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Publié il y a 2 ans - Mise à jour le 31.12.2021 - corentin-corger - 5 min  - vu 3190 fois

TOUT SUR L'ÉCRAN Mathieu et Alexandre : Le bonheur est dans le Gard

Mathieu Ceschin, manadier à Sernhac, en couple avec Alexandre Tola (Photo Cécile Rogue / M6)

Le couple est resté très proche de Karine Le Marchand (Photo DR)

Ils sont Gardois et font carrière sur le web ainsi qu'à la télévision. Voici le portrait de youtubeurs, instagrameurs, tik-tokeurs et candidats de téléréalité locaux.

Couple phare de la saison 15 de l’émission L’Amour est dans le pré, Mathieu et Alexandre vivent leur histoire d’amour dans le Gard et se sont mariés en juin dernier. Entre l’activité de la manade à Sernhac et le lien continu avec leur nouvelle communauté sur Instagram, les deux hommes ont de quoi s’occuper. Ils veulent aussi porter différentes causes comme celle de la gestation pour autrui. Un article publié dans le numéro 19 de notre magazine sorti en mai 2021 et que l'on vous propose de retrouver sur notre site en ces fêtes de Noël.

Le 14 décembre 2020, plus de quatre millions de téléspectateurs français ont été émus lors de la demande en mariage du manadier sernhacois Mathieu au cavalier originaire de Vallabrègues, Alexandre, lors du dernier épisode de la 15e saison de L'Amour est dans le pré, le programme phare de la chaîne M6. Un couple de Gardois qui a forcément marqué les esprits en officialisant le premier mariage homosexuel de cette émission culte. Les deux amoureux se sont dits oui le 26 juin dernier à Sernhac en présence d'anciens candidats de l'émission : les Gersois de la saison 7, Pierre et Frédérique, mais aussi Éric, Jean-Claude et Laurent de la saison 15.

Les deux cavaliers se sont présentés à cheval devant la foule, vêtus en habit traditionnel de gardian en compagnie de la présentatrice Karine Le Marchand, marraine de ce mariage. "C'est elle qui a amené les alliances. C'est le premier mariage qu'elle a accepté de faire. On s'appelle une fois par semaine", explique le Gardois. Captées par les caméras de M6, les images ont été diffusées fin août dans l'émission dérivée Que sont-ils devenus ? Un moment de bonheur en perspective comme la vie sait en offrir mais elle réserve aussi en parallèle des moments plus terribles. "Comme mon papa (décédé fin septembre), je suis atteint du syndrome de Cadasil", confie l'homme de 45 ans. Une maladie génétique qui touche les artérioles du cerveau et crée des dégénérescences au niveau psychologique et au niveau moteur.

"Il valait mieux être en France qu’en Espagne"

Un mal incurable pour lequel aucun traitement n'est disponible. "J'ai fait une demande pour participer à des essais thérapeutiques mais comme je n'ai pas encore fait d'AVC (accident vasculaire cérébral) je ne peux pas en faire partie." L'éleveur de taureaux vit donc avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête mais peut compter sur l'amour d'Alexandre pour vivre intensément chaque jour. Une rencontre bouleversante avec ce jeune homme de 25 ans dont les rêves de devenir jockey se sont brisés après un grave accident. "Je me suis dit j'ai 20 ans de plus que lui, je mourrai avant lui et la vie va me le prendre avant", s'interroge Mathieu. Cela a aussi accéléré sa demande d'union. Désormais, l'ancien cavalier de Deauville travaille à la manade à Sernhac et a pour projet de monter sa société en tant que commercial indépendant.

Chaque jour c'est 90 taureaux dont six veaux qu'il faut nourrir. Avec la pandémie, les temps sont durs mais le gardian salue le soutien financier du Gouvernement : "On a eu des aides sympas de l'État grâce au travail de notre fédération. Ce n'est jamais suffisant mais on a eu un vrai accompagnement qui nous a permis de passer le cap. Il valait mieux être en France qu'en Espagne." Pour que son activité reprenne, il a pu compter sur le retour cet été des courses camarguaises. Le chef d'entreprise a également organisé des journées immersions dans sa manade avec visite et animations.

