Publié il y a 57 min - Mise à jour le 29.07.2026 - Baptiste Petit - 4 min  - vu 94 fois

SPORT GARD Lisa Coste : la Nîmoise qui siffle à haut niveau

Lisa Coste, arbitre de seconde ligue féminine.

- © DR

Tous les mercredis de l'été, Objectif Gard & Arles vous propose un zoom sur un sportif ou club local issu du magazine Objectif Gard (numéro 148). Aujourd'hui, partons à la découverte de Lisa Coste, arbitre de football à haut niveau. 

Gestionnaire de paie en semaine, arbitre de Seconde Ligue féminine le week-end, Lisa Coste, 30 ans, est l'une des rares femmes du Gard à avoir atteint l'élite de l'arbitrage football. Retour sur son parcours, né d'une question posée à 13 ans dans les tribunes du stade des Costières.

Tout commence par une question d'enfant. À 13 ans, Lisa Coste accompagne son père aux matchs du Nîmes Olympique, un vendredi sur deux. Elle ne connaît rien au football, mais elle regarde, elle observe, et à chaque mi-temps, elle pose des questions. Un soir, en voyant les tribunes s'enflammer contre l'arbitre, elle demande, naïvement : « Mais pourquoi tout le monde crie sur lui en vrai ? » La réponse de son père ne la convainc pas vraiment. Ce qui la convainc, en revanche, c'est une idée qui germe aussitôt : « Moi, je vais faire arbitre. »

Deux ans plus tard, à 15 ans, elle passe à l'acte. Une formation d'une semaine à Méjannes-le-Clap, dans un centre où les jeunes stagiaires vivent en internat, enchaînent pratique terrain et lois du jeu, et passent un examen final. Le 1er décembre 2010, Lisa Coste siffle officiellement son premier match. Elle n'a jamais arrêté depuis.

Gravir les échelons, un par un

Le système de progression dans l'arbitrage repose sur un classement annuel. Chaque saison, les meilleurs montent, les moins bons descendent. À tous les niveaux, district, ligue ou fédération, le principe est identique. Les arbitres sont notés sur leurs compétences physiques et techniques, leur anticipation, leur lecture du jeu, leur cohérence disciplinaire. En Seconde ligue, les matchs étant filmés, les notes tombent même sans présence d'observateur. « C'est notre place qui est remise en jeu tous les ans », résume Lisa.

Lisa Coste accompagnée de deux arbitres de touche et du 4e arbitre. • © DR Lisa Coste

Son parcours n'est pas une ascension linéaire. Montée en D2 féminine en 2018, elle y reste quatre ans avant d'être rétrogradée. Retour en ligue, perte de son écusson fédéral, et une réforme qui crée la D3 pile au moment où elle veut remonter. « Même en réussissant, je ne revenais pas au niveau que j'avais. » Mais elle rebondit. En D3, elle est repérée parmi trois arbitres mis en avant pour une montée accélérée. Elle remonte en D2 l'année suivante. Elle y est désormais pour sa deuxième saison.

La bulle de l'arbitre

Être arbitre de Seconde ligue, c'est arbitrer chaque week-end des matchs aux quatre coins de la France. C'est aussi, automatiquement, officier comme quatrième arbitre en D1 féminine. « En D1, quand je suis sur le bord, je peux communiquer avec les deux assistantes et l'arbitre central. » Depuis son retour en D2, une nouveauté a fait son apparition : les oreillettes. « La première fois, pendant cinq minutes, je n'ai fait que toucher mon oreille. Au lieu de regarder le terrain, je faisais ça. » Aujourd'hui, elle ne les remarque plus.

Lisa Coste en pleine action de match avec un carton rouge à la main. • Photo DR Lisa Coste

Sur le terrain, Lisa Coste décrit un état particulier dès le premier coup de sifflet. « Qu'il y ait 10 supporters ou 10 000, tu donnes le premier coup de sifflet, tu as oublié tout le monde. C'est toi et tes joueurs. Il peut se passer n'importe quoi dans la tribune, ça fait une petite bulle. » Une bulle construite sur quinze ans de pratique, et sur une philosophie assumée : ne jamais fuir l'erreur. « On est des êtres humains, on se trompe tous. Si j'ai sifflé un pénalty à tort, reconnaître son erreur, ce n'est pas quelque chose de mal, bien au contraire. » Après chaque match, elle doit d'ailleurs remettre un découpage analytique de toutes les situations significatives rencontrées, dans les deux à trois jours suivants. L'auto-analyse fait partie du métier.

Une femme dans un monde d'hommes

Sur la question de la mixité dans l'arbitrage, Lisa est directe. Il n'y aura jamais assez de femmes arbitres. Et non, une femme arbitre ne peut pas simplement décider de passer en Ligue 1 masculine. Les exigences physiques y sont identiques à celles imposées aux hommes. L'exemple de Stéphanie Frappart reste une référence, mais aussi une exception. « Si elle l'a fait, pourquoi pas quelqu'un d'autre. Mais c'est compliqué, sinon il n'y en aurait pas qu'une. »

Pour la première Arkema, en revanche, les critères sont adaptés. Les distances des tests physiques ne sont pas les mêmes qu'en Ligue 1 masculine. Une distinction que Lisa juge logique et nécessaire. Par contre, elle déplore le peu de visibilité accordé au football féminin en dehors de l'élite. « Nîmes en D1, c'était incroyable, ça a fait briller la ville une saison. Et après, on n'en entend plus parler. Ce n'est pas si développé que ça. »

Une vraie école de la vie

Quinze ans après ses débuts, Lisa Coste ne renierait rien, ou presque. "C'est une passion. Ça m'a appris la patience, la gestion du stress, la prise de décision. Dans la vraie vie, un jour on se rend compte que si on n'avait pas été arbitre, on n'aurait pas réagi comme ça dans telle ou telle situation." Les déplacements permanents, les amis pour la vie, les villes découvertes par hasard d'une désignation : tout cela fait partie du tableau.

« On va dans des villes où jamais on ne se serait dit, je vais prendre ma voiture et aller là-bas. C'est incroyable. » À ceux qui hésitent à se lancer, son message est simple : « Inscrivez-vous. Les formations existent, c'est accessible, c'est recherché. Il n'y aura jamais assez d'arbitres, encore moins de femmes. Alors lancez-vous. »

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