Le dimanche 4 janvier, le Plan Grand froid a été activé, et dès lors plusieurs dispositifs d’aide ont été renforcés. L’accueil de jour du CCAS d'Arles, habituellement fermé le dimanche, a ainsi ouvert ses portes afin de proposer un lieu chauffé, des boissons chaudes, un petit-déjeuner, une soupe mais aussi des crêpes et des gâteaux offerts par la crèche municipale. Les horaires ont également été élargis le lundi, journée normalement partiellement fermée, afin de répondre à l’afflux de personnes. Une cinquantaine en moyenne par jour.
Parmi elles, William, 49 ans. L'homme, divorcé, père de quatre enfants et grand-père, vit dans la rue depuis 10 ans. "C'est un choix de vie. Bien sûr, il y a des périodes très compliquées, celle-ci par exemple. L'accueil de jour est un bon refuge pour se réchauffer", explique-t-il, soumettant toutefois l'idée d'y installer une télévision et des douches. L’accueil de jour ne se limite pas à un refuge contre le froid. Il constitue aussi un lieu d'accès aux droits avec des permanences pour la domiciliation, l’accompagnement administratif et la distribution du courrier. Des agents échangent quotidiennement avec le public accueilli, dans une logique de suivi et de lien social.
En parallèle, plusieurs maraudes ont été menées par deux agents du CCAS pour aller à la rencontre des plus vulnérables. "Des routards, des nouveaux arrivants, des travailleurs saisonniers, des hommes et des femmes qui ont eu un parcours de vie particulier, en moyenne âgés de 40 à 60 ans, même si on a aussi des jeunes", précise Christine Lavenir, directrice de l'Action sociale au CCAS de la ville d'Arles. Ces tournées, complémentaires du travail mené à l'année, aussi par des associations telles que La Croix-Rouge, le Secours populaire, la Belle étoile etc ; permettent de vérifier la situation des personnes, de proposer un accueil ou, lorsque c’est nécessaire, un hébergement temporaire. "Ce n'est pas si évident, car il y a des personnes qu'on ne voit pas, même quand on sait où elles ont l'habitude d'aller, elles bougent beaucoup dans la journée et il est parfois difficile de les capter", souligne la directrice de l'Action sociale. Le bouche-à-oreille joue cependant un rôle important.
À partir de lundi, le CCAS a proposé une mise à l'abri aux personnes vivant dans la rue. Brian, 28 ans, arrivé à Arles le 26 décembre dernier, a ainsi pu dormir au chaud. "J'ai pu prendre une douche aussi, ça fait un bien fou. J'ai quitté Paris pour démarrer une nouvelle vie. C'est difficile aujourd'hui, je dois me débrouiller pour manger, je fais la manche. Mais j'espère que tout ça changera bientôt, il faut que je trouve un travail, c'est le plus important", indique le jeune homme. Vingt chambres ont été mises à disposition par des partenaires hôteliers, Kyriad et Ibis Budget, du 4 au 7 janvier, co-financées par le CCAS et la direction départementale de l'emploi, du travail et des solidarités. Sept personnes ont été accueillies dès le lundi soir, quinze le lendemain. "Nous avons réfléchi à l'idée d'ouvrir un gymnase, une solution importante d'un point de vue organisationnel. Mais c'est le choix des nuits d'hôtel qui a été retenu." Si la vigilance jaune a été levée ce jeudi, l'équipe du CCAS poursuit son travail en cas de nouvel épisode de grand froid. Un gymnase a d’ailleurs été identifié et visité en amont, en attente de validation par la commission de sécurité.