Résumer 180 ans d'histoire en une seule journée n'est pas une mince affaire, mais c'est ce à quoi s'est attelé La Grand'Combe ce dimanche 21 juin, habituelle fête de la musique, mais cette année fête historique et patrimoniale pour la cité minière. Cette "journée fraternelle" s'est installée dès 9h sur la place Jean-Jaurès avec un marché artisanal et gourmand, une exposition sur les métiers anciens et une petite fête foraine.
Elle a réellement démarré sur les coups de 11h avec le défilé historique, regroupant habits d’époque, voitures anciennes, fanfare et jeunes de la commune. Le cortège est parti de l'espace Frida Kahlo, passé par les rues des Tuileries et de la République, la gare et le boulevard Talabot, avant de rejoindre la mairie pour la cérémonie d'ouverture et les discours, puis un pique-nique géant citoyen. Le soir, 180 pigeons voyageurs ont été lâchés par le Conseil Municipal des Jeunes et tous les enfants présents en symbole de paix, avant de voir la ville s'illuminer sous les images et films historiques de la commune et ses habitants, mais aussi un bal Populaire animé par le groupe French Touch sur la place Jean-Jaurès.
"La Grand-Combe est de ces villes qui forcent le respect"
Pour rappel, le 17 juin 1846, La Grand'Combe sortait de terre. Ou plutôt de la plume de Louis-Philippe, qui regroupait alors des terres des communes voisines - Laval, Sainte-Cécile-d'Andorge et Les Salles-du-Gardon - pour créer ce qui deviendra l'un des berceaux de l'exploitation des mines de charbon des Cévennes, porté par la compagnie des Mines de La Grand'Combe et des chemins de fer du Gard, dont les bureaux ont longtemps aussi été ceux de la mairie.
Une histoire bientôt bicentenaire sur laquelle est longuement revenu le maire honoraire Patrick Malavieille, de la briquette au multiculturalisme, en passant par le train et la résistance en 1939-1945 : "La naissance de la commune résonne au plus profond de la terre, elle a été possible grâce à des populations issues de Haute-Loire, Lozère, Ardèche, d'Europe centrale, d'Italie, Espagne, Portugal, Turquie et le Maghreb." Ainsi, pour Émile Soumbo, sous-préfet de l'arrondissement d'Alès, "La Grand-Combe est de ces villes qui forcent le respect, qui ne se soumet ni à la résignation, ni au fatalisme et a la volonté constante de préparer l’avenir."
Pain blanc, mains noires ; histoire riche, avenir prometteur
Pour Joseph Pérez, conseiller délégué aux projets structurants, ces 180 ans sont une "épopée d'une richesse infinie, forgée par le courage et le travail des mineurs". Ils ont été marqués par des "valeurs de solidarité et de métissage, avec un caractère bien trempé" : "La Grand'Combe est une âme que rien ne peut éteindre. Nous honorons ici notre mémoire collective et célébrons notre résilience, notre capacité à nous réinventer et notre avenir."
La maire Pascale Eugène compare cette Histoire à une "aventure humaine, une vie de joie, de peines, de réussites, de doutes, d'épreuves, mais aussi de travail, de courage, d'espoir et de solidarité." Ainsi, le torse bombé, l'équipe municipale rappelle que "l'avenir se construit toujours sur les fondations du passé, ce pourquoi les plus belles pages de notre histoire sont encore à écrire ! Regardons avec fierté le chemin parcouru et avec confiance celui à venir."
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