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Publié il y a 6 mois - Mise à jour le 01.09.2023 - B.DLC - 3 min  - vu 9001 fois

GARD Les braqueurs des bureaux de tabac repartent en stop et sont arrêtés par les gendarmes

Un homme de 25 ans, ancien gendarme adjoint volontaire, a été condamné jeudi par le tribunal correctionnel de Nîmes pour deux tentatives de vols de bureaux de tabac. 

Il entre dans le bureau de tabac et demande des cartouches de cigarettes. Il sait qu'il a peu de temps par rapport aux systèmes de surveillance et de verroulllage des portes et sort une arme qu'il pointe sur le commerçant. Une scène reproduite à deux reprises à une semaine d'intervalle, le 17 janvier 2021 à Saint-Gilles, et le 23 janvier de la même année à Saint-Paulet-de-Caisson, près de Pont-Saint-Esprit. Deux tentatives de vols avec arme, avec des apprentis braqueurs qui repartent sans rien, mais avec une très grosse frayeur pour les commerçants visés. 

C'est à Saint-Paulet-de-Caisson d'ailleurs que les gendarmes en charge des enquêtes vont rapidement interpeller les suspects. Un signalement du trio est envoyé aux patrouilles et deux des hommes font de l'auto-stop près du bar tabac de Saint-Paulet, pour revenir chez eux à Beaucaire où ils vivent. Deux adolescents contrôlés, arrêtés, puis condamnés par le tribunal pour enfants de Nîmes. Restait le majeur, l'homme qui conduisait une voiture mais qui n'a pas pu redescendre ce jour-là ses copains de "virées" à Beaucaire, car il travaillait dans le Vaucluse. 

Un homme, aujourd'hui âgé de 25 ans, au profil surprenant. Il déclare à la barre du tribunal, où il comparaît libre après 9 mois de détention provisoire, qu'il était gendarme adjoint volontaire et avait même réussi le concours des sous-officiers pour entrer chez les militaires. Mais sa carrière a été stoppée pour un vol d'autoradio alors qu'il était en caserne. Lui dit que les enquêteurs ont fait une erreur en le virant car il avait oublié cet autoradio dans son sac, et qu'il n'a pas voulu le dérober. Les gendarmes ont eu une autre vision des choses et d'ailleurs une autre juridiction a déjà condamné cet homme en janvier 2021 pour ce vol. 

Reste que mis à la porte de la Gendarmerie, il a trouvé refuge dans le sud de la France où il vit et travaille depuis. Au moment des deux "braquages" des bureaux de tabac, il était mal dans sa vie, c'est comme ça qu'il justifie son passage à l'acte. "Ma copine avec qui je devais me marier est partie avec un ami, je n'étais pas dans mon état normal. Je buvais, je faisais n'importe quoi", répond le mis en cause au tribunal correctionnel de Nîmes, présidé par Jean-Michel Pérez. Avec ses deux copains, mineurs, ils vont donc décider de passer à l'acte pour quelques dizaines d'euros de cigarettes. Sans savoir où ils "frappaient", selon lui, car les commerces étaient choisis au hasard. 

"Dans ces dossiers, vous attaquez des personnes, des commerçants, des salariés, qui font juste leur travail. Les victimes ne sont pas là aujourd'hui, mais il faut imaginer la stupeur, l'angoisse et la peur face à de tels agissements. Des agressions violentes lorsque vous visez une personne avec une arme même si elle est factice ", estime la procureur adjoint Véronique Compan qui réclame 4 ans de prison dont deux fermes. 

"Il a reconnu les faits, il a été sanctionné par ces mois de détention provisoire. Mais il est inséré, il travaille en continu depuis des années", souligne son avocat maître Minier qui souhaite que la peine soit aménagée.

Le tribunal le condamne à 3 ans de prison dont la moitié ferme. La sanction ferme est aménageable, tandis que les 18 mois de sursis probatoire sont liés à des soins. Le prévenu devra en outre travailler et ne pas se rendre dans les deux communes dans lesquelles sont survenus les délits. 

B.DLC

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