Publié il y a 1 h - Mise à jour le 29.07.2026 - Propos recueillis par Norman Jardin - 7 min  - vu 275 fois

FAIT DU JOUR Nicolas Soumah : « Nîmes Olympique, c’est un peu Liverpool »

Nicolas Soumah (photo Norman Jardin).

Le nouvel entraîneur adjoint de Nîmes Olympique est muni d’une grande détermination qu’il compte bien transmettre aux Crocodiles. Ancien milieu défensif au jeu engagé, Nicolas Soumah arrive dans la cité des Antonin fort de deux années dans le staff du RC Grasse. Ce passionné de football anglais est un grand fan des Reds de Liverpool et n'hésite pas à les comparer au NO. Alors l'Azuréen, qui est à Nîmes comme un poisson dans l’eau, va tout donner pour que les Nîmois ne marchent plus jamais seuls et surtout qu'ils ne lâchent rien sur le terrain.

Objectif Gard : Comment êtes-vous arrivé au football ?

Nicolas Soumah : Mon papa était international sénégalais et je pense que le football est un peu dans mon ADN. Cela m’anime depuis tout petit et j’ai tout le temps baigné dedans.

Où avez-vous commencé à le pratiquer ?

Je jouais beaucoup dehors, dans la rue avec mes amis. On faisait des matchs entre les quartiers. Le mien, c’était le Haut-de-Grasse. On construisait nos propres règles pour que ce ne soit pas l’anarchie. Il y avait aussi un esprit de compétition et il fallait tout donner. Beaucoup d'équipes voulaient jouer et il n’y a que le vainqueur qui restait sur le terrain.

« Je n’avais pas une volonté de briller plus que les autres »

Que vous ont apporté ces années de football dans la rue ?

Une envie de gagner, le désir de me battre à tout moment et sur tous les ballons. Je n’avais pas une volonté de briller plus que les autres mais l’essentiel était que l’équipe soit forte pour gagner.

Et en club ?

J’ai commencé en benjamins à Grasse, puis au centre de formation de Bastia. Je ne suis pas resté longtemps en Corse car le niveau était très élevé et c’était difficile pour moi. Après, j'ai fait un passage d’un an au Cannet-Rocheville puis à l’AS Cannes pour jouer avec la réserve et l’équipe première en National. J’y suis resté jusqu’en 2014. Il y avait des grands joueurs comme Jan Koller et Lilian Compan. Ensuite, j'ai évolué un an à Agde avant un retour au Cannet-Rocheville pendant trois saisons avant de terminer ma carrière de joueur à Grasse.

Est-ce que c'est là-bas que vous avez débuté votre carrière d’entraîneur adjoint ?

Au bout de quelques mois en tant que joueur, on me propose d’intégrer le staff. J’avais 33 ans et au début j’ai refusé car j’avais encore envie de jouer, mais les blessures m’ont contraint à assumer ces responsabilités-là. Ce sont Thomas Dersy et Jean-Philippe Cheton qui m’ont donné cette opportunité. Je n’étais pas du tout prédestiné à devenir entraîneur, mais finalement c’est une bénédiction. Les premières leçons, c’étaient l'humilité et la rigueur. J’ai rencontré un staff qui, humainement, était extrêmement bon dans la gestion du groupe. J’ai pu m’appuyer sur le coach Loïc Chabas, mais aussi Karim Adsa, Nicolas Maurin et des personnes extérieures au club comme Farid Tabet et David Bettoni, l’adjoint historique de Zinedine Zidane.

« Moi, c’était plus détruire que construire »

Quel genre de joueur étiez-vous ?

Je n’ai jamais été très agile avec le ballon mais mon jeu était extrêmement engagé. Je n’avais pas une volonté de briller plus que les autres, mais l’essentiel était que l’équipe soit forte pour gagner. J’évoluais au poste de milieu défensif et après j’ai joué en défense. Moi c’était plus détruire, ou plutôt récupérer, plus que construire. Mais j’étais au service de l’équipe à 200%.

Qui étaient vos joueurs préférés ?

