Publié il y a 55 min - Mise à jour le 22.07.2026 - Corentin Corger - 4 min  - vu 42 fois

SPORT GARD Nathan Texier, champion nîmois de kitesurf

Nathan vit sa passion à fond.

- © Samuel Cardenas

Tous les mercredis de l'été, Objectif Gard & Arles vous propose un zoom sur un sportif ou club local issu du magazine Objectif Gard (numéro 147). Aujourd'hui, partons à la découverte de Nathan Texier, champion de kitesurf. 

Champion de France 2025 de « big air », Nathan Texier rêve désormais de titres mondiaux. Sur sa planche, ce Nîmois de 19 ans brave les tempêtes et réalise des figures à plus de 30 mètres de haut. Rencontre.

« Je l’ai toujours vu pratiquer et ça avait l’air vachement fun comme sport, alors je lui ai demandé de m’apprendre ». Pour le Nîmois Nathan Texier, cette passion du kite surf lui vient de son papa David. Un sport extrême qui consiste à glisser sur l’eau sur une planche en étant tracté par une aile de kite rattaché à un harnais. Le petit-fils d’Yves Texier, le Poulxois que l’on surnomme le roi du Safran, fait ses premières glissades à 10 ans. « On ne peut pas débuter trop jeune car il faut peser un certain poids, sinon on ne fait que s’envoler », confie l’intéressé. Tombé dans la marmite petit, Nathan s’exerce avec son père à Port-Camargue et la Grande-Motte quand les conditions météos sont favorables. À 14 ans, il intègre l’Académie de Seb Garat, ancien champion du monde, à Carnon.

Le jeune gardois est doué, il participe dès sa première année aux championnats du monde juniors et intègre la team France. Nathan décide ensuite de se spécialiser dans la discipline la plus spectaculaire du kitesurf, le big air qui consiste à réaliser des figures et sauter le plus haut avant « d’atterrir sans mourir » pour reprendre ironiquement ses mots. « C’est hyper excitant ! Avec des grosses conditions, en moyenne, on peut faire des figures jusqu’à 25 mètres de haut. Mon record c’est 33 mètres. Ce sont des sensations fortes, mais on s’y habitue. » La tête dans les nuages, Nathan est heureux. En compétition, le rider a en général 20 à 30 minutes pour exécuter le plus de figures tout en étant noté par un jury, ce qui détermine ensuite le classement final. Cela implique d’être prêt physiquement.

L’atterrissage est tout un art pour éviter les chocs et les blessures. • © Frédéric Rimondi

« J’ai un préparateur physique pour que mon corps soit capable d’encaisser tous les impacts et ça porte ses fruits », assure celui qui, pour le moment, n’a jamais connu de graves blessures. Et tant mieux.

« Ma mère est effrayée parfois »

« J’ai toujours été foufou et aimé les sports extrêmes donc j’ai habitué mes parents aux risques. Je ne suis pas complètement inconscient. Il y a une part de risque, il faut l’accepter. Ma mère est effrayée parfois, mais elle voit que je maîtrise et que quand je tombe, je suis dans le contrôle. Je ne me mets pas en danger », rassure Nathan. Malgré le danger, ses parents l’ont toujours soutenu. Un soutien moral et financier car le matériel est coûteux, surtout quand on se lance dans le haut niveau. Rapidement, des sponsors viennent en financer une partie. Coûteux, les déplacements à travers le monde pour participer aux différentes étapes du championnat du monde le sont aussi.

« Mes parents ont dû faire beaucoup d’efforts », prend conscience l’intéressé qui a aussi travaillé les étés du côté des îles Canaries pour pouvoir s’entraîner en même temps. En junior, Nathan échoue à chaque fois de peu pour décrocher un titre mondial : deux fois troisième et deux fois quatrième. Malgré tout, à 17 ans, il passe en senior et dispute cette année sa troisième saison consécutive au plus haut niveau. En 2024, il est parvenu à terminer dans le top 10. En parallèle, il participe aux compétitions de la célèbre marque Red Bull appelées « King of the air » qui sont plus médiatisées et qui ont le plus de valeur dans les sports extrêmes. Avant de se faire un nom à l’international, le Nîmois s’en est déjà fait un au niveau national en remportant le titre de champion de France 2025 en big air.

« On attend toujours  la plus grosse tempête »

« Le big air demande d’avoir le vent le plus fort possible, donc on attend toujours la plus grosse tempête », explique Nathan. Ainsi, avec cette forte dépendance à la météo, les compétitions se déroulent sur un mois pour être sûr d’avoir du vent avec des périodes d’attente sur place. « On reçoit une pré alerte 72 heures avant et une confirmation 48 heures avant en fonction des prévisions », poursuit-il, se retrouvant donc parfois à prendre un billet d’avion au dernier moment pour le Brésil, l’Afrique du Sud ou la Grèce qui accueillent les compétitions majeures. Les seuls ravis par la tempête Nils, qui a sévi en février dernier, étaient les kitesurfeurs de l’équipe de France, dont Nathan qui a pu s’entraîner.

Dans les airs, Nathan est comme un poisson dans l’eau. • © Julien Prenez

Pour l’instant, le jeune homme ne vit pas de sa passion. Étudiant en deuxième année à Polytech à Montpellier dans le but d’intégrer ensuite une école d’ingénieurs, il vit encore chez ses parents. Un corps sain dans un esprit sain. « L’argent des sponsors me permet de ne plus dépendre financièrement de mes parents pour me rendre sur toutes les compétitions, mais je ne peux pas encore me dégager un salaire », souligne-t-il avec déjà beaucoup de maturité pour son âge.

Se hisser dans le top 5 en championnat du monde

Conscient que le kitesurf peut s’arrêter à tout moment, le Gardois mène donc un double cursus avec la volonté de devenir ingénieur en robotique. « Mon objectif, c’est de pousser à fond et de vivre de mon sport d’ici un certain temps. Ceux qui gagnent le mieux leur vie, c’est grâce au contenu sur les réseaux sociaux ». Alors pour obtenir davantage de visibilité auprès de potentiels futurs partenaires, Nathan poste ses sauts les plus impressionnants notamment sur Instagram, compte sur lequel il approche des 10 000 abonnés. « Mon but ultime quand ma carrière s’arrête, c’est de développer du nouveau matériel en kite surf car c’est un business encore nouveau et en pleine évolution. »

Nathan a la tête sur les épaules et souvent le corps dans les nuages. Pour 2026, il espère bien sûr conserver son titre de champion de France et aller chercher le top 5 en championnat du monde alors qu’il participe à toutes les étapes. Lors de la première à Barcarès, début mai, il a terminé 9e contre 19e en 2025. "L'année prochaine, je vise la couronne", assure l'intéressé. Une envie de briller au-delà des frontières même s’il espère un jour voir une compétition organisée au Grau-du-Roi pour que les Gardois puissent admirer le talent de l’un des leurs.

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