Venez écouter les secrets murmurés par les ruelles médiévales, explorant les remparts, une église du Xle siècle, la Canalette, le château Bargeton...
Chaque lieu cache une histoire.
Un voyage dans le passé ; une promenade unique mêlant énigmes, récits vivants et patrimoine authentique, pour les curieux comme pour les passionnés. Votre quête débute à l'entrée du village devant sa croix située au parking à proximité de la mairie.
Dans de nombreux villages, les croix de et les chemins de croix guidaient autrefois les pas des pèlerins. À l’entrée du village se trouve une croix de mission en fer érigée sur un socle médiéval sur laquelle vous pouvez déchiffrer de mystérieuses inscriptions.
Vous avez compris ? Cette croix déparée en 1911 suite à un différend entre républicains et croyants, marque le Jubilé du pape Pie IX en 1875. Les fidèles obtenaient quarante jours d’indulgence suite à leur prière « Je vous salue, Marie ». Passez la croix sur sa droite, et entrez à présent dans la citadelle de Vallabrix ! Ouvrez l'œil, votre quête commence maintenant !
Vous apercevez à proximité du « Grand Membre » la première tour du castrum, rabaissée sous Louis XIII après la paix d'Alais (ou édit d’Alès) de 1629 pour supprimer le droit des protestants de définir des fortifications militaires et l’autonomie politique.
Cherchez bien à sa base : une petite meurtrière défensive y est dissimulée, presque au ras du sol. Poursuivez jusqu’au vestige de la deuxième tour puis reculez légèrement : un rempart se dessine entre les deux tours, qui protégeait le flanc est du fort.
Avancez dans la Grand-Rue, et arrêtez-vous Rue de l'Ancien Fort. Baissez les yeux, le reste d'un mur se dresse en bas sur votre gauche : il s’agit de vestiges d’un mur épais et fortifié du castrum médiéval qui protégeait autrefois le village. L’ouverture dans le mur date de 1781 pour accéder plus facilement à l'église.
Descendez quelques pas dans le passage voûté sur la droite, Rue de l'Ancien Fort : vous observez une arche au-dessus de vous, signe d’un ancien souterrain secret qui arrivait dans le site du nouveau château ?
Revenez sur vos pas. Sur votre gauche se tenait le four communal. Interdiction d'avoir un four chez soi, trop risqué ! On y amenait sa pâte pour faire cuire son pain. Montez jusqu'à apercevoir au loin à droite la première tour du château.
Arrêtez-vous avant la tour. Sur votre droite, une porte ancienne à double arc signale l’entrée du village. Autrefois grenier, lieu de justice, lieu de collecte des taxes, salle des officiers, prison… Il est devenu un lieu de représentations théâtrales pendant la Seconde Guerre mondiale pour financer les colis des prisonniers de guerre puis une salle de projection de films dans les années 1960. Observez les petites ouvertures en contrebas, protégées de barreaux de fer rouillé : étaient-ce les cellules de l’ancienne prison ?
Continuez votre descente sur votre gauche puis droite jusqu’à la fontaine de la Condamine qui fut longtemps la principale source d’eau potable du village, avec le puits du castrum. Alimentée par une source souterraine, elle fut convoitée, protégée, et souvent réparée.
Car en temps de guerre, détruire une fontaine comme celle-ci revenait à affaiblir tout un village.
Les fontaines à roue actionnaient un mécanisme pour remplir les abreuvoirs, tandis qu'une pompe à main permettait de puiser l’eau sans la souiller. Moutons, chèvres et autres animaux (exception des cochons) étaient admis ici. Continuez, le mur du fond semble se dérober…
Dans l’ombre fraîche du lavoir, quatre petits bassins pour rincer qui recevaient l’eau claire de la source, un grand bassin et ses pierres « plates » percées pour évacuer savon de cendres et saletés.
Point de lavandière ici, le linge lavé à la maison dans un bugadier (grande marmite en terre cuite remplie d’eau chauffée), était soigneusement trié puis transporté ici dans des brouettes par des femmes volontaires, les bugadières du village, pour le rincer au lavoir.
