Publié il y a 1 mois - Mise à jour le 15.04.2024 - Norman Jardin - 3 min  - vu 4078 fois

FAIT DU JOUR Saint-Dionisy : polémique au second étage

La hauteur de ce projet a mis le feu aux poudres

- Photo : Norman Jardin

Un projet de logements sociaux oppose la municipalité à des riverains. D’un côté, on avance la nécessité de sauver l’école du village et de l’autre on argumente une perte de valeur immobilière et une hérésie environnementale. Entre tracs et lettre ouverte, l’ambiance s’est singulièrement tendue entre les deux camps.

« Non à la masse de béton rue du Baron ! », « N’abîmez pas notre village ! ». Voilà le genre de messages, accrochés aux volets des maisons, que les visiteurs découvrent en arrivant à Saint-Dionisy. Cette commune de la Vaunage, qui compte un millier d’habitants, possède un joli patrimoine avec un temple protestant, deux anciens lavoirs et un monument aux Morts. Mais c’est un projet de logements sociaux qui a rompu la tranquillité du village. Le nouveau bâtiment doit être construit sur une ancienne vigne, rue du Baron.

C’est sur une ancienne vigne que la projet doit voir le jour • Photo : Norman Jardin

Jeanne : « C’est une verrue ! »

C’est dans ce quartier que des riverains s’opposent à ce projet. « Les dimensions sont trop grandes, ça va faire une masse de béton. C’est une verrue. Nous allons subir une perte de valeur immobilière et une perte d’intimité. Ça peut générer des conflits de voisinage. On ne verra plus le clocher du village », regrette Jeanne* qui habite à côté des futurs logements. Mibou*, quant à elle, soulève l’aspect environnemental : « Il n’y a aucune considération écologique. Tous les arbres vont être coupés. On s’attendait à un bâtiment à un étage, mais brutalement on découvre qu’il y en aura deux. Il n’y aura que du béton avec un engorgement de la rue, les mouvements de voitures seront terribles alors que c’est déjà saturé. Ce n’est pas un projet digne du XXIe siècle. » Le collectif du Baron a vu le jour et une pétition en ligne a été lancée.

François Charrière, le premier adjoint, et Jean-Christophe Grégoire, le maire de Saint-Dionizy. • Photo : Norman Jardin

Jean-Christophe Grégoire : « Pour certains, logements sociaux égal racailles. On n’est quand même pas à la Courneuve, à la cité des 3 000, ni aux Tarterêts ! »

De son côté, Jean-Christophe Grégoire, le maire, avance ses arguments : « Notre école est en perte d’effectif : nous avons 97 enfants, il n'y en aura que 85 à le rentrée 2024, et 75 en 2025. Nous sommes un village de propriétaires vieillissants. Le projet comporte des logements sociaux, mais aussi une crèche. Il ne faut pas oublier que le terrain appartient au domaine privé de la commune. » Le premier édile ajoute : « Certains font le rapprochement, logement social égal racailles. On veut bien des logements sociaux, mais pas à côté de chez nous. On n’est quand même pas à la Courneuve, à la cité des 3 000, ni aux Tarterêts ! ».

Des pancartes conçues par les opposants au projet • Photo : Norman Jardin

Jeanne : « C’est ma vie que je joue ! »

Le collectif tient à préciser : « Nous ne sommes pas contre les logements sociaux !!! ». Il pointe aussi du doigt la terrasse de la crèche qui « sera un couloir encore plus petit que le cours », les risques de disparition d’un couple de chouettes et le non-respect d’une servitude de passage. Ces riverains demandent que le projet soit reconsidéré et ils ont édité un trac distribué dans la commune. « Nous nous sommes attachés les services d’une avocate qui a engagé un premier recours gracieux, pour quatre foyers. Je vais installer une grande pancarte sur mon terrain et on va demander une médiation au juge. On va aller au tribunal. C’est ma vie que je joue », témoigne Jeanne, qui est déterminée à ne pas baisser les bras.

Jean-Christophe Grégoire : « On est ouvert à la discussion »

Si les rapports se sont tendus ces dernières semaines, le premier édile, qui a répondu au trac par une lettre aux habitants de Saint-Dionisy, ne ferme pas sa porte : « On est ouvert à la discussion et le dialogue n’est jamais rompu. » Dans ce dossier, le bras de fer vient de commencer et, en cas de recours, il pourrait durer plusieurs années.

* Les prénoms ont été modifiés à la demande des habitants.

Norman Jardin

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