Ces derniers jours, une même image a inondé les réseaux sociaux des candidats arlésiens : celle du traditionnel cliché devant la sous-préfecture, preuve officielle du dépôt de leur liste, entouré de quelques membres de leur équipe. Une formalité devenue rituelle, mais qui marque le coup d’envoi officiel de la campagne. Nicolas Koukas (L'Union pour Arles) et Anne Testut (Liste Lutte ouvrière-Le camp des Travailleurs) ont ouvert le bal jeudi dernier, suivi de près vendredi par Jecilla Regad (Arles populaire, digne et solidaire) et par Patrick de Carolis (Arles au coeur). Jean-Michel Jalabert (Plus proche d'Arles) a, quant à lui, officialisé sa candidature hier, mardi. Et Rémy Benson (Fiers d'être Arlésiens) ce mercredi matin.
Sur la ligne de départ, le 15 mars prochain, ils seront donc 6. Et non pas 7 comme envisagé un temps. Stéphan Charmasson, agriculteur, colistier de David Grzyb en 2020 et premier à s’être officiellement déclaré cette année, a fait part de son retrait. Sans surprise. Pour rappel, en 2020, 10 listes avaient été constituées pour les élections municipales arlésiennes.
A trois semaines du premier tour, la campagne change de rythme. Après un démarrage en douceur, les candidats ont le pied au plancher. Patrick de Carolis a présenté sa liste vendredi soir. Nicolas Koukas a dévoilé son programme le lendemain matin et présentera sa liste samedi matin (11h30, place Voltaire). Tout comme Jean-Michel Jalabert (le même jour, 11h, place Antonelle). L'ancien premier adjoint de Patrick de Carolis qui, cette semaine, a présenté une partie de son projet. Il y a parlé logement. Une thématique essentielle car transversale dont il a été très largement question cette semaine chez plusieurs candidats. Logements vacants, insalubres et Airbnb sont dans le viseur des candidats arlésiens, qu'on se le dise.
Jean-Michel Jalabert, acte I
Contrairement à ses adversaires, lui a choisi de séquencer la présentation de son programme. En trois actes. L'acte I, c'était vendredi matin. Jean-Michel Jalabert avait donné rendez-vous à la presse à l'école de Gimeaux, l'un des 39 établissements que compte la ville d'Arles. 39 écoles et autant de chantiers à mener. Car le candidat l'assure, l'éducation sera l'une de ses priorités. "Nous consacrerons 21 millions d'€ pour rénover les groupes scolaires et les infrastructures sportives", a lancé Jean-Michel Jalabert qui compte investir chaque année, 1,5 million d'€ pour en rénover 3 ou 4. Un vaste plan pour la jeunesse qui s'accompagne également, pour les familles d'enfants en bas-âge, d'une offre renforcée de places en crèche, et pour les plus grands, de l'ouverture d'une Maison de la jeunesse destinée à faciliter l'installation des étudiants. Faciliter justement, cela semble être le leitmotiv du candidat Jalabert.
Simplifier, surtout, l'accès des Arlésiens aux services publics via la création d'un guichet unique, ou bien encore en délocalisant certains services dans les hameaux et villages les plus éloignés, de manière ponctuelle et régulière. "À Mas-Thibert, à Salin... On entend trop souvent que les personnes se sentent oubliées. Nous voulons que les services se rapprochent d'eux." De la même manière, la volonté de "développer une vraie application mobile de la Ville d'Arles pour informer, déclarer". "Pas une révolution" dixit le candidat lui-même, mais un moyen efficace de simplifier les démarches. Un médium de plus pour faciliter le lien entre la municipalité et les Arlésiens. Car, c'est bien sur cela, que repose le programme de Jean-Michel Jalabert. "Tout les candidats vous le diront, qu'ils seront un maire à l'écoute. Je vais peut-être paraître prétentieux, mais s'il y a en a bien un qui a été à l'écoute, c'est moi. Ça a été mon mode de fonctionnement, et sur cela j'ai une longueur d'avance."
Question santé, Jean-Michel Jalabert est, là, sur la même longueur d'onde que ses adversaires : Arles a besoin de médecins. Sa solution ? Un service municipal d’accompagnement pour faciliter leur installation, avec des aides administratives et financières, et une bourse de 10 000 € par an pour une poignée d’étudiants en échange de leur engagement à s’installer sur la commune. Pour compléter le dispositif, il prévoit des cabines de téléconsultation dans les mairies annexes des villages.
