû faire au premier, essayer d’impacter les gradins plus encore, mais il n'a pas pu arriver à ses fins, Deux épées et une fin de faena très calme, voire tristounette. Silence.
Talavante tombe sur un toro de Garcia Jimenez qui est encore, une fois, bien fait, noble et mobile. Le bicho permet beaucoup de choses dans de nombreux terrains, mais le natif de Badajoz ne tentera pas grand-chose, il essaiera quelques belles passes au capote, puis se mettra un peu sur sa main gauche et reviendra en arrière rapidement. À droite, il fera des séries de plus en plus courtes pour finalement terminer une faena qui ne restera pas dans les mémoires de l’aficion lunelloise. Silence.
No hay quinto malo comme on dit… mais l’adage n’est pas toujours pertinent ! ce cinquième de Garcia Jiménez fut la première déception de la tarde et n’a pas donné toute la satisfaction attendue par les étagères. Il faut dire que Talavante, plus investi que lors de son premier duel, n’a pas fait des folies pour faire monter la mayonnaise… Cependant, le torero a pu bricoler et montrer de très jolis détails, notamment en réalisant une série droitière de naturelles. Le combat s’éternise un peu. Les aciers font un nouveau défaut au torero. Silence.
Marco Prez arrive à Lunel, débarque aux arènes et offre au public de San Juan tout ce qu'il était venu voir. Un matador de toros dans la fleur de l’âge, avec une technique incroyable, un pouvoir sur le toro mais une marge encore visible. Le toro était d'une noblesse exceptionnelle et avec une caste intéressante, bien que l'on aurait aimé voir ce même duel face à un cornu plus teigneux, Marco Perez a été grand, très grand, immense. Il a toréé de près, de loin, debout à genoux, à droite, à gauche, dans des terrains contraires et dans les bons terrains qui font que le toro offre le maximum de ses capacités. On a vu Marco Pérez tout à fait mature techniquement parlant, jamais vulgaire, sensible, sensé, bref, auteur d’une faena de deux oreilles conclut par une grande épée et une vuelta à titre costume pour le toro.
Sixième et dernier toro de cette corrida et de cette feria. Un d’Olga Jimenez Fernandez, qui sortait un peu du type de la maison, plus fin et mobile mais qui a plu à ceux qui voulaient autre chose. Cependant, il demandait peut-être une autre lidia différente, une autre distance, et un peu plus de métiers. Marco Pérez est doté d’un talent infini, il lui manque quelques astuces à apprendre, quelques doux vices. Le jeune essaie, il s’arrime et arrive à montrer les qualités de belluaires qu’on lui connaît également et a été salué par les étagères pour ce geste de sérieux et d’honnêteté. Applaudissements et sortie sur les épaules.