On lavait selon un rythme sacré, jamais le dimanche ni les jours saints, de peur d’attirer le malheur. Le lavoir résonnait de rires et de cascailles, car, ici, on lavait le linge mais on salissait parfois aussi les réputations !
Suivez maintenant le fil de l’eau qui vous mènera jusqu’aux jardins des habitants le long de la Canalette.
Percez-vous quelques fruits, derrière les murs de pierre sèche ? Longez les jardins de Vallabrix qui s’étendaient ici en suivant la Canalette (tenez bien la main des jeunes enfants), petit canal à ciel ouvert, murets en pierre et fond pavée (qui servait à irriguer potagers et arbres fruitiers comme les figuiers, pommiers ou oliviers).
Au sol, recherchez les races d'anciennes écluses !
Au printemps, les chants des grenouilles résonnent comme un dernier dialogue avec les écrevisses qui grouillaient jadis dans l'Alzon, petite rivière au nord du village. L’eau était déjà précieuse ! En 1682, même le prieur fut blâmé pour avoir dépassé son temps d’arrosage.
Remontez le chemin des Jardins. Sur votre gauche en montant, vous apercevrez une belle bâtisse que certains nomment « château neuf » datant du XIXe siècle, entouré d’un parc avec orangerie. N’entrez pas, c’est privé, ouvert en de rares occasions.
Continuez de remonter la rue et imaginez l’ancien presbytère, demeure des religieux, sur votre gauche dont on peut encore observer le portail Louis XIV dans le village. Sur votre droite, montez vers l’église Saint-Étienne du XIe siècle agrandie au XIXe, construite sur un rocher.
L’église comporte un porche carré remarquable, au décor en dents d’engrenages et colonnes aux chapiteaux à feuilles d’acanthes, surmonté de bandeaux à la lombarde. Un cimetière y était alors adossé. En levant les yeux, découvrez le clocher-tour du XVe, qui accueillera la cloche « Ursule » depuis 1872.
La façade Renaissance de Vallabrix, réalisée à la fin du XVe siècle (vers 1560-1620), est désormais installée dans la cour intérieure de l’ancien château. Elle arbore un fronton sculpté, six pilastres corinthiens et des corniches ouvragées d’inspiration classique. Mais quel était le blason en son centre ? Pourquoi cela ici, à Vallabrix ?
Plus haut, face à l'église, une bâtisse étonne de par sa forme : la « Maison Ronde », érigée en 1848, fut la première école communale du village. Avec son mur arrondi tourné vers la place, elle abritait aussi la mairie.
À l'époque, le maître d'école, également fabricant de pipe, enseignait aux enfants… Sans savoir ni lire ni écrire lui-même. Une ironie du passé, et le reflet d'un monde rural en mutation.
Le dos droit de la maison suit encore la ligne exacte de l’ancien mur du castrum, démoli pour laisser place à cette construction. Un pan du passé qui s’efface., mais dont la mémoire affleure toujours dans les formes du présent. Maintenant ? Le château !
Arrêtez-vous devant cette porte double, entrée du château de Vallabrix, habité par le baron « Mathieu de Bargeton le Jeune » anobli en 1533 par François 1er. Le château occupait un vaste quadrilatère inclus dans le fort médiéval, avec une tour, un donjon et la salle des officiers, le « grand Membre ».
La seigneurie resta coseigneurie jusqu'au XVIIe siècle. Le château abrita également un temple protestant, à l'étage inférieur du donjon jusqu'à la Révocation de l'Édit de Nantes (1685).
Passez maintenant la lourde porte d'entrée : vous pénétrez dans l'enceinte du légendaire « château bargeton ». Flânez dans sa cour : ancien puits, pierres angulaires de l'ancien donjon, meurtrière...
Chaque pierre murmure encore l'autorité des seigneurs et leur secret bien gardé.
N'hésitez pas à vous désaltérer ou à vous restaurer dans ce lieu unique, afin de soutenir l’association locale qui vous propose une parenthèse de culture et de douceur de vivre.
Félicitations à vous crie Noé. Après ces dix étapes, votre quête se termine et vous pouvez désormais admirer une œuvre d'exception dans la cour du château. Faites pivoter ce livret pour la découvrir.