Enfin, face à la crise du logement, Jean-Michel Jalabert propose un zonage et des quotas pour limiter les locations saisonnières dans le centre-ville, dans le cadre de la révision du PLU. Objectif : libérer des logements pour la location longue durée. Il mise aussi sur des exonérations de taxe foncière pour inciter les propriétaires à rénover, et sur la création d’un service municipal du logement pour assurer un suivi rigoureux des demandes. "Les Arlésiens auront l’assurance d’obtenir une réponse."
Les prochaines réunions publiques de Plus proche d'Arles : Jeudi 26 février, 18h30, Centre-ville, Bigot, Alyscamps, Chabourlet (École Émile Loubet). Vendredi 27 février, 18h30, Pont-de-Crau (école Cyprien-Pilliol). Samedi 28 février, 11h, place Antonelle, présentation de la liste. 17h, Barriol (école Henri-Wallon). Dimanche 1er mars, 17h, Griffeuille / Mouleyres (école Jules-Vallès). Lundi 2 mars, 18h30, Trinquetaille / Gimeaux (école André-Benoit). Mercredi 4 mars, 18h30, Raphèle (salle Gérard-Philippe).
Jecilla Regad : "Lutter, d'une même voix, pour le logement digne et contre la gentrification"
L'habitat était aussi le fil rouge des deux réunions publiques organisées, au Trébon et à la Roquette, cette semaine par Arles populaire, digne et solidaire, liste d'union entre LFI, Changeons d'avenir et Les Écologistes ainsi que des collectifs arlésiens de terrain. Deux quartiers différents pour un "problème de mal-logement qui revêt les deux facettes d'une même pièce" dixit Jecilla Regad. Le premier est gangréné par le logement insalubre, dangereux, voire carrément muré. Le second est déserté par les Arlésiens car ici c'est la location saisonnière qui dicte accessibilité et loyer. "Mais dans tous les quartiers d'Arles, jusqu'à Salin, les situations de mal-logement se multiplient. Lutter pour le logement digne et contre la gentrification, cela ne peut se faire que d'une même voix !", a déclaré Jecilla Regad lors de l'une de ces réunions. Dénonçant "la fuite des pauvres et la course aux riches à Arles, organisées par Patrick de Carolis, les bailleurs sociaux et les multipropriétaires. Cela doit cesser !"
Dans son programme, Jecilla Regad entend créer un pôle de lutte contre l'habitat indigne avec le recrutement d'agents dédiés au sein du service Hygiène de la ville, renforcer le rôle des associations de protection des locataires, favoriser l'auto-réhabilitation par des chantiers d'insertion et des formations professionnelles ou bien encore généraliser le permis de louer, qui vise à diagnostiquer toute location avant sa mise sur le marché. Un outil performant déjà en place sur la commune "mais seulement depuis juin 2025 et sur une zone réduite dans le centre."
Pour "stopper l'hémorragie Airbnb", la candidate entend imposer une mesure de compensation déjà appliquée dans d'autres villes : le fameux 1 pour un. Pour chaque appartement en location saisonnière, le propriétaire doit en proposer un en location longue durée. Jecilla Regad souhaite également la création d'un office foncier solidaire, visant entre autres à maintenir accessibles loyers et prix du bâti et à tordre le bras à la spéculation par le biais d'un encadrement spécial lors des reventes. Enfin, pour le logement étudiant, le programme vise un dispositif incitatif dans le parc privé, notamment via une convention entre le Crous et des propriétaires.
Prochaine réunion publique d'Arles populaire, digne et solidaire, lundi 2 mars, 18h30, salle Jean et Pons Dedieu, sur les thèmes Culture, commerce, sécurité.
Logement : Nicolas Koukas dévoile son plan pour Arles "où il est plus facile de se loger pour un week-end que pour une vie"
Le candidat de L'Union pour Arles a lui aussi choisi cette semaine de parler habitat. Dans une ville "où il est plus facile de se loger pour un week-end que pour une vie", Nicolas Koukas veut s'attaquer aux locations saisonnières, mais "en régulant intelligement". Quotas par quartier, limitation du nombre de nuitées à 90 -- "comme c'est le cas à Marseille" --, mais également mise en place d'un principe de compensation : pour un bien loué en meublé touristique, le propriétaire doit proposer un logement à l'année. Il entend également relancer une OPAH (opération programmée pour l'amélioration de l'habitat) sur 5 ans pour aider les propriétaires à rénover leurs biens afin qu'ils les remettent sur le marché des habitats vacants. Arles compterait ainsi aujourd'hui 3 400 logements inoccupés et près de 3 500 meublés touristiques.