C'étaient Nigel de Jong, Pépé, Sergio Ramos et les joueurs très engagés qui mettaient beaucoup d’impact. Mais l’excellence et la référence ultime, c’était Steven Gerrard. Ce gars avait tout mais c’est dur de se référencer à un mec qui était aussi fort.

Le poste d’entraîneur ressemble-t-il à ce que vous aviez imaginé ?

Non. Déjà, je n’imaginais pas cette reconversion, car j’ai toujours eu des soucis avec les égos. J’avais du mal avec les joueurs qui baissaient le bras. Je ne comprenais pas ces comportements. Mais avec le temps je me suis rendu compte qu’il fallait de tout et que l’on devait apprendre à ces garçons à être moins dans la frustration.

« L’essentiel c'est l’honnêteté et la justice »

Vous n’étiez pas frustré quand un entraîneur vous mettait sur le banc au profit d’un autre joueur ?

L’essentiel c'est l’honnêteté et la justice. J’avais du mal à accepter des décisions qui n'étaient pas dans l’ordre de la logique. Il faut que l’engagement soit total.

D’où vous vient cette détermination ?

Je pense que le fait d’avoir moins de facilités que certains a dû développer en moi une volonté d’énormément travailler. Peut-être que dans le cercle familial, il y a des choses, de manière inconsciente, qui m’ont impacté.

Y avait-il une équipe qui vous correspondait plus qu’une autre ?

La première fois que j’ai vu Liverpool jouer, je suis tombé amoureux de ce club immédiatement. C’était la représentation du football pour moi, avec l’engagement, l'intensité, donner le maximum et à la fin on peut dormir tranquille. Oui, je suis un supporter de Liverpool et je suis plusieurs fois allé à Anfield.

« Jermain Defoe m’a emmené en Angleterre »

Étiez-vous, sur le terrain, un bad boy comme pouvaient l’être le Gallois Vinnie Jones ou l’Irlandais Roy Keane ?

Vinnie Jones, c'était bien avant moi, mais j’ai vu Roy Keane et je trouve qu’il avait un côté égoïste. Pour ses vengeances, il mettait son équipe en danger. Mais je regardais des vidéos de ces joueurs pendant que mes coéquipiers regardaient Ronaldinho et Zidane. J’ai choisi ma voie.

Vous parlez beaucoup du football anglais, avez-vous imaginé jouer de l’autre côté de la Manche ?

Je faisais des préparations avec Tiburce Darou qui s’occupait de Robert Pirès et Laurent Robert. Cela m’a permis de rencontrer Jermain Defoe, qui m’a emmené en Angleterre. Je suis resté quelques mois là-bas et j’ai fait des essais. Malheureusement j’avais un problème à une cheville et je n’ai pas réussi à faire quelque chose. C’était une expérience folle.

Aujourd’hui que vous êtes entraîneur adjoint, comment jugez-vous l’excès d’engagement d’un de vos joueurs ?

Je préfère qu’il soit dans l’excès quitte à le réguler, qu’un joueur qui est très en dessous. Pour ce dernier être dans la norme est un long chemin à parcourir.

« La première fois que j'ai rencontré Anthony Dupré on s’est embrouillés »

Comment sont répartis les rôles entre vous et Helder Esteves, l’entraîneur principal ?

Nous avons des tempéraments opposés et je trouve que c’est une bonne chose. J’ai appris rapidement à le connaître, en tant qu’homme et en tant que coach. Je suis à son service. Quelquefois sur le banc, j’ai du mal à me canaliser, je me lève, je vais dans l’échange et parfois de façon agressive. Helder est très loin de ça et cela permet de me canaliser. Notre duo est un équilibre entre une forte expérience et une force un peu brutale et pas encore canalisée.

Comment avez-vous connu Anthony Dupré, le directeur sportif de Nîmes Olympique ?

La première fois que j'ai rencontré Anthony Dupré on s’est embrouillés. C’est à Grasse, pour un truc pas très intelligent. On s’est invectivé à la mi-temps et le ton est monté très haut. À la fin du match, j’ai discuté avec lui et avec Mickaël Gas du scénario du match. Je suis convaincu qu’il a suivi ce que nous avons fait à Grasse avec peu de moyens. Il m’a ensuite contacté mais nous n’avons pas eu de discussion officielle pendant la saison. Après, les choses se sont faites rapidement.