"On pourrait gagner entre 10 000 et 15 000 € par mois"

L'élevage des taureaux "une richesse culturelle", qu'il veut perpétuer tout comme les recettes de "Mémé Suzon". Des souvenirs de sa grand-mère, Mathieu en a créé une marque et vend ses terrines de cochon et de taureaux cuisinées avec différentes saveurs. "C'est en pleine croissance. Du coup on a recruté des commerciaux pour la Bretagne et le Nord de la France." Avec la notoriété qui est maintenant la sienne, beaucoup de choses ont changé pour le couple qui passe autant d'heures désormais sur Instagram que dans les prés. Sur leur compte commun certifié, ils sont suivis par plus de 150 000 abonnés. "Cela nous créé énormément d'opportunités mais on en refuse aussi beaucoup. Même si on pourrait gagner entre 10 000 et 15 000 € par mois, on ne veut pas rentrer dans un système d'influenceur en multipliant tous les jours des storys et épuiser notre communauté."

Les deux amoureux vivent une parfaite idylle (Photo DR)

Pour le moment, le couple a fait le choix de réaliser quelques publications rémunérées pour des produits français. "Quand on est éleveur on n'est pas milliardaire donc c'est bien pour arrondir les fins de mois. Par exemple, on travaille avec la marque BGB Cosmetic qui s'engage à reverser un centime à une association pour les orphelins sur chaque pot vendu." S'investir pour des causes qui lui tiennent à cœur, voilà aussi ce qui compte pour Mathieu. L'ancien restaurateur montpelliérain a pu échanger avec Élisabeth Moreno, ministre chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes, lors de sa venue dans le Gard en mars dernier. "Dans le cadre de la lutte contre l'homophobie, on a pour projet avec son cabinet de partir cinq mois dans les territoires d'outre-mer pour voir comment ça se passe."

"On a reçu des centaines de messages d’homophobes qui ne l’étaient plus après avoir vu l’émission"

C'est souvent autour de l'homosexualité que le Gardois reçoit beaucoup de messages privés. Des mots gentils de fans. "Vous êtes notre rayon de soleil", reçoit-il parfois en retour de post de storys toujours positives et parfois humoristiques. Mais aussi de vraies prises de conscience : "On a reçu des centaines de messages d'homophobes qui ne l'étaient plus après avoir vu l'émission. C'est la démonstration que dans notre société il faut avoir le courage de s'exposer et de se montrer aux gens avec honnêteté. Le banaliser tout simplement. Notre histoire a aussi permis à des milliers de jeunes de faire leur coming-out." 

Une volonté de continuer à faire avancer les mentalités au sujet des couples homosexuels. En novembre 2020, durant la diffusion de l'émission, les deux tourtereaux avaient reçu beaucoup d'insultes et mêmes des menaces de mort lors d'un épisode où ils s'embrassaient langoureusement. "On a été obligé de déménager", avoue-t-il, preuve que les mœurs doivent encore évoluer. Mathieu essaie de répondre à tous ceux qui le sollicitent et surtout dans ce milieu de la bouvine parfois un peu "rustre" où il a dû faire sa place. "On sent que ça évolue beaucoup. Il faut rappeler que les deux plus grands gardians étaient une femme, Fanfonne Guillierme, et Jean Lafont, un homosexuel."

Parmi ses projets futurs, Mathieu milite aux côtés de Karine Le Marchand pour la création d'un label dédié au bien-être animal avec la mise en place d'abattoirs mobiles. Et personnellement, il souhaite avoir un enfant en faisant appel à une mère porteuse en Ukraine. "La GPA (gestation pour autrui) est d'une hypocrisie incroyable en France. Plutôt que de l'autoriser et d'encadrer cette pratique, on est obligé de faire du marchandage à l'étranger. Laissez-nous avoir des enfants !" Selon lui, "une étude montre que les enfants issus des couples homosexuels sont plus heureux car ils sont extrêmement désirés." Un combat de plus à mener pour Mathieu et Alexandre qui viennent de lancer une grande pétition pour l'ouverture d'un débat public pour une GPA non commerciale et éthique.

Corentin Corger

Biographie en bref : Mathieu et Alexandre. Candidats de la saison 15 de "L’Amour est dans le pré" sur M6. Instagram : 155 000 abonnés. 

Important ! Cet article est extrait d'Objectif Gard, le magazine. Rendez-vous chez votre marchand de journaux pour acheter le dernier numéro, sorti vendredi dernier. Découvrez le sommaire en cliquant sur le module ci-après :

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