Toujours sur cette thématique, le candidat envisage la création d'une foncière municipale (différente de celle pour les locaux commerciaux) afin de préempter et acheter des immeubles stratégiques dans le but de remettre à la disposition des logements pour les Arlésiens mais aussi de maîtriser le prix au m². Enfin, Nicolas Koukas veut porter une attention toute particulière sur l'ANRU, "dossier sur lequel il va y avoir du travail", a glissé Nicolas Koukas, juste avant sa rencontre avec les habitants de la rue Vercelli, à Barriol. Mais du côté du Trébon aussi, 13 Habitat est aussi dans son viseur. "La problématique du logement est essentielle, insiste-t-il. Car elle a impact sur l'économie, sur la vie du centre-ville et des quartiers, sur la circulation, sur la carte scolaire, etc. Il faut avoir cette vision stratégique."
Nicolas Koukas a présenté son programme samedi dernier et il dévoilera l'ensemble de ses colistiers, ce samedi. Un peu plus tôt dans la semaine il avait mis en lumière celles et ceux qui seront les représentants dans les villages en cas de victoire : Charly Scandagliari et Katy Vrontos (Salin-de-Giraud), Marie Carmen Cesaridis (Moulès), Céline González et Gisèle Beltrando (Raphèle), Salim Bouchenafer (Mas-Tibert) et Denis Thibaud (Saliers et hameaux de Camargue).
Prochaines réunions publiques de L'Union pour Arles : jeudi 26 février, 18h30, Trébon (école Montmajour). Vendredi 27 février, 18h30, centre-ville (école du Cloître). Samedi 28 février, 11h30, présentation de la liste, place Voltaire. 17h30, Moulès (salle polyvalente). Dimanche 1er mars, 11h, Albaron (école primaire). Lundi 2, 18h30, école de Monplaisir. Mercredi 4, 18h30, école de Griffeuille.
Patrick de Carolis, l'agriculture au coeur
Ça a été l'un des temps forts de cette semaine de campagne. Vendredi soir, le maire sortant a présenté l'ensemble de ses colistiers, au Patio de Camargue. Un moment attendu, d'autant plus après les tensions et les démissions dans sa majorité lors des derniers mois. Le début de la semaine avait d'ailleurs été marqué par une nouvelle démission dans son équipe.
Parmi ses 46 colistiers, le monde agricole est largement représenté. Ainsi à la présence de Pierre Raviol et d'Emmanuel Lescot, éleveur et président de la Fédération des manadiers, viennent s'ajouter Claire Mailhan, présidente de l'AOP Taureau de Camargue ; Bertrand Mazel, le président des riziculteurs : Caroline Maureau éleveuse de juments Camargue et Marine Rozière, à la tête de la Maison du Riz. Le lendemain de cette soirée, le traditionnel apéro thématique du samedi matin au QG de campagne, portait d'ailleurs sur l'agriculture.
Entouré de ceux qui l'accompagnent, Patrick de Carolis a dressé un état des lieux du secteur. Le Pays d’Arles, avec ses 89 000 hectares de terres agricoles -- soit 40 % de son territoire et 60 % de la surface agricole départementale --, joue un rôle clé dans l’économie locale, la souveraineté alimentaire et la gestion de l’eau. Malgré son poids, le secteur est fragilisé : 16 % des exploitations ont disparu en dix ans, victimes de la pression financière, des normes croissantes, des aléas sanitaires et climatiques. Pour inverser la tendance, la municipalité a présenté ses orientations pour le prochain mandat. Parmi les mesures phares : la création d’un label communal "Produit à Arles – Camargue" pour soutenir les circuits courts, la réorganisation du marché pour mieux valoriser le bio, la création de Halles gourmandes dédiées aux filières locales, un observatoire municipal du foncier rural pour faciliter l’installation des agriculteurs, un fonds d’adaptation agricole pour accompagner la transition vers des modèles durables ou bien encore la finalisation de la réhabilitation du canal de la Haute Crau et une défense active des intérêts agricoles dans la gestion de l’eau.
Les prochaines réunions publiques d'Arles au coeur : jeudi 26 février, 18h30, Monplaisir (stade des Cités). Vendredi 27 février, 18h30, Semestres / Plan-du-bourg (école Aragon). Samedi 28 février, 17h30, Trinquetaille (école Benoit Franck). Dimanche 1er mars, 11h, Saliers (salle polyvalente). Mercredi 4 mars, 18h30, Gageron (maison du hameau de Gageron).