C’est la fin de plusieurs semaines de préparation pour les équipes du lycée de l’institut d’Alzon à Nîmes. Une organisation qui ne doit souffrir d’aucune faille afin d’éviter les couacs et les fuites. C’est à temps complet, et depuis le 26 mai, qu'un secrétariat spécialement dédié met en place les journées du bac. Il faut gérer la présence des surveillants et les modifications de dernière minute sur les sujets soumis par l’académie de Montpellier.
« Se placer sous plusieurs angles pour pouvoir bien observer »
Dans un bureau sécurisé et équipé d’alarmes, du service administration, les sujets sont précieusement gardés. Ils étaient avant cela stockés au lycée Philippe-Lamour. « Le jour du bac philo est un moment nécessairement organisé. Ce lundi matin, nous avons 400 candidats, cela veut dire des salles avec 30 élèves avec chaque fois deux ou trois enseignants pour surveiller. On est tous sur le pont car on sait bien que si un établissement est défaillant, c’est le bac qui tombe », rappelle Yvan Lachaud, le directeur général de l’institut d’Alzon.
Les premiers salariés du lycée arrivent à 7h et la première étape est une réunion préparatoire pour les surveillants. Elle se déroule dans la salle 215 Hyppolite-Flandin. Une quinzaine d’enseignants écoutent les consignes. L’équipe est rompue à l’exercice et le rendez-vous n’est pas très long. Bruno Boucher, professeur de maths, remplit la tâche de surveillant du bac philo pour la quatrième fois et c’est sereinement qu'il aborde l'édition 2026 : « C’est quand même bien que l’on rappelle certaines consignes. Les premières fois il y avait du stress, mais maintenant ça va et en plus on est deux par classe. Quand on surveille, il ne faut pas regarder que la table mais il est pertinent de se placer sous plusieurs angles pour pouvoir bien observer ».
Des aménagements pour certains élèves, mais les mêmes sujets pour tous
L’épreuve débute enfin et dans les salles, il faut veiller à ce que les téléphones portables soient évidemment éteints et hors de portée des candidats. Les surveillants ne doivent pas rester statiques et sur le bureau du lycéen ne doit rester que le strict nécessaire. Les sujets ne doivent en aucun cas sortir de la salle et les élèves ont quatre heures pour traiter les sujets. Dans ce laps de temps, leur éventuel passage aux toilettes est chronométré.
L’établissement nîmois doit s’adapter à toutes les situations et tous les profils. Au CDI (centre de documentation et d'information), ils sont 44 à passer la même épreuve du bac philo, mais dans des conditions différentes. Sur des tables individualisées, ils sont accompagnés par deux AESH (accompagnants des élèves en situation de handicap). Une personne est même là pour relire les questions. Ces lycéens ont reçu, de la part du rectorat, des aménagements au regard de leur profil, par exemple la dyscalculie (troubles spécifiques des activités numériques) ou la dysorthographie (difficultés à transcrire les mots que l’on prononce).
La chasse aux montres et aux lunettes connectées
Ils bénéficient parfois de temps supplémentaire et, pour les épreuves de mathématique, des élèves pouvaient plancher avec des calculatrices. Le nombre de ces lycéens augmente chaque année à l’institut d’Alzon. Sur les deux niveaux, Première et Terminale, ils étaient 104 cette année. « Pour autant, ces élèves sont soumis aux mêmes règles, aux mêmes consignes que les autres et bien sûr aux mêmes sujets » précise François Dufour.
Le directeur adjoint du lycée d’Alzon doit aussi faire face aux possibilités de triche à travers les nouvelles technologies comme les montres et les lunettes connectées qui sont évidemment interdites : « C’est un sujet qui nous impacte totalement et nous impactera de plus en plus dans les années qui viennent au même titre que l’intelligence artificielle au quotidien. Il faut que les établissements s’adaptent et peut-être aussi les sujets du bac ». En attendant, au lycée d’Alzon de Nîmes, l’édition 2026 du bac philo s’est déroulée sans grain de sable dans la belle mécanique et les résultats seront publiés le 7 juillet.