Le 24 juin dernier, route de Montpellier à Nîmes, un accident ( ou un incident) est survenu en matinée entre deux voitures. "Un accrochage léger au départ entre un chauffeur de poids lourd et le conducteur d'un véhicule", résume Christophe Teissier, président de la chambre de l'instruction de Nîmes, qui doit dire si le mis en examen détenu à l'audience reste en prison ou s'il peut bénéficier d'un contrôle judiciaire.
Plus d'un mois après les faits, on ne sait toujours pas s'il y a eu un léger accrochage entre les deux véhicules ou s'il s'agit plutôt d'un énervement entre les conducteurs à cause d'un dépassement effectué que le camionneur trouvait dangereux. Il n'en demeure pas moins que les deux hommes sortent de leurs véhicules respectifs et le ton monte. Que s'est-il passé ensuite? Le chauffeur poids lourd drômois indique dès le départ et encore à l'audience ce mercredi 15 juillet qu'il a mis une "gifle normale" à son vis-à-vis "par défense". Sauf que des témoins évoquent eux plutôt un coup de poing. Quoi qu'il en soit, le père de famille, qui est accompagné dans sa voiture par son épouse et ses trois enfants, tombe à la renverse et se cogne à l'arrière du crâne… Il perd connaissance et il est évacué avec un pronostic vital engagé vers le CHU. Il meurt deux jours plus tard.
"Il a reconnu le geste dès le début, mais un doute subsiste et le seul point de discorde est de savoir s'il s'agit d'une gifle unique ou d'un seul coup de poing", plaide son conseil maître Zaalouni. Son client est détenu depuis le 6 juin dernier et sa mise en examen pour "violence ayant entraîné la mort sans intention de la donner". "Et on ne sait pas si le coup est vraiment à l'origine de la mort", poursuit-il en demandant le contrôle judiciaire de son client.
"Dès le départ, il y a eu un constat de mort cérébrale et il y avait du sang partout", enchaîne l'avocat général Dominique Sié, qui refuse d'entendre parler d'un contrôle judiciaire. Un chauffeur routier qui a deux autres précédentes condamnations pour des délits routiers. "Et puis il y a la mort d'un homme dans un contexte particulier. Il y avait son épouse et les enfants dans le véhicule : trois enfants ont vu leur père mourir", détaille le parquetier.
La cour d'appel de Nîmes a suivi les réquisitions et a maintenu ce jeudi 16 juillet le mis en examen en détention provisoire dans ce dossier criminel débutant.