Les souvenirs, les émotions, l'hommage et le respect se lisaient sur le regard de tous les présents. Un an avait beau avoir passé, beaucoup semblaient encore sous le choc de la barbarie du vendredi 25 avril 2025, matinée qui a vu "l’inacceptable et l’horrible se produire", "où le temps s'est arrêté et l'horreur a frappé" (voir ICI et ICI). Ce triste jour, vers 9 h 15, Aboubakar Cissé, 22 ans, était assassiné de 57 coups de couteau dans la salle de prière de la mosquée Khadidja, à La Grand-Combe. En hommage et souvenir, un square éponyme a été inauguré à proximité directe du lieu du culte, et du drame.
"Une des pages les plus noires de l'histoire de La Grand-Combe"
Bien qu'à l'origine de l'initiative, en accord avec la famille Cissé, présente pour la cérémonie, la maire Pascale Eugène rappelle que "nous n’aurions jamais dû nous retrouver ici, car ce drame, cet acte, sauvage, barbare et odieux, n’aurait jamais dû avoir lieu." D'autant plus à La Grand-Combe, "terre d'accueil, de tolérance et de bien-vivre ensemble."
Patrick Malavieille, maire honoraire de la commune, se souvient encore avoir été "sonné, pétrifié, ravagé par la douleur et la colère" au moment d'apprendre la nouvelle. "Une des pages les plus noires de son histoire" s'ouvrait alors pour la ville, transformée le temps d'une matinée en "théâtre de mort." Une triste scène qui, tous l'espèrent, fermera le rideau ce jour.
Se souvenir, "défaire la haine" et apprendre
Aboubakar Cissé, ou 'Bouba' comme l'appelaient ses proches, étant d'origine malienne, le consul Sory Ibrahima Kaba Diakité était présent pour l'inauguration du square, un moment qui "symbolise la France de la liberté" et "défait la haine" à ces yeux, où se mêlaient émotions, "reconnaissance et gratitude aux autorités françaises". Un moment surtout qui "envoie un message pour nous projeter ensemble, nous remettre en cause sur notre façon d'appréhender les autres".
Cette plaque se pose alors comme "le refus de la barbarie" selon Jean-Luc Gibelin, vice-président de la région Occitanie, pour qui il n'est "pas question de s’habituer ou accepter ce qu’il s’est passé ici il y a un an."
Mais aussi comme un moyen de "faire vivre collectivement sa mémoire", prône Patrick Malavieille. Ce dernier place l'école en rempart face à ces actes : "L’éducation sonnera le glas de l’obscurantisme, des barbaries et du fanatisme. À l'école, on apprend son passé pour en tirer les leçons, on y apprend le respect et comprend la liberté. C’est notre plus grande force pour bâtir un avenir de concorde, de civisme, de paix et de respect."
Un ultime recueillement
Cet hommage s'accompagne alors d'un "message séculaire : L’amour de la liberté, la soif d'égalité, le besoin de fraternité." Après une sourate délivrée par des enfants, Salim Touazi, responsable de la mosquée de Trescol, "rappelle que la vie humaine est sacrée". Il porte surtout l'espoir que "la lumière de son souvenir soit plus forte que l'obscurité de l'acte qui l'a fauché." Tous appellent à "rester debout et déterminés face à la violence aveugle", "unis, tolérants, bienveillants, unis, à vivre dans l'harmonie".
Mais avant tout "que jamais une telle tragédie ne se reproduise". Ou comme l'a simplement dit Djibril, oncle d'Aboubakar : "Plus jamais ça."