L’herbe est-elle plus verte ailleurs ? La Police Nationale et la Gendarmerie Nationale offrent un dispositif de passerelle statutaire.
Quatrième sortie de formation à Nîmes qui est la plus grande école du réseau de formation de la police nationale.
Dans la vaste cour, les effectifs sont passés en revue avant d’entendre le discours de présentation de la promotion européenne et celui de la promotion passerelle gendarmerie-police. Ensuite ? La remise de galons et de la carte de police aux anciens stagiaires. Fin de la formation et, dans quelques jours, le début d’un nouveau métier, celui de policier.
Pour cette quatrième sortie de promotion, 34 (30 hommes) personnels sont venus se former trois mois durant pour user de cette passerelle. Policiers et gendarmes ont des missions assez similaires comme le maintien de l’ordre, la sécurité ou la direction d’enquêtes. Les différences principales tiennent au fait que les policiers sont des fonctionnaires civils de l’État tandis que les gendarmes sont des militaires. Ces derniers dépendent donc du ministère de l’Intérieur, comme les policiers, mais aussi de celui des Armées.
Ils diffèrent aussi par leurs lieux d’intervention : la gendarmerie est plutôt en zone rurale ou périurbaine, la police nationale plutôt en zone urbaine. Ils ont aussi, chacun, des missions qui leur sont spécifiques : lutte contre le crime organisé, maintien de l’ordre en zone urbaine (CRS), police des frontières pour la Police, tandis que la Gendarmerie est en charge de la lutte contre le terrorisme, la sécurité en montagne et en mer, etc. Côté salaires, ils sont équivalents… Même si les gendarmes bénéficient d’un peu plus d’avantages, notamment en matière de logement.
Quelques dizaines « d’élus »
Ainsi, passer de l’un à l’autre corps peut être motivé par diverses raisons : développer des compétences ou assurer de nouvelles missions, changer d’équipe, de lieu de vie (par exemple de la ville vers la campagne)… Ou tout simplement découvrir de nouvelles choses.
C’est pour donner de nouvelles opportunités de mobilité professionnelle aux gendarmes et aux policiers qu’est né le dispositif de « passerelle statutaire » en 2011, suite à la loi n°2009-972 du 3 août 2009 relative à la mobilité et aux parcours professionnels dans la Fonction publique.
Ce dispositif consiste donc à permettre le détachement d’un gardien de la paix dans le grade de gendarme (ou le contraire) pendant une période donnée, en vue d’une intégration définitive.
Dans un rapport de janvier 2025, la Cour des Comptes estime que ce sont chaque année une cinquantaine de personnes en bénéficient. En revanche, il est plutôt efficace puisque les chiffres montrent que très peu de gendarmes ou policiers réintègrent leur force d’origine.
Des démarches facilitées
User de cette passerelle consiste en un détachement d’un ou deux ans, reconductible. À tout moment, le policier ou le gendarme peut réintégrer son corps d’origine. Mais s’il est satisfait, et que son administration d’origine et d’accueil sont d’accord, il peut être intégré définitivement à la fin du détachement.
La sélection se fait selon divers critères : profil, motivation, parcours professionnel, besoins du service… À l’issue du processus, les candidats retenus doivent simplement suivre une formation de trois mois avant leur prise de poste.
N’importe quel policier ou gendarme peut déposer un dossier, avec néanmoins quelques conditions : être titulaire (militaire ou fonctionnaire d’État), avoir quatre ans d’ancienneté minimum, être à jour de ses obligations professionnelles et disciplinaires, et avoir l’accord des deux administrations : celle que l’on quitte et celle que l’on veut rejoindre.
Pour accéder au dispositif, l’idéal est de se rapprocher du service Ressources humaines de son administration : celui-ci pourra prévenir de l’ouverture des « campagnes de passerelles »… Mais aussi, éventuellement, faire découvrir d’autres dispositifs de mobilité !
L’école nîmoise
L’école est située à l’est de Nîmes, à environ 4 km du centre-ville. Elle dispose de 82 000 m² de bâtiments sur une superficie de 37,7 hectares. L’École Nationale de police (ENP) est implantée sur l’emplacement de l’ancienne base aérienne de Nîmes Courbessac (1909). Créée par arrêté du 16 juillet 1998, l’école a reçu le 1er décembre ses 600 premiers élèves gardiens de la paix.
L’École Nationale de Police a une capacité d’hébergement de 2 030 places, est dotée de 65 salles de cours, de six dojos, quatre stands de tir, un gymnase, un stade, deux parcours professionnels, un amphithéâtre de 190 places, une salle de 300 places, un grand complexe de restauration et une infirmerie.
Ici, on devient élèves : gardiens de la paix, policiers adjoints, cadets de la République, de la police technique et scientifique (PTS) en formation initiale et les élèves peuvent faire des stages officier de police judiciaire (OPJ 16) et des franchissements de grade brigadier-chef depuis 2006 grâce à la formation continue.
Félix Bouchard, nouveau directeur de cabinet du préfet du Gard qui lui-même va bientôt changer, a présidé la cérémonie de sortie des élèves policiers de la passerelle gendarmerie-police.