Aviez-vous d’autres opportunités ?

Oui, et à des niveaux plus élevés, mais pour moi Nîmes Olympique, c’est un peu Liverpool. Je comprends que c’est compliqué pour les Nîmois de voir un staff qui a effectué un travail monstrueux ne pas être reconduit. Mais je pense qu’être Nîmois, ce n’est pas seulement être né dans la ville, mais ce sont aussi les valeurs et l’ADN de cette ville. Ça me caractérise vraiment.

« La pression, je l’ai ressentie tout de suite »

Étiez-vous déjà venu à Nîmes avant cet été ?

Oui, pour affronter la réserve du NO quand elle était en National 3, mais aussi dans mon enfance car j’avais une tante qui habitait ici et je me souviens des arènes. Il y a ce côté bataille, ce qui se passe dans l'arène, c’est le combat et il faut qu’il y ait un vainqueur.

Ambitionnez-vous de devenir un jour un entraîneur principal ?

J’ai eu beaucoup de chance, dans mon parcours, car à Grasse Loïc Chabas me laissait énormément de responsabilités. Je ne me suis jamais senti comme un adjoint. Je restais à ma place, c’est lui qui décidait, il avait les compétences pour. Tout ce qui compte pour moi, c’est l’équipe. Je peux être adjoint toute ma vie, ce n’est pas un problème tant que je travaille avec des gens qui me font confiance, qui me donnent des responsabilités et que je peux diffuser ce qui est en moi. Je n’ambitionne pas forcément d’être numéro un.

Cette année, il y aura plus d’attentes sur les Crocodiles que la saison dernière. C’est pour vous une pression ou une source de motivation ?

Tout est différent car l’année dernière le groupe a été construit au dernier moment. Ils ont fait une saison extraordinaire en termes de points et au vu de la préparation qui avait été raccourcie. Avec les idées du coach, on veut amener des choses nouvelles pour que dans le temps cela puisse durer et ne pas s’arrêter à une possible montée. Évidemment, il y a une attente, tu enlèves un staff nîmois, tu amènes des joueurs qui viennent de l’extérieur mais tu retrouves un groupe psychologiquement qui a terminé très fort. La pression, je l’ai ressentie tout de suite et ça fait partie du football.

« Je suis venu seul, en mission »

Sera-t-il plus facile de monter en Ligue 3 cette saison ?

Il ne faut pas croire que cela va être un long fleuve tranquille, ça va être un des combats les plus compliqués pour les joueurs. L’année dernière, Nîmes n’était pas attendu. Il faut que les joueurs aient conscience que ça va être plus dur cette année. Bien sûr que l’objectif est de monter, mais pour y arriver il y a des choses à mettre en place. Il faut aussi avoir la lucidité de voir une équipe qui progresse et si l’échéance ne peut pas se faire cette année, il faut que ça soit fait l’année prochaine.

Où trouvez-vous votre plaisir ?

Dans les moments que je passe avec les joueurs, dans l’élaboration des séances, dans l’analyse des vidéos, dans l’interaction avec le staff. Par exemple, j’ai souvent joué contre Karim Tlili et je me suis toujours embrouillé avec lui, presque à en venir aux mains, tête contre tête. Mais aujourd’hui on se retrouve ensemble et je m’entends hyper bien avec lui. C’est un super mec et un caractériel. Je sais qu’il y a des moments où ça va être compliqué, mais il faut des caractères forts et c’est un talent incroyable. J’aime profondément ces moments de vie.

Arrivez-vous à parfois laisser de côté votre passion pour ce sport ?

J’ai laissé ma famille à Grasse et je suis venu seul, en mission. Je dors foot et je mange foot. Le foot, c’est ma vie et je serai capable de mourir sur le terrain. Je ne dis pas ça en rigolant, je le pense vraiment. Le soir, je prends ma voiture et je roule dans Nîmes. Les Antonins, ça va être notre maison et je veux m’imprégner de ça.

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