Publié il y a 46 min - Mise à jour le 03.06.2026 - Rose Macauley - 4 min  - vu 106 fois

AU PALAIS « J’aurais pu la tuer » : Jaloux, il lui cause un hématome sous-dural

Tribunal de Nîmes, Palais de Justice

Face à sa victime, le prévenu n'exprime aucun remord.

- L.D.

Ne supportant pas le bonheur de de son ex-compagne, ce cinquantenaire l’a frappée de jalousie. Un déchaînement de violence inouïe qui n’a pas manqué de la blesser tant physiquement que psychologiquement.

Trente-et-un jours d’interruption totale de travail. C’est ce qui a été prescrit à la victime, après avoir subi des coups de son ex-compagnon colérique. Le 6 avril au soir, tout va pour le mieux. La mère de famille a déposé son plus jeune fils chez son père, de qui elle est séparée, pour passer du bon temps avec ses voisins et amis. Une fois de retour pour récupérer son enfant, tout dérape. Jaloux que sa compagne puisse s’amuser avec autrui, le père des enfants lui fait remarquer. Mécontente, son ex-compagne, qui va devenir sa victime, lui rappelle ses droits à une vie privée, compte tenu de leur séparation. Une allégation qui met le feu aux poudres. Après les insultes, suivent les coups. « Je ne lui ai mis qu’un coup », décrit le prévenu tout en expliquant n’avoir bu que quelques bières au cours de l’après-midi. Tentative de minimisation des faits ou manque de prise de conscience, seul lui peut le déterminer.

Pourtant, ce coup a été d’une violence extrême et entraîné la perte de connaissance de son ex-compagne. Cette dernière est tombée au sol, inconsciente. Selon la victime, d’autres coups auraient également été portés, notamment un à l’arrière de sa tête. « C’était avec la paume de la main et sa tête à heurté quelque chose », soutient Samuel, le prévenu dans cette affaire, relatant alors une simple gifle, aussi forte soit elle. Le prévenu raconte également que son ex aurait jeté une assiette au travers de la pièce, brisant alors la télévision. Pourtant, elle devait être bien trop peu abîmée par ce dernier, qui a décidé de s’acharner dessus et donc de la briser en mille morceaux, une fois la mère de ses enfants à terre. « J’étais tellement en colère, que je me suis déchaîné dessus », ajoute Samuel. À l’écoute des déclarations de son ex-conjoint, la victime, visiblement touchée, s’évente sur le banc des parties civiles, la larme à l’œil.

Un hématome sous-dural

Ce n’est qu’un mois après cet épisode de violence que la femme a porté plainte, suite aux conseils du couple de voisins et des équipes médicales du centre hospitalier, où elle a été prise en charge. Le verdict est alors tombé : elle a été victime d’un hématome sous-dural. « Un hématome comme le sien, avec une claque, ce n'est pas possible », soutient Zinev Boukir, procureure de la République. « C’est très rare de constater de telles blessures dans le cadre de violences conjugales », ajoute-t-elle. Ce genre de blessures est plus ordinaire en cas d’accident grave de la circulation ou de syndrome du bébé secoué. Malgré tout, c’est cette décision de déposer plainte que Samuel n’a pas supporté, allant jusqu’à « instrumentaliser les enfants », selon maître Guilhem Benezech, intervenant pour les parties civiles. Par le biais de messages, il a donc demandé à son ex de retirer sa plainte, craignant d’être incarcéré.

« Ça sent la cabane. J’aurais pu la tuer », écrit Samuel au voisin de la victime, plus inquiet pour son avenir que pour l’état de santé de la mère de ses enfants. Cette dernière a pourtant eu des symptômes particulièrement inquiétant quelques heures après les faits notamment de violents maux de tête et des vomissements à répétition. Décrivant un dossier dans lequel « l’agresseur devient l’agressé », la représentante du ministère public a requis la peine mixte de 18 mois d’emprisonnement dont 6 assortis d’un sursis probatoire avec l’obligation pour le prévenu de travailler et de se soigner, mais aussi l’interdiction de rentrer en contact avec la victime et de paraître à son domicile. Le parquet demande aussi la suppression de l’autorité parentale qu’il exerce sur ses enfants et son incarcération immédiate. Des réquisitions clémentes, compte tenu de la personnalité du prévenu. Condamné à de multiples reprises pour des faits d’outrages ou encore de délits routiers, il a également fait l’objet d’une plainte pour viol, initiée par la même victime. Interrogé sur ces faits, il questionne les enquêteurs : « Avoir une relation sexuelle avec quelqu’un qui dort, c’est un viol ? ». Pourtant, ces faits n’ont pas été poursuivis.

« La violence, (…) c’est le quotidien »

Malgré ses antécédents éloquents, maître Merwa Amar, avocate de la défense a tablé sur l’absence de mentions pour violences dans le casier judiciaire de cet homme âgé de 50 ans. « S’il était de nature violente, il y aurait des mentions en ce sens », dit-elle face au tribunal. Tentant de minimiser la responsabilité de son client, elle a plaidé l’existence de violences réciproques : « La violence, dans ce couple, c’est le quotidien », souligne le conseil. Comptant sur la clémence du tribunal, elle a alors demandé une peine de sursis probatoire pour son client ou du moins une absence de mandat de dépôt en cas de peine ferme. Deux demandes qui n’ont pas été satisfaites.

Le tribunal a déclaré Samuel comme étant coupable des faits reprochés. Il a été condamné à une peine de 18 mois d’emprisonnement, dont 8 mois de sursis probatoire, suivant les mêmes obligations que celles préconisées dans les réquisitions. La partie ferme sera immédiatement exécuté, un mandat de dépôt ayant été prononcé à son encontre. Toutefois, l’autorité parentale n’a pas été retirée à ce père de famille, « faute d’éléments suffisants », conclut Anne-Carine David, présidente à l’audience. Dans le but de permettre un examen médical de la victime et donc le chiffrement de son préjudice et de celui de ses enfants, le dossier a été renvoyé sur intérêt civil au 27 janvier prochain.

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