Publié il y a 1 h - Mise à jour le 03.04.2026 - Tony Duret - 3 min  - vu 257 fois

JUSTICE Insulte homophobe contre Patrick Malavieille : un stage de citoyenneté pour l’accusé

En octobre dernier, à la suite d’un article d’Objectif Gard, Patrick Malavieille était pris pour cible par une insulte homophobe dans un commentaire publié sur notre page Facebook. L’auteur des faits comparaissait ce vendredi devant le tribunal correctionnel d’Alès.

Si chacun s’accorde à condamner des propos d’une grande stupidité et surtout constitutifs d’un délit, deux visions s’opposaient ce vendredi matin concernant la manière de traiter cette affaire. Pour les uns, ce procès devait être médiatisé, pour marquer les esprits, pour l’exemple. Pour les autres, il s'agissait d’une affaire assez classique pour qui fréquente régulièrement les tribunaux.

Ce vendredi 3 avril, l’audience débute presque sur les marches du palais de justice d’Alès. Peu avant 9h, à l’ouverture des portes du tribunal, le conseiller départemental communiste Patrick Malavieille, en costume bleu, est à peine arrivé que l’homme qui l’a insulté vient immédiatement à sa rencontre pour lui présenter ses excuses. Âgé de 61 ans, sans casier judiciaire, père de trois enfants et salarié de la même entreprise depuis près de 30 ans, le prévenu renouvellera ses regrets à la barre, quatre heures plus tard. Il peine à justifier son comportement et ses mots, extrêmement blessants ("Je croyais qu'il était mort le sac à sp...",NDLR), qui viennent toucher la vie privée de Patrick Malavieille. « C’est une bêtise. Mes mots ont dépassé ma pensée. Je le regrette », dit-il à voix basse.

À une question du président Vincent Edel, Patrick Malavieille se constitue partie civile uniquement pour pouvoir prendre la parole - pas question pour lui de battre monnaie. « C’est blessant lorsqu’on reçoit une attaque sur la vie privée. Ça n’a pas lieu d’être. Mon dépôt de plainte, c’est surtout pour l’exemple. L’homophobie, le racisme et l’antisémitisme ne sont pas des opinions, ce sont des délits. (…) Et ce n’est pas facile de vivre une sexualité différente que celle de la majorité », lance-t-il devant une salle comble, en grande partie remplie de ses soutiens.

« Moi, je ne suis pas là pour faire de la politique »

Le procureur Abdelkrim Grini enchaîne avec un réquisitoire appuyé : « La liberté d’expression est une liberté fondamentale, mais elle a une limite : on a pas le droit d’injurier. (…) Oui, vous avez subi les foudres de la loi car habituellement ce type de propos se règlent dans le bureau du procureur, reconnait-il. Mais là, vous avez dépassé la ligne rouge. Je vais vous donner un sentiment personnel : certains de nos concitoyens ne respectent plus le vivre-ensemble, le respect et la fraternité. Cette banalisation malheureuse ne doit pas devenir la norme. »

Maître Coralie Gay
Maître Coralie Gay • Tony Duret

C’est le moins que l’on puisse dire : Abdelkrim Grini n’a pas banalisé l’affaire. Il requiert 3-4 mois d’emprisonnement avec un sursis simple et une amende de 1 000 euros. En a-t-il trop fait comme le laisse entendre, dans une subtile plaidoirie, Coralie Gay qui défend le prévenu ? « Mon client est là pour tous les autres, pour montrer l’exemple à la société française alors qu’il a fait un écart en 61 ans de vie. Ce procès arrive cinq mois après parce qu’il y a la presse. C’était le but de cette formation collégiale aujourd’hui. Moi, je ne suis pas là pour faire de la politique, mais pour personnaliser la peine. Ce dossier-là, vous le savez très bien, c’est normalement une audition libre. Si nous avions été en CRPC (comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité, NDLR), on sait très bien qu’il aurait eu une peine d’amende. Mais pour les besoins de la cause, il fallait en faire des caisses. »

Après en avoir délibéré, le tribunal semble aller plutôt dans le sens de l’avocate. Son client est condamné à effectuer un stage de citoyenneté dans un délai de six mois, ainsi qu’à une amende de 500 euros.

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