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L’ARTIFICIALISATION DES SOLS AGRICOLES EN LANGUEDOC-ROUSSILLON CONCERNE PLUS DE 30% DES SURFACES AGRICOLES

Les espaces artificialisés se sont accrus d’environ 3 % (+ 820 km²) entre 2000 et 2006 et occupent plus de 5 % du territoire métropolitain en 2006 (d'après Corine Land Cover, 2006).

Ils englobent les zones urbanisées, industrielles ou commerciales, les réseaux de communication, les mines, décharges et chantiers et les espaces verts urbains.

Leur accroissement global entre 2000 et 2006 s’est fait à 90 % aux dépens de terres agricoles (745 km²).

Il s'agit principalement de terres arables (44 %) et de zones agricoles hétérogènes regroupant surtout des mosaïques agricoles (31 %) et de prairies (18 %).

Or, l’artificialisation des sols de grande valeur agronomique est irréversible.

On parle d’artificialisation du sol ou d'un milieu, d'un habitat naturel ou semi-naturel quand ces derniers perdent les qualités qui sont celles d'un milieu naturel (« naturalité », qualité qui inclut une capacité autoentretenue à abriter une certaine biodiversité, des cycles naturels (cycle du carbone, cycle de l'azote, cycle de l'eau, cycle de l'oxygène, etc.) et biogéochimique (Puits de carbone par exemple).

Les zones touchées par l'artificialisation sont par exemple :

- Les milieux ruraux et zones agricoles (tout particulièrement lorsqu'ils sont exposés à une agriculture intensive, et industrielle. Ceci concerne aussi les prairies qui enrichies de nutriments, ou semées sur labour n'abritent plus qu'une faible part de la biodiversité d'une prairie naturelle.

- Certains milieux forestiers ou sylvicoles (peupleraie, cultures d'hévéas, d'eucalyptus, de palmier à huile, TCR ou TTCR de saules, etc. ou des forêts plantées ou gérées en grande partie sur le principe de régénération artificielle par exemple et fortement fragmentées par les routes, pistes, layons)

- Les cours d'eau canalisées et fragmentés par les grands barrages, les zones humides cultivées (rizières par exemple) ou drainés ou mises en « casiers hydrauliques », * les polders, etc.

L’imperméabilisation de la surface des sols a de nombreuses conséquences environnementales.

Elle favorise le ruissellement de l’eau le long des pentes au détriment de son infiltration, l’érosion des sols, les coulées d’eau boueuse et le risque d’inondation.

La concentration du ruissellement intensifie le transfert de sédiments chargés de contaminants des sols vers les cours d’eau (engrais azotés ou phosphatés, hydrocarbures, métaux lourds, produits phytosanitaires).

L’artificialisation des sols peut aussi provoquer un déstockage de carbone rapide et conséquent, qui contribue au changement climatique lorsque le sol n’est pas très vite couvert (végétation, revêtement).

Enfin, elle fragmente les habitats naturels, les écosystèmes et les paysages, affectant la biodiversité.

A l’échelon de la France métropolitaine, les sols de très bonne qualité agronomique représentent plus du tiers (34,8 %) des surfaces agricoles artificialisées entre 2000 et 2006 au niveau national.

Dans environ la moitié des régions françaises, les sols qui ont les meilleures potentialités agronomiques sont les plus touchés.


Surfaces agricoles régionales artificialisées entre 2000 et 2006, réparties par réserve utile en eau des sols

Quatre groupes de régions se distinguent :
- pour le premier, regroupant près de la moitié des régions (Aquitaine, Bourgogne, Haute-Normandie, Ile-de-France, Languedoc-Roussillon, Lorraine, Midi-Pyrénées, Nord–Pas-de-Calais, Pays-de-la-Loire, Rhône-Alpes), l’artificialisation touche en priorité les sols ayant les meilleures potentialités agronomiques de la région. Ceux-ci sont concernés par 33 à 62 % des surfaces agricoles régionales artificialisées entre 2000 et 2006 ;

- dans un deuxième groupe rassemblant l’Alsace, la Basse-Normandie, la Bretagne, Champagne-Ardenne, le Centre et Paca, l’artificialisation touche environ 30 % des sols agricoles de meilleure qualité agronomique et dans une moindre mesure les autres ;

- en Auvergne, en Corse et en Franche-Comté, les sols de qualité agronomique intermédiaire sont les plus touchés par l’artificialisation (entre 25 et 55 % de la surface agricole régionale artificialisée entre 2000 et 2006) ;

- enfin, en Limousin, en Picardie et en Poitou-Charentes, ce sont les sols de moindre qualité agronomique qui sont les plus concernés par l’artificialisation.

www.objectifgard.com vous propose de découvrir les résultats complets des surfaces (en ha et en %), par type de réserve utile (RU) pour le Languedoc-Roussillon (en comparaison avec la moyenne nationale) :

RU très faible : 498 ha / 9,3 % (Moyenne France : 10077 ha / 13.5%)

RU faible : 246 ha / 4.6% (Moyenne France : 12179 ha / 16.4%)

RU moyenne : 996 ha / 18.7% (Moyenne France : 13276 ha / 17.8%)

RU forte : 1838 ha / 34.4% (Moyenne France : 12995 ha / 17.5%)

RU très forte : 1759 ha / 33% (Moyenne France : 25916 ha / 34.8 %)

TOTAL : 5337 ha / 100% (Moyenne France : 74444 ha / 13.5%)

Source : SOeS-Gis Sol, 2010. Traitements : SOeS, 2010.

Abdel Samari

Créateur d'ObjectifGard, je suis avant tout passionné par les médias et mon département. Ce qui me motive chaque jour : informer le plus grand nombre sur l'actualité du Gard ! Pari tenu ?

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